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NIFFF Jour 2 : une programmation très éclectique

Publié il y a 2 ans par Vincent L.

That demon within, What we do in the shadows, The Raid 2, Starry Eyes et Discopath...

Après une première journée faite de projections peu convaincantes, nous attendions de pied ferme ce deuxième jour pour relever le niveau qualitatif et nous proposer des longs-métrages plus enthousiasmants. Malheureusement, le bilan de cette nouvelle série de projections, bien qu'un poil meilleur, n'est pas pour autant franchement positif. La journée avant pourtant bien commencée avec l'interview du très bavard Kevin Smith, qui a répondu avec la verve qui le caractérise à nos quelques questions (seulement six questions en une demi-heure, ça vous donne un ordre d'idée), puis s'était continué en compagnie des sympathiques attachées de presse (qui, vu notre organisation un peu chaotique, font tout de même preuve de patience et d'une gentillesse avec nous), et avec quelques binouzes sous le soleil à discuter avec les amis de Cinémafantastique.net des défaites respectives de nos deux équipes nationales en Coupe du Monde (ben oui, le cinéma, ça ne fait pas tout !).


Nous sommes rentré dans la salle de cinéma à 17h avec That demon within, présenté dans la compétition New cinéma from Asia. Nous gardions un excellent souvenir l'année précédente de quelques films de cette sélection en particulier de Berlin file (renommé en France The Agent). Dans That Demon Within, nous faisons la connaissance d'un très sympathique policier, Dave Wong, dont le job consiste à faire la garde dans un hôpital. Ce dernier, sans le savoir, va donner son sang et sauver le chef d'un groupe de criminels qui s'est fait une blessure après avoir mis sur le carreau deux flics et s'être échappé suite à un cambriolage qui a plus ou moins mal tourné. Wong, rongé par la culpabilité, se met en tête d'arrêter le malfrat tout en essayant de faire face aux démons du passé.

Parmi les réalisateurs Hong-Kongais, Dante Lam ne rentre pas dans la liste de ceux qu'on estime parmi les plus talentueux. Certes sa filmographie est loin d'être vide (on peut d'ailleurs y trouver quelques films sympathiques, mais aucun que l'on viendrait à qualifier d'inoubliables). Reste que, sur le papier, l'idée de That Demon Within, une sorte de Docteur Jekyll et Mr Hyde, à la sauce Thriller aurait pu être intéressante. Aurait pu, car, si le film commence dès sa première minute avec panache avec une fusillade se voulant spectaculaire, on constate dès celle-ci des problèmes de montage. L'action est particulièrement découpée et montée de façon non concise avec un manque flagrant de fluidité. Du coup, même si nous sommes censés en avoir plein les yeux, on se trouve complètement perdu. Bref, ce n'est pas cette soi-disant mise en bouche qui nous fera oublier le Heat de Michael Mann.

La suite n'est pas meilleure, voire elle a tendance à empirer puisque l'esthétique est le plus souvent poussée par des filtres rouge et jaune repoussants, voire par moment réellement vomitif. Difficile à dire si l'on doit cela au directeur de la photographie Kenny Tse (Motorway) ou à la post production dû à des ajouts potentiellement numériques (c'est l'impression que ça donne), dans tous les cas, la réaction amène un rejet immédiat de notre oeil de vouloir rentrer dans l'histoire, créant en cela une sensation d'ennuie alors que les rebondissements et l'action assez fréquente voudraient que le spectateur n'ait pas le temps de s'ennuyer.

On peut aussi regretter la présence des flammes et explosions numériques particulièrement voyantes et coupantes de ce fait tout enjeu dramatique. On remarque bien que de temps il y a quelques tentatives de Dante Lam de faire des expériences avec sa caméra, ou de vouloir créer quelques choses démontrant une certaine direction de la mise en scène, mais rien n'y fait, même si on apprécie ces tentatives de mise en scène, l'ensemble se montre pas assez fluide au montage pour qu'on se préoccupe des personnages. Daniel Wu (Europa Report, Tai Chi Zero) semble montrer une certaine conviction en envie à jouer son personnage, mais le pauvre se trouve desservi par la technique et une musique omniprésente.

Bref, vous l'aurez compris, nous n'avons pas du tout aimé That Demon Within. Et de toute évidence, il ne sera pas dans la liste des films que nous retiendrons cette année.

Richard B. : 3/10
Vincent L. : 2,5/10

 


A 20h, le huitième film de la compétition internationale était présenté au public : What we do in the shadows (WWDITS). Long-métrage néo-zélandais, WWDITS est un faux documentaire (autrement appelé "mockumentary") racontant la vie d'une collocation de quatre vampires dans la petite vie de Wellington : Vlad, Viago, Deacon et Petyr se préparent pour leur grand évènement annuel : le célèbre bal masqué de Wellington auquel sont invités tous les morts-vivants de la ville. Vampires, zombies et sorcières se parent de leurs plus beaux atours pour briller au sein de cet évènement mondain, et ainsi espérer être "l'invité d'honneur" de l'année. Une équipe de télévision, bardée de crucifix et bénie par un rituel à l'ail, est invitée à suivre la vie de ses quatre morts-vivants dans les semaines précédent le bal.

Ecrit et réalisé par Jermaine Clement et Taika Waititi, créateurs de la série Flight of the Conchords, WWDITS assume son propos de bout en bout en jouant à fond la carte du décalage et l'absurdité. Ce faisant, il présente la vie de ces vampires sous un jour affreusement commun (dispute pour le partage des tâches ménagères, problèmes de comportements, sorties du week-end,...), à peine teinté, ici et là, de quelques rencontres surnaturelles (notamment une rivalité plutôt bien vue avec un gang de loups-garous locaux). Les deux réalisateurs/scénaristes (ici également comédiens) multiplient les gags et réussissent à faire cohabiter de façon assez adroite divers niveaux d'humour (on passe de l'humour ultra-référenciel qui va citer Nosferatu ou Lost Boys à de la comédie potache se situant sous la ceinture). Le postulat est donc exploité à fond et, objectivement, vu le nombre et la diversité des situations humoristiques proposées, il est aisé de trouver son compte pour rire des (mes)aventures de ces quatre bras-cassés.

On notera toutefois que le concept de WWDITS tend à s'essoufler en cours de route. Il faut dire que tenir un pitch de départ purement conceptuel sur quatre-vingt dix minutes tenait du défi, et que celui-ci n'est pas réussi de bout en bout. Ainsi, si la première demi-heure est un véritable festival de rire (certains dialogues sont génialement écrits, quelques situations fonctionnent du tonnerre), les choses se tassent progressivement par la suite : la redondance de certains gags ne fonctionne pas toujours, certaines scènes tombent à plat, quelques gags sont trop prévisibles pour vraiment fonctionner. Mais si la qualité offerte par la première partie va clairement en diminuant par la suite, le film n'en demeure pas moins sympathique et distrayant de bout en bout, proposant au final un divertissement honnête et amusant (mais jamais inoubliable).

Il aurait en effet fallu quelques petites choses en plus pour que le film quitte ce statut de "comédie sympathique" pour s'élever vers autre chose (à l'instar d'un Ghost Graduation par exemple). Au rang des petites imperfections, on notera ainsi que le casting est particulièrement inégal (Jermaine Clement et Taika Waititi sont géniaux de bout en bout, quand Cori Gonzalez-Macuer livre une prestation tout juste médiocre), que la mise en scène n'est que purement fonctionnelle (le concept du faux documentaire est exploité a minima, ce qui, certes, rend le film plus intéressant qu'un found footage de base, mais l'empêche d'atteindre l'adresse d'un This is Spinal Tap ou d'un Forgotten Silver) ou que le scénario n'arrive pas à renouveller ses enjeux ou à s'arrêter à temps (dix minutes en moins auraient probablement rendus le tout plus efficace).

Mais ne boudons pas notre plaisir, on ne s'est pas ennuyé devant WWDITS, on a même passé un moment plutôt fun dans une salle déchaînée et réceptive à l'humour du film. Et vu la quaité du film d'avant et de celui d'après, cela a permis à notre journée de rester sur une note positive.

Richard B. : 5/10
Vincent L. : 6,5/10

 


Présenté en même temps que WWDITS, The Raid 2 : Berandal, était proposé au public dans la sélection New Cinéma From Asia. Le premier The Raid avait frappé fort, c’est le cas de le dire. Sur une intrigue minimaliste conceptuelle et une unité de temps et de lieu réduite, Gareth Evans (dont le premier film,Merantau, n’était déjà pas passé inaperçu) enchainait avec une virtuosité brutale les scènes d’action viscérales, menés par le prodige Iko Uwais (révélé, justement, par Merantau). Après ce succès surprise et le buzz engendré, Gareth Evans dispose d’un plus gros budget pour réaliser la suite et en profite ainsi pour adapter le scénario initialement prévu pour le premier The Raid mais qu’il avait dû mettre de côté, faute de moyens. Le scénario, qu’il a lui-même écrit, est cette fois très élaboré, plus ambitieux, et s’étale sur 2h30, ce qui est exceptionnel pour un film d’action. En terme d’ampleur, on pourrait qualifier cette suite du Parrain 2 du film d’arts martiaux. Mêlant film de gangsters et film d’infiltration, Gareth Evans déroule une histoire classique dans la grande tradition des films du genre, embrasant tel un John Woo (une de ses principales influences dans son cinéma) les clichés romanesques du récit de mafieux tragique, avec toute sa mythologie cinématographiques, ses trahisons, ses tueries, ses exécutions, ses assassins, ses codes d’honneur, ses rivalités entre clans (à la Kinji Fukasaku) et son histoire d’amitié entre le flic infiltré et le jeune mafieux. Pour le coup, les personnages principaux sont développés (le héros renfermé joué avec force par Iko Uwais, le jeune mafieux campé par un sosie de Brandon Lee, le sbire Eka auquel on finit par s’attacher…) et Gareth Evans prend tout son temps pour raconter son histoire, peut-être même un peu trop.

En effet, le jeune cinéaste gallois s’attarde plus que de raison dans de longs tunnels de dialogues un peu pompeux et pas toujours très captivants, quoique constamment bien filmés et bien interprétés. Là où le premier The Raid allait droit à l’essentiel (à savoir : l’action), ce qui lui valait des reproches du genre « bouh le scénario est nul », The Raid 2 : Berandal se perd un peu dans une intrigue dense et tortueuse, difficile à suivre au début mais pour laquelle on finit par se captiver une fois les personnages et les enjeux clairement définis. En dépit de quelques fulgurances d’action qui viennent rappeler ce qu’on attend réellement d’un tel film (à ce titre, la première baston dans la prison fait plaisir à voir), la première heure est donc assez longuette et on ne pourra cette fois pas reprocher au film un scénario trop maigre. C’est dans sa deuxième heure (et demi) que Gareth Evans tient ses promesses de film d’action ultime, en enchainant des morceaux de bravoure hallucinants (la course-poursuite en voitures, l’assaut dans le hangar, l’affrontement dans le couloir contre les deux tueurs…) comme on en voit une fois tous les 10 ans dans le cinéma d’action, jusqu’à un combat final quasi-mythologique à couper le souffle qui parvient, et fallait y aller fort pour y arriver, à surpasser celui du premier The Raid (et cette fois il n'est pas entrecoupé d'autres scènes en parallèle) ! Au même titre que Yayan Ruhian dans le premier The Raid, on devrait encore entendre parler du charismatique Cecep Arif Rahman, l'increvable adversaire final d'Iko Uwais dans The Raid 2 : Berandal. C’est ainsi qu’en 150 minutes, une dizaine de scènes d’action démentielles sont parsemées en crescendo (elles sont de plus en plus fortes, d’où l’impression au premier abord d’être déçu devant la première heure) dans une intrigue assez banale mais racontée avec un réel talent et une vraie passion qui parviennent à en tirer de l’émotion, du souffle, de la grandeur, et même aussi un peu d’originalité (par exemple avec ses deux assassins iconiques tout droits sortis d’un manga : la fille aux marteaux incarnée par Julie Estelle et le type à la batte de baseball, dont les démonstrations dans l’art du meurtre sont aussi gratuites que grisantes).

Tantôt posée, épurée et statique dans les dialogues en huis-clos, tantôt nerveuse, rentre-dedans et virevoltante dans les scènes d’action (filmées en grande partie en plans-séquences !), la mise en scène est magistrale, d’une inventivité débordante même dans l’action (le carnage boueux dans la cour de la prison est visuellement impressionnant), et on a du mal à croire qu’elle est assurée par un jeune réalisateur qui n’en est qu’à son troisième film, même s’il peine encore à digérer ses références. Mais The Raid 2 : Berandal scotche aussi par son utilisation d’une violence inouïe et viscérale qui rappelle le choc de la découverte des gunfights de John Woo : c’est une véritable orgie de corps mutilés, criblés de balles, brisés, désarticulés telles des marionnettes morbides, jetés dans le décor au même titre que des objets, à se demander d’ailleurs s’il n’y a pas eu des morts pendant le tournage tellement les cascadeurs semblent en avoir pris plein la gueule. Ça hurle, le sang gicle, c'est parfois très gore (les effets sont d'ailleurs saisissants), les bris d’os font très mal, chaque coup porté sonne comme un choc, tandis que la bande-son accentue l’intensité et la poussée d'adrénaline des scènes d’action. Le film est empli d'une fureur cathartique jubilatoire. Petit regret : le personnage de Yayan Ruhian est expédié après avoir démontré sa force dans deux grosses bastons, peut-être parce que l’acteur tenait déjà un autre rôle (le fameux Mad Dog) dans le précédent The Raid et qu’il était donc déjà « identifiable ». Mais sinon, on tient bien là un nouveau monument du film d’arts martiaux, en même temps qu’un bon film de mafieux et d’infiltration. Gareth Evans est bien parti pour marquer le cinéma d’action par une nouvelle trilogie de référence.

Jonathan C. : 8,5/10
Richard B. : 8/10

 


A 23h, nous avons assisté à la projection du neuvième film de la compétition internationale : Starry Eyes. De prime abord, force est d'avouer que le pitch ne nous inspirait pas outre mesure, nous rappelant trop le nullissime Contracted présenté l'an passé dans cette même compétition. Au final, nous avions malheureusement raison de nous méfier, car Starry Eyes est du même acabit, un peu moins moralisateur, mais également moins efficace dans son déroulé : Sarah veut être une grande comédienne, et elle est prête à tout pour atteindre ses objectifs de célébrité. Alors qu'elle est serveuse à la Potatoes Factory, une étrange boite de production lui propose de faire d'elle une star. Mais pour cela, elle devra faire de sacrifices, car une vie de strass et de paillette, ça se mérite !

Voici donc un film déconstruit le rêve hollywoodien, qui critique l'industrie cinématographique et qui propose un miroir peu flatteur aux valeurs liées à ce milieu particulier. Oui, voici un film peu original, qui tire sur les ambulances, qui enchaîne les propos convenus, qui propose des thématiques éculées et qui traite de tout mais surtout de rien. Pourtant, pendant la première heure, les choses fonctionnent relativement bien, Starry Eyes donnant l'impression de vouloir raconter quelque chose. Son scénario, qui joue à fond la carte du mystère (mais qui sont ces mystérieux producteurs ? mais qu'arrive t-il à l'héroïne ?), joue de son artificialité pour tenir le spectateur sur son siège. Si, au fond de nous, une petite voix nous disait que tout cela sentait quand même à plein nez la vacuité, on espère partir vers une histoire malgré tout intéressante (le classicisme n'exclut pas l'efficacité a priori).

Et puis, à un moment donné, on se rend compte de la supercherie à laquelle on est en train d'assister. En effet, alors que l'histoire est censée demarrer, on s'aperçoit de façon flagrante que les scénaristes repoussent ce moment fatidique. Au final, une fois le film terminé, force est de constater que Starry Eyes ne raconte rien, et qu'en dépit d'artifices narratifs parfois efficaces, s'avère creux de bout en bout. Avant cela, on sera passé par une phase un poil gore qui aura permis un déchainement de violence et d'effets "chocs" aussi convenus que somme toute peu utiles (le coup de l'ongle, c'est devenu tellement commun que ça en devient complètement inefficace). Donc oui, Hollywood, c'est sale. Donc oui, l'industrie cinématographuque baffoue l'humanité de ceux qui travaillent pour elle. Donc oui, il faut se déconstruire et se reconstruire (physiquement, psychologiquement et socialement) pour s'intégrer au système. Donc oui, on le sait. Donc oui, on l'a déjà vu. Donc oui, ce n'est pas intéressant.

La chose fonctionne d'autant moins que le personnage principal est tout sauf sympathique. Difficile, en effet, d'éprouver la moindre empathie pour ce protagoniste neuneu, gnangnan et concon (ou tout autre mot avec deux syllabes qui se répètent). Si son interprète, Alex Essoe, ne démérite pas vu le peu qu'elle a à jouer, le tout ne pouvait de toute façon fonctionner qu'avec un personnage pour qui le spectateur aurait ressenti de la sympathie, pas pour une cruche qui pleure toutes les trentes secondes en allant s'arracher les cheveux au toilettes. Le final, aussi convenu qu'abscon (on a l'impression qu'il manque des pans entiers de l'histoire) finit d'achever le spectateur, aussi ennuyé qu'agacé par cette histoire convenue et faussement incorrecte (le film est tout de même très moralisateur).

Richard B. : 4,5/10
Vincent L : 3,5/10


Enfin, la journée s'est terminée avec le quebecois Discopathe, présenté dans la sélection Ultra Movies. La ville : New York. L'époque : 1976. Duane serait presque un chic type un peu timide, si ce dernier n'avait pas quelques soucis avec le son et plus particulièrement le disco. Du coup, plutôt qu'aller tirer son coup avec une bombe atomique brune, pris par le rythme musical, il préfèrera exercer ses talents de charcutier sur la belle. Pris au dépourvu et par peur de se faire enfermer, il n'a pas d'autres choix que de prendre la poudre d'escampette pour le Canada. Puis, prise de bonne conscience, histoire de s’éloigner quelque peu des outrances musicales, Duane trouve un job tranquille d'homme-à-tout-faire dans un pensionnaire catholique pour jeunes filles. Mais ne croyez pas que les demoiselles soient omnibulées par le seigneur, et il se trouve que, dès que l'occasion se présente, elles en profitent pour se passer du Plastic Bertrand pour « Stop Ou Encore ».

Après avoir oeuvré dans la série web comme scénariste, réalisateur et acteur sur Inspector Bronco, Renaud Gauthier se lance dans le long-métrage tout en perdurant sa fascination pour les années 70. Ne cherchons pas midi à quatorze heures, le scénario de Discopathe ne va pas très loin et opte pour la bonne humeur avant toute chose. Le film surfe vaguement sur quelques idées qui ne sont pas sans rappeler Maniac ou L'Eventreur de New-York, mais le ton ouvertement décalé en fait quelque chose d'assez unique. La première chose que l'on retient du film est le travail effectué sur le son, alors que d'habitude on ne va pas forcément prêter attention à cela dans un film. Ensuite on appréciera quelques idées de cadrage bien senties et le travail accompli pour restituer une lumière rappelant celle du cinéma des années 70.

Reste que si l'on rigole régulièrement, que l'on prend son pied à mater toutes les jolies filles du film toutes plus affriolantes les unes que les autres (mais ne se déshabillant pas pour autant) ou à apprécier quelques passages sanguignolant mémorables, Discopathe souffre d'un problème de rythme malgré sa courte durée, ce qui est certainement dû à un scénario qui ne s'implique pas assez à nous faire aimer ses personnages, puisqu'on nous propose de découvrir tout un tas de portraits sans pour autant que le réalisateur ne prenne le temps d'instaurer une complicité. Mais on ne peut qu'admirer le travail de Renaud Gauthier qui, en plus de cumuler plusieurs étiquettes, investit le film de sa personnalité. En gros, il s'agit là d'un bon amusement, un film correspondant parfaitement à l'ambiance du Bifff, même s'il ne faudra pas espérer plus que ce que vend ce dernier.

Richard B : 6/10

Interview de Renaud Gauthier, réalisateur de Discopath

Article de Vincent L., Richard B. et Jonathan C.

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