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Critique du Roman : Nemrod
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Critique du Roman : Nemrod

Avis critique rédigé par Nathalie Z. le dimanche 3 décembre 2017 à 09:00

Un livre monde aux dimensions galactiques !

Quand j'ai pris ce roman dans les mains, la couverture m'a surprise : très esthétique, elle revêt des couleurs chaudes, rouges orangées. Pour une thématique spatiale, c'est particulier : le space opéra s'accompagne souvent de couleurs froides, de bleus, de violets. Intriguant me suis-je dit, un peu comme le titre. Nemrod, ça m'évoque le Nimrod de l'Ancien testament, ce héros, descendant de Noé, qui devient le premier roi après le Déluge. Nemrod, autre écriture de ce nom, est devenu ensuite une expression désignant un excellent chasseur ne se contentant pas de peu de gibiers. Jules Verne ou encore Alexandre Dumas faisaient usage de cette expression. Je n'ai pas encore entamé la lecture que déjà des questions surgissent sur l'ouvrage. Allons, lisons !

Le roman fort de plus de 500 pages, est découpé en trois parties et s'accompagnent de références bibliographies des citations utilisées en ouverture de chapitre. Avant de commencer chaque chapitre, des écrits, imaginaires ou tirés du poème d'un illustre auteur (je vous laisse le découvrir), éclairent sur cet univers dense et riche crée par l'auteur.

L'histoire s'ouvre sur la vie de Tjasse, un garçon en train de sécher les cours pour errer dans la nature de l'exoplanète sur laquelle il a toujours vécu. Sa planète semble arriérée technologiquement, ou du moins présenter une vie simple, dans une société assez théocratiquse. Mais progressivement, des éléments viennent montrer qu'il y a bien des usages technologiques, pas forcément où l'on croit. Le chapitre suivant se déroule dans une toute autre ambiance. Nous y faisons connaissance avec Czar Santo, un détective privé constamment connecté vivant sur une planète urbaine plus proche d'un cyberpunk, qui se réveille dans son lit sans la femme qui l'y a pourtant accompagnée la veille. Enfin, un troisième personnage nous est présenté lors du troisième chapitre, une femme soldat, Giana Miracle, dont la vie ressemble à un mélange entre Starship Troopers (pour la vie de caserne) et les joyeuses pérégrinations d'un space marine dans Warhammer 40 000. Trois personnages, trois ambiances, trois aspects d'un même univers, vaste et complexe.

En effet, les humains ont depuis longtemps abandonné la Terre, affectueusement appelé Mère Nourricière : une catastrophe, une guerre nucléaire peut-être, a rendu impossible la vie et les humains se sont alors dispersés dans les étoiles. Des vaisseaux d'ensemencement sont partis explorer le cosmos à la recherche de potentiels lieux de vie. Sur chaque planète, des humains ont été génétiquement modifiés pour s'adapter, les terraformations étant très longues et coûteuses. Cette phase d'expansion est longue de moult cycles et progressivement, fugitivement à travers les chapitres, l'auteur nous dévoile les difficultés et les conséquences de cette période. La Convergence et sa révolution technologique vont changer la donne, voyage spatial extrêmement efficace grâce notamment aux trous de Langevin, terraformation plus rapide.... Les humains développent une civilisation à l'échelle galactique, unifiée dans la croyance en un Dieu Cao Dai, gouvernée depuis la lointaine planète Antiterra. Les humains ne sont plus seuls, en effet, à part quelques "vrais nés", humains non modifiés, les Variants, génétiquement adaptés, sont très nombreux. Et ces humains, tous très différents les uns des autres, coexistent avec les Intelligences Artificielles, dont certains ont forme humanoïdes, les Sentients. Ces IAs sont les gardiens des savoirs et de la mémoire de la civilisation.

Sans en dévoiler plus de l'intrigue ou de l'univers qui, bien que très cohérent, est trop complexe pour être totalement décrit ici, l'idée générale est que des personnages qui n'avaient aucune raison de se croiser vont, à leur échelle, participer au plus grand affrontement que l'humanité ait connu. Aux confins de l'empire galactique, un Adversaire est apparu, dévorant toute vie sur son passage. Son pouvoir d'anéantissement semble infini et même les IA de l'Axiomatique (le nec plus ultra des IA) ne semblent plus capables de comprendre la situation ni de prévoir l'avenir. Cette situation plonge la communauté dans le chaos : guerre interne, révolte... Giana luttera alors pour rétablir l'ordre dans le sang, Czar pour comprendre dans les méandres des secrets enfouis et Tjasse perdra tout pour accomplir son destin.

J'ai beaucoup aimé la partie consacré à Tjasse, le personnage est attachant, un peu naïf et subit clairement le monde qui l'entoure. L'enquête de Czar a des côtés polar très agréables, à la façon d'un Blade Runner romantique, et permet d'en découvrir plus sur ce monde ; l'épopée de Giana, elle,  est plus centrée sur les conséquences des choix humains sur les différents mondes et la vitesse à laquelle la violence devient la réponse. Mention spéciale à Booz, l'IA implantée dans le cerveau de Czar, qui apporte de la légèreté et de l'humour par les dialogues partagés avec son propriétaire ! Ces passages détendent un peu l'atmosphère !

L'histoire du roman, somme toute plutôt classique, est portée par cet univers de science-fiction bien française : la langue parlée est issue du françai (et la raison est évoquée dans le livre), on retrouve des références à la Révolution et au Directoire (Czar est vidocq, logique pour un enquêteur, le clergé est un digne descendant de notre Ancien Régime). Parallèlement, cette civilisation emprunte aussi à l'Empire romain par ses titres : tribun par exemple ou le limes qui représente la frontière avec l'inconnu. Cela donne un mélange efficace de termes connus avec un vocabulaire rempli de néologismes (omnicom, rotolift, voicekampf, primoparent...) crées par l'auteur pour mettre en place la partie technologique de cette civilisation. J'ai adoré ce choix qui m'a rappelé ce que l'on fait en jeu de rôle pour plonger dans l'univers avec un vocabulaire typique au jeu choisi. Le souci, c'est que ça fait beaucoup à assimiler et complexifie la lecture pour des lecteurs non habitués à la hard science. Les descriptions ponctuent les chapitres et aident à visualiser cet univers, les informations très nombreuses sont distillées progressivement et en refermant l'ouvrage on se dit que cet univers est si riche qu'il aurait mérité une saga.

Le roman est rempli de référence notamment à Lovecraft (on peut se délecter de filet de shub-Niggurath, mais attention c'est épicé), à Frank Herbert (et donc à Dune), à Hypérion aussi (de Dan Simmons) et les actions des IAs m'ont aussi rappelé La Stratégie Ender. On sent l'auteur passionné de science-fiction. C'est son livre monde et son monde est réussi par sa diversité, sa richesse et sa cohérence.

L'univers m'a donc émerveillée, mais le roman laissé sur ma faim, notamment à cause de son dénouement frustrant. Si on entre facilement dans l’œuvre, on peut avoir l'impression en milieu d'ouvrage que les personnages principaux sont un peu baladés de lieux en lieux, et la fin, si elle est bien écrite, ne me suffit pas. Je me pose encore des questions sur cet adversaire, j'ai envie de savoir comment va évoluer l'univers après ces péripéties.  Espérons qu'Olivier Bérenval ne laisse pas son univers de côté et le fasse reprendre vie un jour dans un autre roman.

83

Nemrod est un roman monde très dense et complexe, du space opéra français comme on en a trop peu. Les éditions Mnémos ont ainsi fait un beau travail d'édition, avec une couverture originale très réussie. L'intrigue du roman est classique mais le fond est d'une grande érudition. Les fans du genre ne pourront passer à côté !

Critique de publiée le 3 décembre 2017.

Que faut-il en retenir ?

  • Un univers cohérent très riche et original
  • De la vraie science fiction française
  • Une des plus belles couvertures de science-fiction

Que faut-il oublier ?

  • Une intrigue classique
  • Une lecture assez complexe pour entrer dans le genre science-fiction

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