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Vertige - Anecdotes

Film réalisé par Abel Ferry. France


80

Notes de production de Vertige

  • Abel Ferry au sujet de Vertige

    Comment en êtes-vous arrivé à ce premier long métrage ?

    Le cinéma a toujours tenu une place essentielle dans ma vie. J’ai grandi en regardant tout ce que je pouvais, mais avec une prédilection pour les films d’aventure et de genre. Depuis presque neuf ans, je réalise des courts métrages, des pubs, des sketches pour les Guignols. J’ai ensuite rencontré les producteurs Alain Benguigui et Thomas Verhaeghe, qui avaient un projet mais pas encore de réalisateur.

     

    Qu’est-ce qui vous a attiré ?

    VERTIGE me permettait d’associer naturellement mes deux passions. Il s’agit d’un film d’aventure et de genre, et c’est justement le cinéma qui m’a donné envie de faire ce métier. D’autre part, l’action se déroule dans l’univers de la montagne, que je connais et que j’aime. Même si je n’ai pas écrit le scénario, il traite d’un sujet qui me tient vraiment à coeur. Je suis né à Annecy et c’est une région que j’adore. Je pratique beaucoup la montagne et lorsque j’ai rencontré Alain et Thomas, je leur ai tout de suite dit que je souhaitais qu’elle soit considérée comme un personnage à part entière. Je la trouve magnifique et je souhaitais la filmer le mieux possible, avec tout ce que j’en sais, pour partager la passion que j’éprouve pour elle.

     

    En quoi votre film est-il particulier ?

    La nature n’est pas un simple décor. L’interaction entre la montagne et le jeu des comédiens est authentique. Nous avons tourné en conditions réelles, sans trucage, pour plonger le spectateur au coeur de l’action. Cela exigeait un engagement total de l’équipe et des comédiens, mais le résultat y gagne en réalisme et en densité. Vous n’avez pas affaire à de jeunes et beaux comédiens qui ont joué devant un fond vert bien au chaud dans un studio. Fanny, Raphaël, Johan, Nicolas et Maud ont vraiment vécu le film !

     

    Comment définiriez-vous votre film ?

    VERTIGE est à la croisée des genres, entre action et frisson. L’intrigue avance sur deux niveaux de lecture. Le premier concerne le groupe d’amis qui part pour ce périple. Il est question de leurs relations, affectives ou amicales, et de leur évolution. Et puis ils vont se trouver confrontés à un mystère qui les dépasse et les menace dans un environnement magnifique mais inhospitalier. Au sein du groupe, chacun a son histoire mais tous sont dans une course-poursuite. Pour arriver à cela, j’ai retravaillé la première version du scénario avec les auteurs, Johanne Bernard et Louis-Paul Desanges. Les modifications étaient de deux ordres.

    D’abord, développer les personnages pour éviter qu’ils ne soient que des 5 victimes. Je souhaitais développer le triangle amoureux, faire en sorte que la complexité même des personnages les amène à aggraver une situation déjà terrible au départ. VERTIGE est aussi une étude du comportement humain dans une situation extrême.

    Le deuxième axe consistait à trouver un profil crédible et réaliste pour l’antagoniste, de façon à établir des parallèles avec les traumatismes que peuvent vivre les personnages principaux et provoquer la plus grande empathie possible vis-à-vis de ce tueur. La réécriture avait aussi pour but d’articuler tous les personnages autour du thème qui me tient à coeur : la nécessité d’affronter ses peurs pour survivre.

     

    Comment avez-vous donné sa place à la montagne ?

    Dès la phase de réécriture, il était très important de lui donner la place la plus grandiose possible et de la développer à travers ma connaissance de la via ferrata. J’ai ainsi suggéré de réécrire certaines scènes, celle de l’échelle vers la fin et la grande scène de la passerelle qui s’effondre. Désirant la rendre la plus spectaculaire possible, je souhaitais qu’elle soit elle-même écrite comme un film dans le film, avec encore plusieurs niveaux de lecture et d’enjeux. Le fait amusant c’est que contrairement à ce qui se fait d’habitude, l’action est censée se situer en Europe de l’Est mais nous avons tourné dans les Alpes et les Pyrénées. D’habitude, les productions font croire que l’action se situe en France mais vont tourner dans des pays moins chers.

     

    Confier une part importante de l’action à de jeunes comédiens accomplissant eux-mêmes leurs cascades représentait-il un challenge énorme ?

    Je souhaitais que les comédiens soient le plus possible impliqués dans l’histoire et dans l’aventure. J’ai pensé que la meilleure méthode consistait à les placer véritablement au coeur de l’action, par exemple au milieu de la passerelle surplombant de vertigineux à-pics, sans aucun trucage. Pendant le casting, à chaque candidat, j’ai montré une photo de moi suspendu à un câble au-dessus de cette via ferrata en leur précisant qu’ils devraient accomplir la même chose, entourés d’une équipe compétente, mais sans tricherie possible. S’ils ne le sentaient pas, l’essai s’arrêtait là. C’était une condition sine qua non. Le vertige était prohibé pour les techniciens et les comédiens !

    Ils ont subi un entraînement physique pour tenir le choc, puis un entraînement sur les murs d’escalade à Paris pour vérifier leurs capacités à 18 mètres du sol. Et puis je les ai embarqués sur des via ferrata. Je me rappelle avoir emmené tous les comédiens un matin pour faire un pont de singe Ŕ un câble pour les pieds, un câble pour les mains, 140 mètres de vide en dessous. J’ai traversé en leur demandant de me suivre et j’ai récolté quelques regards noirs et des noms d’oiseaux ! Mais les impliquer à ce point donnait une grande crédibilité aux personnages. C’était pour eux quelque chose d’extrêmement difficile et psychologiquement et physiquement, mais le résultat se voit à l’image.

     

    Comment avez-vous choisi vos cinq comédiens ?

    Le choix de Fanny Valette pour le personnage de Chloé était extrêmement judicieux car elle est fragile au début et va progressivement se révéler très forte. Fanny porte cela en elle. Son personnage, Chloé, est doté d’un sacré tempérament, mais apparaît d’abord en retrait. Elle ne cesse de se révéler pour devenir une vraie combattante. Cela correspond un peu au tempérament de Fanny et il était très intéressant d’exploiter cet aspect de sa personnalité. Ce qu’elle a brillamment réussi !

    Raphaël Lenglet est le premier comédien que j’ai rencontré. Au tout premier regard, j’ai su qu’il serait Guillaume. Il a le charme de ce personnage amoureux et le charisme d’un héros qui s’ignore. Il s’est montré généreux tout au long du tournage. Il avait envie de faire un film de genre Ŕ style qu’il connaît bien et apprécie. Son travail au niveau de son rôle, son énorme connaissance au niveau du dialogue puisqu’il est lui-même auteur et scénariste font qu’il connaît très bien la structure dramatique et la manière de faire fonctionner un personnage. Tout cela lui a permis de jouer toutes les failles de Guillaume. Il a énormément apporté à son personnage mais aussi à ses partenaires sur le plan humain.

    Johan Libéreau et moi nous sommes tout de suite très bien entendus et j’ai immédiatement senti chez lui un besoin physique de faire ce film. Il a fait dix ans d’alpinisme et on sent qu’il adore la montagne. Il est parfaitement à l’aise sur une paroi, se pend par les pieds dans le vide et fait des chutes sans aucun souci. De ce fait, il était extrêmement intéressant pour lui de jouer le personnage le plus inexpérimenté du groupe. Cela lui permettait de donner libre cours à son excellent travail de comédien et d’habiter ce personnage. Il a réussi à désapprendre tout ce qu’il savait et a permis à tous les comédiens de s’impliquer au coeur de l’action. Il a motivé tout le monde. C’est lui qui encaisse le plus physiquement. Son envie de participer à ce film a été un moteur pour tous.

    Lorsque j’ai rencontré Nicolas Giraud, son approche du personnage de Fred était remarquablement précise et rejoignait parfaitement la mienne. Son charisme personnel correspond à celui de Fred, censé être celui qui s’y connaît le mieux en via ferrata, féru de montagne et d’escalade, vivant en harmonie avec la nature. Au début, Fred est ressenti comme le leader, mais sa disparition va tout remettre en cause. Sans lui, comment feront les autres pour s’en sortir ?

    Pour le personnage de Karine, je souhaitais une fille avec un côté garçon manqué qui puisse former un beau couple avec Nicolas Giraud. En rencontrant Maud Wyler, j’ai tout de suite senti qu’elle était du genre à retomber toujours sur ses pattes, même lâchée du septième étage ! Elle a l’énergie, la volonté, une grâce dans l’action. Cela correspondait parfaitement au personnage. De plus, avec son humour pince-sans-rire, elle apporte une petite touche de légèreté qui contrebalance bien les autres personnages.

     

    Vis-à-vis de la montagne, il y a une inversion entre les capacités des comédiens et celles de leurs personnages…

    Nicolas devait jouer celui qui s’y connaît le mieux. Il s’est donc énormément impliqué physiquement, s’entraînant musculairement pendant plus de trois mois à Paris pour devenir très sec puis, une semaine avant le début du tournage, sur les lieux du tournage avec des guides pour gravir les pentes qu’il devait escalader dans le film. Au début, il stressait, mais à la fin, il allait seul sur des via ferrata, emmenant même sa compagne !

    7 A l’inverse, le personnage de Loïc a beaucoup de scènes d’action avec des chutes dans le vide et il était impossible de demander à un acteur souffrant du vertige de les exécuter. Pour avoir la capacité de jouer la peur sans en être victime, il fallait toute l’expérience de Johan Libéreau.

     

    Qu’est-ce que ce film représente pour vous ?

    Ce fut une expérience riche en émotions. Humainement, il y a eu des moments complexes mais toujours forts. L’idée de placer les comédiens dans des situations extrêmes était un parti pris risqué mais cela servait l’histoire. Leur talent est venu se conjuguer à leurs efforts. Dans VERTIGE, il y a la montagne, de l’action, de la peur, du suspense, mais il y a surtout leurs regards, leurs gestes, et cette alliance-là me plaît !

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