75.OOO pixels viennent d'être aspirés dans un trou noir !
Le futur sera peut-être différent mais sur cette planète nous vivons encore grâce à la publicité.
Astuce N°3 : Un peu de fantasy ! Désactivez votre Adblock pour notre domaine et nous revivrons comme par magie !
On vous aime et nous vous souhaitons une bonne lecture. "Longue vie et prospérité !"

Critique du livre : Créer un conte de fées pour une époque troublée [2018], par Nathalie Z.

Avis critique rédigé par Nathalie Z. le lundi 10 septembre 2018 à 14h00

Un superbe ouvrage pour fan de cinéma fantastique !

A six ans, un dimanche, le jeune Guillermo découvre à la télévision une créature étrange qui tombe sous la charme de la gracieuse Julie Adams dans son maillot blanc. La poésie des monstres, l'amour interdit et impossible. Guillermo Del Toro a gardé l'espoir en tête qu'un jour la créature du lac noir et la jeune femme pourrait s'aimer. Véritable injusticee cinématographique pour lui, il a fini par réaliser ce rêve de tourner un film de science-fiction où cette romance aurait sa place. Il avait déjà tenté l'expérience avec Abe Sapiens dans son adapation d'Hellboy mais n'était pas satisfait. Dans La Forme de l'Eau, il crée une romance étrange, parfois dérangeante mais très belle et pleine d'espoir. Les sans-voix, les étrangers, les monstres sont les personnages qu'affectionnent le réalisateur et ce film leur rend hommage.

Je n'ai pas été convaincue à ma sortie de la salle de cinéma, j'aime le cinéma de ce réalisateur mais l'oeuvre me semblait un peu mièvre. Pourtant j'avais trouvé le film très esthétique et son ambiance immersive. En août, les éditions Akileos, spécialistes des beaux livres sur le cinéma ont sorti cet ouvrage et m'ont donné envie de replonger dans ce conte de fée particulier.

Me voici donc ce beau livre entre les mains, du format 240x290, une couverture embossée avec vernis sélectif. L'objet est luxueux, la préface du réalisateur émouvante, et dès l'avant-prpos un insert de croquis et note du réal me donne l'impression de participer à son aventure créative. Akileos avait déjà sorti d'autres ouvrages making of dont certains sur Star Wars ou The Grand Budapest Hotel d'excellentes factures également. Voyons si le fond a la qualité de la forme.

La romance d'un homme-poisson et d'une femme de ménage muette dans le Baltimore des années 60 est un conte de fée romantique moderne, mais une histoire pas si facile à raconter. C'est en 2011 pendant l'écriture de Trollhunters qu'il a son idée initiale : Un concierge qui bosse dans un complexe gouvernemental et qui se lie d'amitié avec une sorte de Gill-man (nom de la créature du lac). Del Toro entame alors son blockbuster de 2013, Pacific Rim (Quand on vous dit qu'il aime les gros monstres) et dans son temps libre, peaufine son histoire : il voulait trouver la pire période pour tomber amoureux. Les années 60 en Amérique, ce sont des mouvements sociaux violents, une tension palpable avec la Russie, la haine de toutes parts. Il travaille son scénario pendant deux ans aidée par une des scénaristes du  Trône de Fer. Il veut créer un monde splendide pour cette héroine insignifiante et tout en bas de l'échelle sociale. L'amour n'a pas de forme et l'eau est au centre du film, rendre cette idée au cinéma est une gageure. Un travail créatif attend toute l'équipe du film.

Elisa une héroïne muette et pleine d'espoir

Le livre commence par développer les personnages de cette histoire. Background du personnage, psychologie, enjeux, évolution, costume et anecdotes de tournage : les informations sont nombreuses, le style est fluide et facile à lire, on apprécie à sa juste valeur le boulot d'écriture qu'il y a derrière. Le personnage de Zelda Fuller est particulièrement attachant, elle est drôle, à l'image de son époque aussi. Octavia Fuller, l'actrice avait déjà montrer sa répartie et sa présence dans les Figures de l'ombre où elle interprétait une des mathématiciennes afro-américaines employées par la NASA. Est fournie en insert sa "fiche de perso", sa biographie écrites par Del Toro et c'est hallucinant de voir tous les détails de sa vie imaginaire qui ont été pensés. Richard Strickland, lui, « le méchant de notre histoire », est magnifiquement interprété par Michael Shannon qui est détestable à souhait, cruel, répugnant, sadiques… Un vrai méchant quoi !

Giles Dupont, un homme vestige du passé, témoin de cette histoire et ami de l’héroïne

Mais parlons de la créature car même si la performance de l’actrice principale, qui fait passer ses émotions sans parler est bonne, Doug Jones (Star Trek Discovery) n’est pas en reste avec son jeu et sa prestance. Il incarne cette créature avec grâce et noblesse et cela malgré un aspect au premier abord dérangeant. L’historique de la conception de la créature est très intéressant : de la maquette à la sculpture, on découvre l’importance des yeux de ce visage qui sera dès lors très expressif simplement par son regard. Une anecdote m’a fait sourire, malgré son aspect étrange, Del Toro voulait que la créature ait du sex appeal. Il a donc demandé à sa femme si les fesses de celle-ci étaient suffisamment sexy ! Trois ans pour faire naître ce monstre aimable. Les visuels sont bluffants de précision, elle semble réelle !

Cette partie passionnera les fans de Sf et de monstres, on y voit le détail de la tenue, la conception d’un costume assez impressionnant ; le maquillage et le choix réfléchi des couleurs et on appréciera le peu de CGI (sauf évidement pour les scènes aquatiques) qui permettra sans doute au film de bien vieillir. Beaucoup de spectateurs ne réalisent pas l’immense travail qui est derrière ce film, et derrière beaucoup de film de genre et cet ouvrage leur fait honneur.

Les décors ont droit à leur chapitre et les visuels parlent d’eux-mêmes : l’esthétique est vraiment le point fort du film. Glauques parfois, intimes d’autre fois, ils sont dans les teintes et l’esprit du réalisateur. Le concept de l’unité de confinement de la créature est également réussi et réaliste avec son côté soudure de sous-marin. Voitures de l’époque, imagerie de l’espion russe, tartes gourmandes chaque détail vous ai dévoilé ici. Ce livre se dévore avec les yeux et se lit avec plaisir quand on est fan de cinéma fantastique et même fan de cinéma tout court. Un livre finalement pas simplement réservé aux afficionados du film.

Guillermo Del Toro souhaitait réaliser un conte fantastique et universel, cet ouvrage vous permettra de le décoder.

La conclusion de à propos du Livre : Créer un conte de fées pour une époque troublée [2018]

Nathalie Z.
87

Créer un conte de fée pour une époque troublée... Peu de réalisateurs pouvait le faire et Guillermo Del Toro en fait partie. Onirique, envoûtante, sa romance inspirée de L'Etrange Creature du lac noir, était un chef d'oeuvre esthétique à défaut d'être son meilleur film. Et là est le point fort de cet ouvrage magnifiquement édité : même si vous n'avez pas apprécié le film, plonger dans ses coulisses est un régal. On découvre tant de détails sur la conception de la créature, des décors, de l'écriture des personnages... qu'on a l'impression de partager cette aventure. Les textes sont bien écrits, les anecdotes nombreuses et les inserts immersifs. Un beau livre à 35 euros qui ravira les fans de cinéma fantastique. 

Que faut-il en retenir ?

  • Des inserts immersifs et des photographies de grandes qualités
  • Une approche passionnante de la conception cinématographique d'un film fantastique
  • Le chapitre sur l'écriture des personnages

Que faut-il oublier ?

  • S'adresse surtout au fan du réalisateur et de films fantastiques

Acheter le Livre La Forme de l'Eau : Créer un conte de fées pour une époque troublée [2018] en un clic

Nous vous proposons de comparer les prix et les versions de La Forme de l'Eau : Créer un conte de fées pour une époque troublée [2018] sur Amazon, site de vente en ligne dans lequel vous pouvez avoir confiance.

Retrouvez les annonces de nos dernières critiques sur les réseaux sociaux

Sur Facebook | Sur Twitter | Sur Google+

Les autres critiques de La Forme de l'Eau