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Le Silence des ombres - Anecdotes

Film (non sorti en salles françaises) réalisé par Björn Stein et Måns Mårlind. Etats-Unis d'Amérique


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Anecdotes de Le Silence des ombres

  • Interview du réalisateur Måns Mårlind


    Pouvez-vous vous présenter ?
    Je m'appelle Måns Mårlind, j'ai fait un film qui s'appelle Shelter, c'est un thriller surnaturel avec Julian Moore et Jonathan Rhys Meyers, c’est un film qui fait peur, c'est aussi un film qui fait réfléchir à propos de certaines choses. Ça se passe sur la côte Est de l'Amérique et cela parle de psychologie et de l'occulte.

    Vous n'avez pas écrit le scénario...
    Non.

    ...Qu'est-ce que vous en avez pensé lorsque vous avez lu le script ?
    À chaque fois que je lis un script, c'est toujours la même chose, j'essaie d'oublier que je lis un scénario et j'essaie de savoir comment ça se termine, il y a tellement de scripts dans lesquels tu peux savoir comment va se dérouler le troisième acte, qui va mourir, etc. Mais celui-ci avait vraiment quelque chose de bon. J'essayais de deviner en permanence.

    C'était la première chose, la seconde chose c'est que j'avais vraiment quelque chose à faire des personnages et ça, c'est très important ! J'ai vu beaucoup de films cette année dont les personnages étaient là seulement dans le but de se faire éliminer et justement, si tu ne t'intéresses pas aux personnages, tu t’en moques lorsqu’ils sont éliminés. Et là je sentais que je m’intéressais vraiment au personnage de Julianne Moore, à celui de son père, à sa famille… donc c’était l’une des raisons principales. Puis, il y a aussi cette troisième chose, le fait que l’action se déroule dans un endroit sauvage, à l’extérieur de Pittsburgh, - je ne me souviens plus du mot français- c’est un peu la campagne profonde, où les gens sont fous, à la white trash… et j'avais jamais vu un film avant qui traitait de l'occulte de cette façon et c'est ça qui m'a vraiment attiré.

    Immédiatement ?
    J'écris aussi moi-même et mon agent américain m'envoie des scripts. En ce moment c'est une période assez mauvaise, vraiment mauvaise, mais à l'époque où nous avons fait le film je recevais un à deux scripts à lire par semaine et la plupart étaient, je ne dirais pas de la merde, mais ils n'étaient pas faits pour moi. Faire un film est si difficile, ça te prend un an à faire, mais ça te prend trois ans de ta vie au final, c'est si dur, donc tu dois choisir intelligemment. Et celui-ci était un coup de foudre, et il y avait vraiment de très bons producteurs à bord. Donc nous lui avons demandé et nous lui avons présenté notre vision et voilà.

    Est-ce que ce film était une commande de la société Icon Pictures ou est-ce que la société est venue sur le projet seulement après ?
    non, Icon Pictures n'a strictement rien à voir avec la production, ils sont juste distributeurs et n'ont rien à voir avec la production, selon moi ils ne s'occupent que de la distribution pour l'Angleterre. Il y a eu beaucoup de différentes compagnies impliquées sur ce film.
    Je pense qu'une fois que le film est fait, le réalisateur est totalement hors de tout ça, il n'a pas de contrôle là dessus, il ne faut donc pas le blâmer pour un poster ou une affiche, car lui n'y est pour rien… bien que j'ai essayé. Mais ça, c'est pour les films américains, car quand je fais un film suédois j'ai le contrôle total et je suis là jusqu'à la confection du DVD.

    Shelter image

    C'est justement le sujet de ma prochaine question. Vous êtes Suédois, vous avez fait Storm, et vous avez fait là votre premier film américain, quelles sont les différences dans le travail, les relations avec l’équipe, la liberté d'expression... qu'elles sont les différences ?
    Il y a beaucoup de niveaux de différences. Tout d'abord au niveau des bonnes choses, c'est très bien de tourner aux États-Unis parce qu'on a « beaucoup de muscles », de grosses équipes et surtout de très grands acteurs, les meilleurs du monde, ça c'est vraiment bon. Mais justement les équipes sont si grosses que cela peut être une mauvaise chose quand il s'agit de se déplacer rapidement. Ça, c'est une chose. L'autre chose qui est mauvaise aux États-Unis c'est qu'il y a beaucoup de politique, et tout le monde aux États-Unis a peur parce que tu peux te faire virer d'un claquement de doigts. Cette peur crée beaucoup de …

    Contraintes ?
    Des contraintes et des caprices. « Qu'est-ce que tu en penses ? », « Je pense qu’il est génial. » Ils ont tout le temps peur de perdre leur emploi chaque seconde. C'est l'une des différences avec l'Europe, car on n’a pas ça chez nous, nous on ne peut pas virer les gens comme ça, donc ici les gens peuvent dire ce qu'ils pensent et ça, je pense que c'est bien. Quand tu tournes aux États-Unis, le réalisateur est toujours le roi sur le plateau, je veux dire qu'on a entendu beaucoup d'horreurs, de pauvres réalisateurs européens dire qu'ils s'étaient fait avoir avec leur aventure Hollywoodienne. Ce n'est pas vrai. Pas sur le tournage, à moins que tu fasses mal ton travail. Mais le truc c’est au moment où tu rentres dans la chambre de montage, et là tu as devant toi tes douze bobines qui sont le « director's cut », ça c'est sacré, les producteurs n'ont pas le droit d'y toucher, et je pense que c'est stupide, car justement j'aimerais avoir un travail collaboratif avec les producteurs, mais ils sont comme ça très pointilleux, « ça, c'est à moi et ça, c'est à toi », et donc tout le monde s'attend à ce que tu sois un ennemi, ce n'est pas comme ça que moi je travaille. Donc voilà, tu as fait ton « director's cut », et là on peut te remercier, te dire « au revoir, maintenant on reprend les choses en mains »...

    C'est dans le contrat ?
    Oui, si tu te fais virer après avoir fait ton « director's cut », enfin, tu ne te fais pas vraiment virer puisque tu as rempli ton contrat… Dans notre cas nous sommes restés jusqu'au bout de la postproduction, car nous avions une bonne relation avec nos producteurs… Mais le montage a quand même été la phase la plus difficile pour moi, en tant que réalisateur européen, car justement j'avais cette habitude de diriger comme un réalisateur européen, et là quand j'ai assisté au montage des producteurs je n'avais pas mon mot à dire. Soudain il y a quelqu’un qui dit « non je pense qu’il faut virer cette scène » et  je disais « non il y a pas moyen ! » avant de réaliser que je n’avais pas le mot de la fin ici.  Et j’étais vraiment blessé parce que je ne leur ai jamais dit d’aller se faire voir et alors je devais travailler très dur pour argumenter… Enfin voilà, le « productor's cut » a mis cinq semaines à se faire et, tous les jours c'était la bataille perpétuelle…
    Je  reste plutôt content avec le montage des producteurs. Il y a deux plans qui ne sont pas dans le film qui me manque vraiment, ils étaient vraiment cool mais trop « arty » pour les producteurs.

    Vous pouvez les décrire ?
    Oui, alors c'étaient des plans assez simples, mais vraiment beaux, Julianne Moore et son père qui étaient flous et marchaient vers la caméra, pendant 8 ou 9 secondes et ils terminaient dans un plan de profil. On n’avait pas du tout touché à la mise au point. Et c’est la tout le sujet du film justement, mettre les choses au point. Voilà, pour moi ce plan symbolisait le film en entier. Ça je l'avais jamais vu dans un film, avant d'avoir vu « enter the void » bien sûr, parce que « enter the void » utilise aussi beaucoup de plans hors mise au point, voilà ça c'est l'un des plans.
    Vous avez vu « valhalla rising » ?


    Oui.
    Bien voilà, le sound design de ce film est vraiment ce que nous voulions faire pour Shelter, mais c'était trop arty pour les producteurs, ça les a effrayé, donc on a eu une musique de film plus classique, qui me plaît beaucoup, très jolie, mais ça n’a pas le même mordant qu’un truc dans l’esprit Nine Inch Nails-slash-Mogwaï…

    Shelter image 2

    Le film utilise deux manières complètement différentes de générer la peur. D'un côté, il y a son atmosphère étrange, dense, jouant sur l'ambiance, et d'un autre côté, il y a aussi tous les gimmicks horrifiques des années 90, le sound design violent, images subliminales, les « jump scares », pourquoi vous avez-vous mélangé ces deux aspects pour créer la peur ?
    La plupart des « jump shit » étaient en quelque sorte… Les producteurs sont vraiment très effrayés si les projections test sont mauvaises, donc ils veulent plus de « scares », parce que si tu as des « peurs » c'est un peu comme quand une fille montre ses seins, les gens vont êtres contents et ils vont réagir. Et c'est difficile, car lorsque tu montres ton film en projection test celui-ci n'est pas terminé, et donc tu montres un film qui n'est pas parfaitement sound designé et du coup les gens se disent que la scène est ennuyeuse, et oui bien sûr que vous la trouvez ennuyeuse puisqu'elle n'est pas encore terminée ! Donc voilà, tous les effets choc sont là pour faire sursauter les gens. Moi je crois plus en la vraie peur plutôt que faire « bouh ! » à quelqu'un.


    Et il y a les deux types de peur dans votre film. La première des peurs, le côté atmosphérique fonctionnent parfaitement... Alors pourquoi avoir ajouté…
    C’est parce qu’on nous l’a imposé… Il y a cette scène près de la rivière, où elle regarde et qu'elle se retourne et voit quelqu'un derrière, c'est de la peur qui fonctionne pour moi, ce n'est pas de la fausse peur, ce n'est pas un « bouh! ».


    Oui, mais avec le son qui vient au moment exact où le personnage surgit, c'est peut-être trop explicite ?
    Peut-être, je ne sais pas, j'ai toujours aimé dire que « trop c'est toujours mieux que pas assez ».


    Une question sur les thématiques. La religion est le thème principal du film. Les personnages qui meurent sont ceux qui ont perdu la foi. Que voulez-vous nous dire par là ?
    Je ne veux pas trop dévoiler l'histoire, parce que ça fait partie de l'énigme justement. Pour moi, qui suis un non-croyant, mais qui porte un intérêt dans la religion...


    Pour moi, le message du film est notamment qu'il faut toujours garder un esprit ouvert. C'est ce que ne fait pas le personnage de Julianne Moore dans le film. Elle est très étroite d'esprit, elle peut voir les choses que de son point de vue professionnel et selon sa psychologie à elle, c'est ce qui explique ce qui lui arrive, car elle est étroite d'esprit…


    Pouvez-vous nous parler de vos projets ?
    J'en ai quatre. Vous en avez besoin, car vous ne savez jamais... J'ai deux projets que j'ai écrits moi même, l'un qui se déroule en Afrique du Sud et l'autre en Louisianne. Ce sont des films américains, les deux sont co-réalisés avec Björn Stein, mon partenaire. On n'a pas encore de greenlights ni rien, on bosse juste très dur sur chacun pour qu’ils aboutissent. Mais les temps sont difficiles en ce moment. Très difficiles.

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