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Critique du Recueil de nouvelles : Le seigneur de Samarcande
Le seigneur de Samarcande >

Critique du Recueil de nouvelles : Le seigneur de Samarcande

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 16 décembre 2009 à 0011

Du sang sur les sables d'Outremer

Il chassa les brumes de son cerveau et éclata de rire. Il descendit la pente à grands pas. Un groupe de cavaliers aux airs de rapace fondit sur lui dans un martellement rapide de sabots. Un arc vibra et la pointe de fer d’une flèche s’enfonça dans son armure. Il éclata de rire et l’arracha. Du sang inonda son haubert. Une lance plongea vers sa gorge. Il saisit la hampe de sa main gauche et frappa vers le haut. La pointe de l’épée grise transperça la cuirasse du cavalier. Les échos du crie d’agonie de l’homme résonnait encore à ses oreilles quand Cahal esquiva un coup de cimeterre et sectionna la main de celui qui le maniait…(Les cavaliers de la tempête).

Le Seigneur de Samarcande est un recueil regroupant toutes les nouvelles "orientales" de l’œuvre de Robert E. Howard. Ces textes, d'excellente facture (l’on se rend compte ici, si cela n'était pas déjà fait, que REH était un fantastique conteur), s'appuient en effet sur des évènements historiques qui se sont déroulés en Outremer, en Asie centrale et en Egypte durant une période s'étalant du XIeme au XVIeme siècle – avec un bon nombre de textes se plaçant durant la période des Croisades et du royaume de Jérusalem (1095-1291).

Cependant, si pour la rédaction de ces nouvelles l'auteur texan a pris comme décors les déserts arides d’Outremer, les collines afghanes et les luxurieuses cités orientales, le fan de Conanne manquera pas de remarquer que, malgré cet environnement réaliste, il utilise le style narratif qui fera un peu plus tard son succès: le récit épique imprégné d'une grande violence. Ainsi, il est en effet impossible de ne pas reconnaitre dans l'auteur des Faucons d’Outremer ou de La route d’Azrael la plume de celui qui nous offrira les aventures du légendaire barbare cimmérien.

Les onze nouvelles présentées dans Le Seigneur de Samarcande (qui figurent parmi les meilleurs textes jamais écrits par Howard) sont donc des histoires pleine de péripéties martiales et d'actes de bravoure, mais présentant aussi leur lot de traitrises, de couardise et de félonie. Les héros s’appellent Cormac Fitzgoeffrey, Donald MacDeesa, Gottfried von Kalmach et ils répondent presque toujours au même profil ; celui d'un rustre aventurier occidental ou d'un chevalier laissé pour compte plongé dans les mystères, les intrigues et les voluptés d'un Orient déchiré par les guerres entre le royaume de Jérusalem et ses voisins et envahisseurs musulmans. D'ailleurs, à ce sujet, il est bon de signaler que le romancier prend bien soin - contrairement à bon nombre d'auteurs de son époque - d'éviter tout propos xénophobes et racistes, les Francs et les Cosaques ne valant guère mieux que les Berbères, les Arabes, les Perses, les Tatars ou les Turcs Seldjoukides. Certains personnages "exotiques" sont même, parfois, vraiment traités à leur avantage et amenés à endosser le beau rôle. Il en est cependant tout autrement des femmes, qui sont reléguées aux rangs peu glorieux d'intrigantes de palais, d'esclaves lascives ou de jeunes damoiselles en détresse. Avec toutefois une exception ; un héros féminin, luttant sur les remparts de Vienne contre les vagues d'assaut turc... la célébrissime Sonja la rousse! (L'ombre du vautour)

L'amateur d'histoire remarquera aussi que Robert E. Howard s'est parfaitement documenté pour la rédaction de ces nouvelles. Un important travail a dû être fourni pour parvenir à couvrir une période de cinq siècles. On pourrait même juger cet effort un brin démesuré quand l'on réalise que tout ce travail de recherche ne se concrétise qu'avec la création de quelques textes d'une quarantaine de pages. Le lecteur va ainsi être invité à accompagner brièvement dans leurs aventures des grands conquérants de ce monde comme Tamerlan, Soliman le Magnifique ou Saladin, au cours de récits versant parfois un tantinet dans la fiction, comme quand il "reconstitue" avec ironie les circonstances de la mort de l'empereur timouride (Le seigneur de Samarcande) ou qu'il fournit une explication cocasse (l'intervention maladroite de Giles Hobson, un gros ivrogne) à l'inattendue défaite d'Amaury 1er d'Anjou (nommé Almeric dans le texte) en Egypte. (Les Portes de l'Empire, une nouvelle franchement géniale)

Ainsi, Robert E. Howard, dans un but purement romanesque, n'hésite pas à prendre quelques petites libertés dans la retranscription des faits. Le signe évident qu'il supporte mal le carcan historique dans lequel il doit se tenir pour "acquérir une respectabilité" vis à vis des éditeurs et des lecteurs de l'époque. L'auteur se force cependant à rester dans les limites, ce qui démontre sa passion pour l'Histoire médiévale et Patrice Louinet (mille fois béni soit son nom!) nous cite d'ailleurs Harold A. Lamb (historien et novelliste américain spécialisé dans les Croisades qui fut l’une des « stars » d’Adventure Magazine) comme l'un des écrivains l'ayant fortement influencé. Toutefois, malgré tout cet attachement au roman historique, Robert E. Howard avait une imagination débordante, qui nécessitait une liberté totale de création, ce qui l'a entrainé à créer son propre univers de fantasy, les Ages Hyboréens. Un univers fantasmé, certes, mais cependant crédible, car généré par un auteur ayant une solide érudition dans le domaine historique et militaire.

Dernier atout de ce recueil, et pas le plus négligeable : les 80 dernières pages d’appendices qui regroupent des nouvelles inachevées dans leur version non retouchées, des extraits de travaux et une excellente analyse de la période historique de REH par Patrice Louinet. La cerise sur le gâteau. Et, qui plus est, un succulent gâteau.

La conclusion de

Un véritable plaisir de lecture que ce Seigneur de Samarcande, recueil de nouvelles regroupant tous les textes « orientaux » de Robert E. Howard. Onze nouvelles, qui vont d’un niveau qualitatif allant d’excellent à génial, qui nous emmènent dans les terres d’Outremer, pour y vivre des aventures mêlant avec un grand sens épique fiction et environnement historique… Et toujours avec ce ton adulte et pessimiste propre à l’auteur. Un véritable bijou, fuit d’un magnifique travail de relecture et compilation de Patrice Louinet pour les éditions Bragelonne, indispensable à tous fans de REH et de récits d’aventures.

Que faut-il en retenir ?

  • Extraordinaire compilation de nouvelles de grande qualité.
  • a plume de Robert E. Howard, à la force épique inégalable.
  • La facette « historien » de l’écrivain.

Que faut-il oublier ?

  • Pas d’édition de luxe, c’est dommage.

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