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Critique du Roman : L'écorcheur
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Critique du Roman : L'écorcheur

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 13 janvier 2010 à 1843

Planète vorace

Humains, Golem et I.A. virent les Pradors se déplacer tels d’énormes pions sur un damier invisible. Deux boucliers miroitants et papillotants apparurent et tous entendirent les grésillements d’un rail gun. Un Prador entouré par sa progéniture et plus de décervelés que la plupart de ses congénères poussa un hurlement gargouillant et s’effondra sur le sol desséché, privé du soutien de son AG. Ses modules de contrôle externes explosèrent et sa carapace se vrilla puis vola en éclats, projetant une bruine de fluides obscurs sur l’étendue de sel…

Aux frontières de l'univers connu se situe le monde de Spatterjay, une planète en grande partie aquatique sur laquelle le Polity, autrement dit la civilisation humaine, a établi depuis quelques siècles - sans réellement chercher à étendre plus leur influence - une base servant à la fois de comptoir commercial et de station de surveillance. La sécurité de ce complexe est confiée au Gardien, une I.A. ayant également la charge de veiller à ce que tout se passe pour le mieux dans ce monde jadis secoué par la guerre contre les extra-terrestres Pradors et sillonné par des navires de pêche sur lesquels officient les Hoopers, qui furent autrefois des humains mais qui, au fil des siècles, ont muté en des êtres surpuissants, quasi immortels..

C'est sur ce monde sauvage, projection futuriste des Caraïbes du XVIIeme siècle, que débarquent le réifié Keech, la mystérieuse ethnologue Erin et Janer, l’employé de la Ruche. Trois individus qui, malgré des origines et des motivations différentes, vont s’unir pour nous entrainer à la découverte d'un univers exotique à la fois terrifiant et merveilleux. Un monde à la faune extraordinaire et terriblement dangereuse, et où le prédateur est toujours présent, à guetter le moindre faux pas de l’explorateur imprudent. Car, sur Spatterjay, il ne s’agit que de s’alimenter, et de s’alimenter toujours plus. C’est une question de survie.

En percevant la présence de l’héritodonte, le buccin eut une réaction instinctive et recracha le turbul recouvert de sangsues qu’il mâchonnait tout en tentant de se cramponner au sol. Mais le fond était ici composé de pierraille, de limon et de coquillages brisés, et il n’y trouva aucune prise digne de ce nom ../.. L’héritodonte utilisa ses mandibules pour agripper le bord de la coquille du mollusque et le retourner sur la surface traitresse à laquelle il n’avait pu se retenir, avant de plonger dans la chair ferme de sa gueule aux crocs parfaitement adaptés à un pareil repas.

En entamant chaque chapitre de L'écorcheur par une sorte de documentaire animalier ne présentant la faune sous-marine que sous l'aspect d'une horrible chaine alimentaire, le romancier Neal Asher atteint un double objectif. Le premier, le plus pratique, est qu'il utilise cette technique pour nous présenter de manière concise une grande partie du biotope de Spatterjay, nous familiarisant ainsi avec les différentes espèces que vont être amenés à rencontrer les personnages. La deuxième, plus axée sur la mise en place d'une atmosphère, vise à bien nous faire appréhender la nature létale de ce monde en grande-partie couvert par les eaux. Ainsi, ce cruel reportage à épisodes, pouvant apparaitre dans un premier temps comme une amusante - car bourrée d'humour noir - coquetterie, sert en réalité de fil rouge avec mise en situation, pour s'achever en une terrible orgie sanglante qui se trouve être le reflet de la situation finale que vivent les personnages.

L'écorcheur
est donc un roman de planet opera, un récit d'aventures mettant en scène des gens hors du commun, un brassage de divers niveaux technologiques (allant de la période industrielle du XIXeme siècle à des sciences futuristes maitrisant la téléportation, les I.A. et la vitesse subluminique), une faune variée et très originale (pouvant même faire office de personnages secondaires, comme les Voiles, ces gigantesques chauve-souris intelligentes servant de voilure aux navires des Hoopers), le tout dans une ambiance épique et très violente, riche en descriptions gore et en humour noir. Les personnages sont très nombreux, entrainant une histoire riche en intrigues secondaires (parfois un peu trop tôt dévoilées) et en points de vue tant et si bien que, même si l'on perd parfois un peu le fil, l’on a vraiment la sensation d'avoir affaire à un univers dense et "vivant".

Signalons aussi que, en plus d’être un récit haut en couleur, très axé sur l’action et l’aventure, L’écorcheur met en forme bon nombre de très bonnes idées. Il serait trop long (et bien dommage de vous gâcher la surprise) de vous les nommer tous mais sachez que rien que la conception des Hoopers, ces humains victimes de mutations, est le fruit d’une habile réflexion aboutissant à un résultat à la fois très original et subtil. En effet, il faut savoir que les Hoopers, s’ils deviennent avec les années de plus en plus puissants et quasi indestructibles, possèdent non seulement un gros talon d’Achilles, mais de plus, ils risquent, à trop s’imprégner du virus de Spatterjay, de se transformer en d’horribles créatures monstrueuses. Pour éviter cela, ils doivent donc impérativement éviter de couper le « cordon alimentaire » qui les relie à leur ancienne existence. Et que dire des Pradors, ces crabes extraterrestres belliqueux et parenticides, entourés d’esclaves humains décérébrés ? De ces sangsues aussi grandes que des navires ? Et de ces drones plaisantins aux I.A. malicieuses ? Bref, vous l’avez compris, j’ai été complètement emballé par l’imaginaire créé par Neal Asher.

La conclusion de

Je découvre Neal Asher avec L’écorcheur, premier volet du cycle de Spatterjay. Et je dois dire que j’ai été totalement conquis par le style et l’imaginaire du romancier britannique. Ce roman est un grand récit d’aventure, bien rythmé, riche en action et doté d’un univers de SF original et extrêmement bien structuré. Le tout baignant dans un humour britannique flirtant de manière épatante avec le gore et le loufoque (voire le potache à la Douglas Adams). C’est bien simple, j’ai adoré.

Que faut-il en retenir ?

  • De l’action, de l’humour, un imaginaire séduisant
  • Un récit excellent, bien rythmé et riche en personnages
  • Beaucoup de sous-intrigues, parfaitement déclinées

Que faut-il oublier ?

  • Des intrigues parfois un peu trop vite dévoilées
  • Le lecteur occasionnel risque de se perdre parfois un peu dans ce monde si riche

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