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Critique du Roman : La légende de Kell
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Critique du Roman : La légende de Kell

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 15 février 2011 à 1753

Morsures d’airain et hache de sang

Kell s'arrêta pour lever une main couverte de sang séché. Saark fit une halte et s'accroupit en regardant derrière lui. Lentement, le vieux guerrier disparut à l'intérieur de la tente. Lorsque le dandy sentit la chair de poule courir le long de ses bras et de sa nuque, il suivit Kell, mais il se figea avant de jeter un autre coup d'oeil dans son dos. Comme s'il était fait de fumée de glace, le général se matérialisa avec, sur ses talons, une escouade d'albinos lourdement armé qui portaient désormais des heaumes noirs recouverts de runes entortillées. Graal s'arrêta et sourit à Saark dont le coeur fut traversé par un frisson de peur, telle une écharde...

Surgie du nord, la redoutable armée du terrible général Graal est tombée sur le royaume de Falanor comme un fauve sur sa proie. Brassant magie et pouvoirs vampiriques, ces troupes composées de créatures inhumaines et contrefaites ne se contentent pas de conquérir le pays, elles le vident de ses essences vitales. Pris dans cette tempête de glace et de sang, quelques individus se regroupent tentent de coopérer en mettant de coté leurs différences. Il en est ainsi d'un quatuor de fuyards composés de Kell, une légende à la retraite, Saark, l'ancienne épée du Roi, Nienna, la petite-fille de Kell, et son amie Katrina. En même temps, loin au septentrion, dans le pays secret du Val Silva, patrie des envahisseurs, une jeune noble se dresse face au pouvoir de ces dirigeants que l'on appelle les Horlogers.

La légende de Kell est le premier tome d'une nouvelle saga de dark fantasy écrite par le britannique Andy Remic intitulée Chroniques des vampires d'Airain. Ce roman de près de 400 pages raconte l'histoire de personnages évoluant dans un univers très dense, aux composantes fantastiques, horrifiques, heroic fantasy et steampunk. S'il n'est pas très difficile de déceler la nature des influences ayant contribuées à la construction de cet univers très sombre (les albinos évoquent les drows, la Hache de sang de Kell ne manque pas de nous rappeler l'épée-démon Stormbringer, le style respire la prose abrupte de Karl Edward Wagner, le coté steam-fantasy rappelle les romans de China Miéville) et si le romancier se plie lui aussi à la mode "bit-lit", force est de constater (avec grand plaisir) que  le récit reste en tout moment très accrocheur. En effet, Andy Remic ne s'est pas contenté de récupérer tels ou tels élément narratif, telle inspiration, pour la recoucher sans génie sur le papier. Non, le romancier a parfaitement digéré toutes ses influences, de J.R.R. Tolkien à David Gemmell, pour donner naissance à un univers original et doté d'une véritable - et très forte - identité.

D'une plume concise et très percutante, l'auteur nous offre ici une intrigue à la fois touffue (elle est divisée en trois arcs riches de nombreux personnages) et assez bien ficelée. Au fil des chapitres, l'on suit les agissement de différents protagonistes aux intérêts bien différents (voire antagonistes) qui, l'on s'en doute, vont être amenés à se rencontrer dans le futur (c'est d'ailleurs déjà fait pour certains d'entre eux). Hormis le royaume du Falanor, qui est une classique entité politique medfan, les civilisations et les peuples exposés sont tous fortement intéressants et originaux, comme les vachins, ces êtres vampiriques biomécaniques qui usent de sang raffiné pour lubrifier les rouages. En effet, sachez qu'ici, les vampires ne sont pas des créatures "naturelles", mais des créations issues d'un esprit génial mais fou, qui avait pour ambition première de créer une race supérieure. Organisés désormais en castes très cloisonnées, ces vachins ont désormais atteint un stade d'évolution démographique qui les oblige à partir en quête de nouveaux territoires et sources de sang. Ils sont aidés dans leurs taches par les mystérieux Moisonneurs, des être mystiques et terriblement puissants qui maîtrisent la magie des glaces et des légions d'esclaves albinos (et autres redoutables surprises, comme les chancres, qui évoquent les créatures de guerre chaotiques de Warhammer).

La légende de Kell est un roman destiné à un lectorat adulte. L'on a ici affaire à de la véritable dark fantasy, violente et sauvage, qui se déroule dans un monde où règne la loi du plus fort. Au cours de leurs aventures, les personnages sont soumis à de véritables souffrances et Andy Remic n'hésite pas à faire dans les détails, que cela soit dans le registre du sexe, de la torture ou du gore. Le récit est donc très réaliste et met en scène des personnages dénué de tout manichéisme, tous, même les plus héroïques, laissant régulièrement transparaître leurs faiblesses et leurs défauts, voire nous dévoiler progressivement un passé honteux. L'on a donc affaire à des individualités fortes mais perfectibles, ce qui les rend d'autant plus attachantes, même si elles se trouvent être dans le camp des "méchants". Cet aspect, qui rend leurs réactions face aux évènements peu prévisibles, plus le fait qu'Andy Remic n'hésite pas à les maltraiter - et parfois les supprimer! -, fait que le roman est riche en suspense (par contre, un mauvais point pour le final en cliffhanger façon série TV). Enfin, epic fantasy oblige, on retrouve dans La légende de Kell quelques passages bien guerriers, décrits de manière très efficace, comme cette grandiose bataille entre l'armée du roi Léanoric et celle du général Graal, un "villain" doté d'un sacré charisme et sacrément accrocheur.

La conclusion de

Si La légende de Kell ne manque pas de laisser transparaître bon nombre d'influences, Any Remic arrive suffisamment en s'en détacher pour nous offrir une histoire intéressante, riche en péripéties et moments épiques. Ici, l'auteur nous propose une histoire aux fragrances dark steam-fantasy fortement affirmées, mettant en scène quelques concepts très intéressants, comme les vachins, un peuple vampire extrêmement original, en évitant tout manichéisme dans le traitement des personnages. Bref, une excellent premier tome, au final en cliffhanger, qui donne vraiment envie de découvrir la suite...

Que faut-il en retenir ?

  • De la dark fantasy adulte
  • Les vachins, un concept génial
  • Des personnages intéressants
  • Un récit bien rythmé, au style percutant

Que faut-il oublier ?

  • Des bases assez classiques
  • Un final en cliffhanger

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