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Critique du Roman : Rainbows end
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Critique du Roman : Rainbows end

Avis critique rédigé par Manu B. le mercredi 6 juin 2007 à 1450

Rainbows end

"Le premier coup de chance prit la forme d'un camouflet public pour le Centre européen de protection contre les maladies. Le 23 juillet, des lycéens d'Alger affirmèrent qu'une maladie respiratoire était en train de se propager de façon épidémique dans les pays du bassin méditerranéen..."
Robert Gu est un miraculé de la vie. La maladie d'Alzheimer a failli lui coûter la vie, mais les récents progrès scientifiques ont fait des miracles, grâce à des traitements de choc. Néanmoins, il a vécu dans le brouillard de la maladie, le coupant du monde et de ses formidables avancées. Le résultat est que son réveil d'entre les morts n'est pas des plus plaisants: il fait intellectuellement partie des gens avec un gros handicap, dans ce monde où le réel côtoie le virtuel, même en pleine rue...
Vernor Vinge s'entend bien dans les réseaux informatiques dont il se plaît à en décliner le thème de façons quelque peu différentes dans ses romans. Après avoir traité les forums de discussions, les newsgroups dans un feu sur l'abîme, autour de l'idée de la Gale, comme immense Virus se propageant dans l'espace connu, il a voulu explorer le thème de réseau biologique sous la forme d'asservissement d'entités biologiques (humaine en particulier) dans au tréfonds du ciel. Avec Rainbows end, il pousse le concept un peu plus loin encore en posant l'hypothèse de réseau mondial auquel chaque homme et chaque femme peut se connecter. Mais c'est au niveau du background qu'il innove par rapport à ses deux autres chefs-d'oeuvre, puisque l'action se déroule sur Terre et dans un futur assez proche (le XXIè siècle). Du coup, son univers doit être plus "anticipatif", plus futuriste dans les limites du raisonnable avec des personnages de fiction et une civilisation suffisamment crédibles.
Peut-être est-ce la seule difficulté qu'a dû rencontrer l'auteur, en comparaison avec les civilisations des meutes de chiens et des araignées qu'il avait dû complètement créer de A à Z. Ceci étant dit, on l'a rappelé, Vinge se plaît à inclure ses personnages dans un vaste réseau, à l'instar des meutes d'un feu sur l'abîme qui faisaient partie de cercles restreints d'influence au delà desquels toute unité devenait sans âme et sans utilité pour le reste de la meute. Dans Rainbows end, c'est l'ensemble de la planète qui est dépendante de ce réseau, dont ceux qui n’en faisant pas partie font figures de parias, comme l'est Robert, à son réveil: malgré tout son talent au XXè siècle, il est complètement has-been dans ce siècle, tout comme les autres anciens qui fréquentent cette école spécialisée dans l'éducation des "anciens". Or l'évolution dans ce réseau, que les tout petits apprennent à maîtriser, même avant de marcher est, d'une certaine manière, plus plaisante lorsque l'on a les rudiments des modifications de son environnement. Le virtuel côtoie le réel, grâce aux lentilles qui vous donnent en quelque sorte une double vue: une vue réelle et une vue virtuelle (qui vient se superposer au réel). Et c'est dans cette couche virtuelle que l'homme prend plaisir à évoluer, en ajoutant des couleurs au monde de grisaille du quotidien. En le façonnant. D'autant plus que, la technologie aidant, les sensations tactiles s'ajoutent aux sensations visuelles. L'homme devient acteur de son monde et permet, par exemple, d'évoluer dans l'une des villes imaginées par Terry Pratchett.
Terry Pratchett ou d'autres créateurs de mondes imaginaires. Les références littéraires sont assez nombreuses, à tel point qu’une des idées principales tourne autour des livres. Vinge y pose la problématique de la numérisation des "livres vrais", les livres avec des pages en papier, que l'on peut toucher, sentir, manipuler. Des livres que les anciens du XXè -dont Robert- n'échangeraient pour aucun livre numérique. Une confrontation entre les anciens et les jeunes du nouveau monde devient donc inévitable, une tempête dans un verre d'eau puisque les anciens ne sont qu'une poignée de grains de sable dans le désert, désormais. Ce conflit est mis en valeur dans la cellule familiale de Robert, placé dans la famille de son fils Bob, le mari d'Alice et père de la petite Miri. On sent pour cette partie que Vinge ne maîtrise pas complètement son sujet, s'enfermant dans des considérations du genre 'avant c'était beaucoup mieux mais finalement, maintenant que je connais un peu mieux, ce n'est pas si mal'. La problématique autour du livre est, elle aussi, assez bâclée.
Pour Vinge, le thème c'est le réseau et rien d'autre, le reste n'étant là que pour rendre son propos buvable. Qui dit réseau dit background cyberpunkable. J'y ai trouvé des relents de l'âge de diamant de Stephenson qui déjà abordait la théorie de l'information, comme ici, mais que seuls les spécialistes éclairés peuvent pleinement apprécier la prose. De même, Vinge reprend d'une certaine manière l'idée de déité indépendante virtuelle, se baladant librement dans les réseaux, idée développée dans les premiers romans de cyberpunk tels que Neuromancien de William Gibson ou cablé de Walter Jon Williams.
Au final, rainbows end est un roman de haute volée, mais où l'on se ressort frustré que les thèmes autres que celui du réseau aient été aussi bâclés. Cette fois-ci, il a fait trop court.

La conclusion de

Vernor Vinge nous surprend avec Rainbows end, véritable fable futuriste et virtuelle, où le réseau a la belle part et où le reste devient trop discret.
Prix Locus 2007. Prix Hugo 2007.

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