Critique Justice League #1 [2017]

Avis critique rédigé par Vincent L. le jeudi 16 novembre 2017 à 19h00

L'agence tout risque...

La genèse du DC Extended Universe se sera donc fait dans la douleur... Et pourtant, les choses s'étaient plutôt bien amorcées lorsque Man of Steel sortit en 2013. La volonté de Warner était alors de proposer une alternative aux films de son concurrent direct, et, pour ce faire, les choses avaient été envisagées avec une certaine ambition : un réalisateur talenteux à la barre (Zack Snyder), un producteur respecté (Christopher Nolan), un scénariste capable du meilleur (David S. Goyer) et un casting aux petits oignons. Si Man of Steel n'était objectivement pas exempt de défauts, il proposait tout de même un spectacle de qualité, épique par moment, traversé par une certaine noirceur et mis en valeur par un travail esthétique digne de ce nom.

Quatre ans plus tard, Christopher Nolan a été remplacé par Geoff Johns (scénariste sur les séries TV Arrow ou Flash), David S. Goyer a cédé sa place au scénariste star de l'écurie d'en face (Joss Whedon), et Zack Snyder, officiellement crédité comme réalisateur, a quitté le navire avant la fin (remplacé, là aussi, par le réalisateur star de l'écurie d'en face, Joss Whedon). Entre temps, le DC Extended Universe se sera cherché une identité au travers de quatre films de qualité variable, du très correct (Batman v Superman, notamment en version longue) à la grosse purge (Suicide Squad) en passant par le film pop-corn sans personnalité (Wonder Woman). Ce dernier ayant le plus fait l'unanimité (publique comme critique), Warner décida d'en dupliquer la formule lorsqu'il s'est agit de finaliser Justice League.

Comme on pouvait s'y attendre au vu de ce processus de production plus que chaotique, Justice League a toutes les caractéristiques d'un grand film malade. On sent bien, à la base, qu'il y avait une vision : celle d'un grand film épique plongé dans une atmosphère dark. Et on se rend bien compte, à l'arrivée, que cette ambition a progressivement été modifiée pour aboutir à un film pop-corn privilégiant l'humour et le fun. Au final, ces deux partis-pris cohabitent donc dans le même film, mais sans jamais réussir à s'associer, un peu comme si on avait monté deux longs-métrages fondamentalement différents en un seul. Du coup, c'est bien simple, quand on prend Justice League dans sa globalité, ça ne ressemble à rien car les deux directions qui ont dominé sa fabrication s'excluent constamment l'un et l'autre.

Ainsi, chaque fois que l'on sent poindre un début de noirceur une blague vient forcément le désamorcer. Et si la photographie se veut désormais plus réaliste, le film se termine tout de même dans un gloubi-boulga numérique sur fond de ciel rouge. L'impression ressentie est d'autant plus étrange qu'indépendamment l'un de l'autre, les deux films qui constituent Justice League ne seraient pas nécessairement mauvais : le long-métrage n'est pas avare en plans iconiques, les scènes d'action sont plutôt bien réalisées, les dialogues peuvent être plutôt drôles. Le problème, c'est simplement que rien ne s'accorde. Imaginez à quoi aurait pu ressembler le résultat si quelqu'un avait eu l'idée de génie de monter le Batman de Tim Burton et le Batman de Christopher Nolan pour n'en faire un seul film...

Il faut également reconnaître que le scénario n'aide pas à faire illusion. Outre le fait qu'on a déjà vu une histoire comme ça des centaines de fois avant (encore un méchant qui veut détruire le monde « parrrccceee qqquueee !!!! »), rien ne tient vraiment la route dans le déroulé, les raccourcis scénaristiques sont légion, tout va beaucoup trop vite et l'intrigue secondaire autour de Superman plombe le rythme du long-métrage pour pas grand chose. On regrettera également que les thématiques autour des surhommes (au coeur de Man of Steel et Batman v Superman) aient été abandonnées. Le tout manque enfin sérieusement d'enjeux, la menace représentée par ce méchant en carton n'étant jamais vraiment crédible (il faut dire que Steppenwolf, dans le film, est quand même l'adversaire le moins puissant jamais croisé dans un film du DCEU).

Techniquement, Justice League s'avère plutôt médiocre : la photographie manque sérieusement de personnalité (par rapport aux précédents films, on revient désormais à des couleurs plus ordinaires), les CGI sont franchement moches (mention spéciale au méchant bien dégueulasse, ou à la dernière partie qui est une insulte permanence au bon goût) et la musique de Danny Elfman n'a rien de mémorable. Niveau casting, les comédiens font tous leur job, mais sans grand génie : s'il n'y a pas vraiment de fausse note, on ne peut pas non plus crier au génie (à leur décharge, il n'ont pas grand chose à jouer) : Ben Affleck fait la gueule, Gal Gadot est charmante, Ezra Miller est rigolo,... Dans le lot, seul Jason Momoa parvient à s'extraire du lot en faisant preuve d'un vrai charisme dans le rôle d'Aquaman. Tout cela est finalement plutôt raccord avec ce que cherche à être le film : un produit suffisamment dénué de personnalité pour espérer froisser le moins de monde possible et engranger le plus de billets verts... Pas sur que les choses soient si simples que ça...

La conclusion de à propos du Film : Justice League #1 [2017]

Auteur Vincent L.
40

Le DC Extended Universe se cherche encore et toujours, et plutôt que de laisser son réalisateur aller jusqu'au bout de sa vision, Warner a simplement décidé de saboter les choses pour aboutir au produit le plus consensuel possible. Il y a donc deux films Justice League, pas forcément mauvais, mais complètement incompatibles entre eux. Il en résulte un long-métrage qui, à force de vouloir jouer sur les tableaux, ne parvient jamais à convaincre. Ce n'est certes pas la catastrophe de Suicide Squad, mais ça n'en est pas une réussite pour autant...

On a aimé

  • Des scènes d'action bien réalisées,
  • Des dialogues plutôt funs,

On a moins bien aimé

  • Deux films en un, qui s'excluent mutuellement,
  • Un scénario franchement minable,
  • Techniquement très médiocre.

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