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J'ai rencontré le Diable >

Critique du Film : J'ai rencontré le Diable

Avis critique rédigé par Vincent L. le lundi 25 avril 2011 à 13:31

Une superbe coquille vide...

Tête de file de la nouvelle génération de réalisateurs coréens, Jin-Won Kim s'est fait une belle petite réputation au niveau international avec nombre de longs-métrages très réussis. Deux soeurs, A bittersweet life ou Le bon, la brute et le cinglé l'ont imposé comme un réalisateur extrêmement talentueux doté d'un talent esthétique indéniable. Ainsi, sa dernière mise en scène, le polar J'ai rencontré le Diable, est aujourd'hui attendu avec impatience par les fans du cinéaste. Surfant sur le succès de la trilogie de Park Chan-Wook (Old Boy, Sympathy for mister vengeance et Lady Vengeance), ce nouveau film s'appuie sur une histoire de vengeance, ou comment un agent des services secrets coréen va faire souffrir à petit feu le tueur en série responsable de la mort de sa fiancée. Ici, point de film de torture, mais un polar efficacement ficelé jouant sur un jeu du chat et de la souris entre bourreau et victime, chaque personnage prenant tour à tour la place de l'un et de l'autre.

La présence de ce film sur un site comme Scifi-Universe est quelque peu discutable. En effet, loin de n'être qu'un Hostel-like de plus, J'ai rencontré le Diable est avant toute autre chose un thriller, gore, certes, mais n'atteignant clairement pas la démesure d'autres produits actuels auquel les spectateurs sont de plus en plus habitués. En cinéaste intelligent, Jin-Won Kim filme d'ailleurs plus la souffrance que les effets gores, lesquels, bien que présents pendant le long-métrage, n'en sont aucunement le point d'orgue. On pourrait d'ailleurs aisément envisager ce film comme traitant de torture morale plus que de torture physique (même si, en l'occurence, les deux sont ici intimement liés). Mais finalement, en préférent filmer les visages déformés par la douleur que les aspects purement physiques de ces maltraitances, Jin-Won Kim parvient à créer un long-métrage réellement violent, et quelque part bien plus difficile à visionner que des tortures-porn basiques, souvent victimes d'effets grand-guignolesques.

Porté par des échos dithyrambiques, on attendait beaucoup de J'ai rencontré le Diable, un peu à l'instar de Deux soeurs, qui portait à un autre niveau le genre hyper balisé du yurei eiga. Pourtant, on ne peut être que déçu par le scénario du film, qui s'apparente plus à un exercice de style - réussi, mais là n'est pas le problème - pour Jin-Won Kim. En effet, J'ai rencontré le diable ne raconte rien, rien d'original, rien de très intéressant non plus ; en fait, le long-métrage n'est finalement qu'une autre oeuvre portant sur la vengeance, et qui semble surfer de manière très opportuniste sur le succès de la trilogie de Park Chan-Wook sans y apporter quoique ce soit de constructif. Deux heures vingt pour une oeuvre qui fait lourdement comprendre que "la vengeance, c'est mal" - juste au cas où on ne le saurai pas déjà - revient à tirer plus que de raison sur une ficelle scénaristique pas suffisamment solide pour être consistante (même si les canons du cinéma coréens expliquent également la grande durée du métrage).

De fait, l'histoire racontée est extrêmement bateau, et souffre d'une prévisibilité assez malheureuse. Ainsi, au bout de trois-quart d'heure de film, les épilogues envisageables sont réduits à deux petites possibilités pas bien originales, et la conclusion du film n'est jouée une petite-demi-heure plus tard. Avec son scénario qui avance sur des rails inamovibles, Jin-Won Kim retire donc tout véritable effet de surprise - autre que formel - et tout véritable enjeu dramatique à son film. Prévisibilité + Morale bateau ("la vengeance c'est mal", c'est un peu comme "la guerre, c'est pas bien", on est plus proche de la réflexion de pilier de comptoir que de la véritable histoire intelligente) font qu'au final, J'ai rencontré le diable ne raconte rien de vraiment pertinent, et contient même dans son script un potentiel d'ennui assez considérable pour celles et ceux qui attendaient mieux que ça de la part de ce cinéaste d'habitude plus fin. Et pourtant, malgré tout, force est de constater que le film fonctionne très bien...

En effet, le talent de Jin-Won Kim est tel que même le script le plus banal qui soit peut devenir un thriller sacrément efficace. Parce qu'honnêtement, même si l'on est pas intéressé du tout par ce que raconte J'ai rencontré le diable, on arrive malgré tout à se prendre au jeu de cette histoire banale. Certaines séquences sont ainsi de véritables petites bombes de tension et de suspens, et de nombreuses scènes recèlent des montées en puissance sacrément impressionnantes. Le tout étant mis en valeur par de régulières fulgurances visuelles - la scène de poignardage dans le taxi notamment - il en résulte, au final, qu'il serait bien difficile de retirer toute qualité au film. Sur la forme, ainsi, le long-métrage est tout simplement irréprochable, Jin-Won Kim, en surpassant ses prédecesseurs, parvenant même à poser son oeuvre comme un modèle du genre, mêlant avec une grande maestria les ingrédient du thriller, du polar et du torture-porn.

Il est de plus aidé par un casting de grande qualité qui parvient à insuffler dans le film l'émotion nécessaire à ce qu'il fonctionne. Byung-hun Lee, en agent secret pas si monolithique que ça, livre un jeu toute en retenue et en subtilité ; face à lui, Min-sik Choi impose un jeu plus exubérant, plus théâtral, qui sied à merveille à son rôle de tueur en série détestable. Les deux comédiens, qui tiennent les personnages avec grande justesse, ont chacun leurs moments de gloire, et parviennent tour à tour à emporter l'adhésion du public, par empathie pour le premier, et par une sorte de désir malsain pour le second. Les seconds rôles qui gravitent autour d'eux sont également irréprochables, et apportent au film des moments d'émotion (le père de la fiancée) ou de délire entièrement assumé (le tueur cannibale). Si Jin-Won Kim n'avait pas insisté dans sa mise en scène sur l'aspect dramatique de l'histoire, il compense largement cet aspect par une direction d'acteurs remarquable.

65

Au final, I saw the devil s'apparente à une superbe coquille vide qui aurait oublié de raconter quelque chose de vraiment intéressant. S'il est difficile de reprocher quoi que ce soit au film d'un point de vue formel - on ne peut, à ce niveau, qu'être totalement dithyrambique -  avouons quand même que le propos est creux, trop d'ailleurs, pour un film qui s'étire sur deux heures vingt et se conclue sur une morale bateau. Ceci dit, le long-métrage s'avère tout de même être un polar très efficace, doté de fulgurances remarquables, violent sans jamais être complaisant, et qui occupe le haut du panier au regard des productions similaires actuelles.

Critique de publiée le 25 avril 2011.

Que faut-il en retenir ?

  • Une mise en scène excellente,
  • De belles montées en tension,
  • Des acteurs solides,
  • Un rythme soutenu,
  • Techniquement abouti.

Que faut-il oublier ?

  • Ne raconte rien de très intéressant,
  • Assez prévisible dans son déroulé,
  • S'appuie sur une morale à deux balles.

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