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Critique du Film : Ghost in the Shell
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Critique du Film : Ghost in the Shell

Avis critique rédigé par Bastien L. le vendredi 7 avril 2017 à 10:11

Une magnifique coquille manquant un peu d'esprit

Critique de la version 2D.

Avec Akira, Ghost in the shell est une des œuvres de science-fiction de l'animation japonaise les plus connues par le public occidental. Une référence qui explique pour beaucoup cette adaptation en prises de vue réelles de la part de Hollywood.

Ghost in the shell est un manga cyberpunk créé par Masamune Shirow en 1989 où l'on suit les aventures d'un cyborg ayant intégré une cellule antiterroriste. L'oeuvre propose alors une plongée au cœur d'un monde futuriste, des modifications/augmentations biotechnologiques, des complots étatiques comme industriels et des inévitables androïdes rêvant de moutons électriques (mais surtout à la recherche de leur passé). Cette œuvre majeure fut une première fois adaptée en 1995 dans le film d'animation éponyme réalisé par Mamoru Oshii. Cette adaptation est incontestablement la plus connue de la licence et explique, bien plus que le manga, cette adaptation de 2017. Suivront une suite, Innocence, plébiscitée elle-aussi, mais aussi une série animée et une nouvelle adaptation en 2015 pour ne citer que les projets les plus connus...

En 2008, Dreamworks, par le biais de Steven Spielberg, rachète les droits d'adaptation. L'adaptation va prendre son temps avant que le projet soit confié au réalisateur Rupert Sanders en 2014. Le film se finalise autour du distributeur Paramount, de DreamWorks et de plusieurs studios de production asiatiques, avec l'expérimenté producteur Avi Arad (ancien responsable des adaptations Marvel) pour coordonner l'ensemble. Rupert Sanders, connu pour le très efficace Blanche Neige et le chasseur, trouve ici un nouveau moyen d'exprimer sa créativité. Le casting connait quant à lui de nombreux changements avant de se fixer autour de Scarlett Johansson, prolongeant ainsi sa filmographie SF/action après sa participation au Marvel Cinematic Universe et Lucy. Je tiens à signaler que le jeu des comparaisons avec le manga et les autres adaptations ne va pas pouvoir se faire ici puisque je n'ai rien lu ni vu de la licence avant ce film. Je sais, j'ai honte.

L'action du film se déroule dans un futur voulu proche dans une métropole tentaculaire où l'on assiste à la "naissance" du Major Mira Killian (Scarlett Johansson), une rescapée d'un acte terroriste dont on a sauvé le cerveau pour l'intégrer à un corps robotique. Cette prouesse réalisée par la société Hanka Robotics permet à un l'esprit (ghost) humain de survivre dans une coquille (shell) de métal. Une avancée technologique qui va servir pour des besoins militaires puisque Major devient un membre de la Section 9, une cellule anti-terrorisme dirigée par Daisuke Aramaki (Takeshi Kitano). Major fait donc partie d'une équipe dans laquelle se détache le colosse Batou (Pilou Asbaek) avec qui elle semble entretenir un semblant d'amitié alors qu'elle lutte constamment pour savoir si elle est toujours humaine. Lors d'une mission, la Section 9 découvre que des robots ont été piratés pour assassiner des scientifiques en lien avec Hanka. Notre héroïne et son équipe vont devoir faire la lumière sur cette affaire en enquêtant sur un dangereux terroriste capable de s'infiltrer dans n'importe quel réseau. Une mission périlleuse qui va voir le Major se rapprocher dangereusement de son passé et se poser beaucoup de questions sur son ennemi, mais aussi sur ses alliés... Le tout dans un monde assez sombre où la vie semble rude malgré une généralisation des augmentations biotechnologiques que les humains achètent pour améliorer des parties de leur corps, qu'il s'agisse des yeux, de la possibilités de se connecter à des machines ou d'avoir un "meilleur" foie pour mieux résister à l'alcool...

Le film de Rupert Sanders adapte non pas le manga, mais plus généralement la licence globale en prenant ses inspirations dans plusieurs œuvres estampillées Ghost in the shell, tout en apportant ses propres nouveautés. Quoiqu'il en soit, le travail d'adaptation est ici cohérent et loin d'être catastrophique comme ce fut le cas sur un Dragon Ball Evolution de triste mémoire, montrant qu'Hollywood peut adapter des fleurons de la culture nippone. La bonne nouvelle est aussi que Ghost in the Shell est un film sympathique pour celui qui ne connaît pas la licence. Le métrage dispose ainsi d'une histoire assez solide pour garder éveillé l'intérêt de chacun, tout en devant rester assez simple pour que le spectateur s'y plonge facilement. On a donc affaire à un techno-thriller qui d'un côté embrasse parfaitement son côté cyberpunk, et de l'autre s'appuie sur une trame assez simpliste. Le tout se suit donc avec plaisir, mais manque clairement d'ambition scénaristique car on sent que la production n'a pas voulu prendre de risques. Le film est ainsi très rythmé mais a du mal à gérer ses moments plus calmes avec des dialogues souvent maladroits et des scènes pas toujours bien justifiées. Mais cela n'enlève rien au plaisir avec lequel on plonge dans cet univers si particulier aux côtés de la Section 9 dont les personnages sont attachants. On aurait toutefois aimé une réflexion plus poussée sur ce qu'est l'humanité quand on est un androïde car ce qui est proposé ici est trop classique. On sent la volonté de citer Blade Runner par moment, mais on en est quand même très loin... Ghost in the Shell n'arrive pas à se départir de son côté blockbuster spectaculaire, même si on doute qu'il n'en ait jamais eu l'ambition.

La plus grande force du film devient ainsi sa direction artistique sublime et incroyablement cohérente. La métropole visitée offre de nombreuses variations, et le côté cosmopolite de l'ensemble, à tendance japonais, permet de plonger le spectateur dans un univers si proche mais si lointain. Les plans aériens de cette ville où des hologrammes géants s'affichent dans l'espace public sont saisissants. On apprécie aussi les nombreux êtres humains modifiés/augmentés que l'on croise. Le design le plus impressionnant reste évidemment celui du Major qui n'est que métal imitant à la perfection les traits humains. Les équipes des effets spéciaux du film ont réalisé de véritables prouesses et nous plongent pleinement dans ce futur proche. Le meilleur exemple est incontestablement la scène d'introduction qui montre la création du personnage principal nous offrant ainsi un cyberpunk doté d'une production haut de gamme ce qui est quand même assez rare sur nos écrans dernièrement. La direction artistique globale est au diapason avec un character design solide, des costumes cohérents et une musique très efficace composée par Clint Mansell et Lorne Balfe. Encore une fois, je suis bien incapable de dire ce qui est vraiment original et repris des autres déclinaisons de la licence mais le film a au moins le mérite de nous donner envie de découvrir ce qui a été fait précédemment. On sent quand même à travers ce métrage un véritable respect des œuvres originales notamment dans la direction artistique dont l'influence japonaise est bien palpable.

Si le film est aussi impressionnant visuellement, il le doit beaucoup à la mise en scène extrêmement stylisée de Rupert Sanders, qui démontre qu'il est un réalisateur maîtrisant parfaitement les techniques de mise en scène contenant de nombreux effets spéciaux. Il s'avère être ici bien plus qu'un yes man récitant ses gammes, concoctant des plans toujours bien travaillés qui sont parfois de magnifiques tableaux que les amoureux de SF dévorent des yeux. On sent une nouvelle fois l'influence du cinéma d'animation japonais dans la mise en scène qui n'hésite pas à faire prendre la pose à ses personnages avant (et après) des actions stupéfiantes tout en ayant une grande maîtrise du ralentis. Les différentes scènes d'action ne sont pas en tant que telles les plus incroyables que l'on ait vu au cinéma mais leur mise en scène leur donne un véritable cachet. On peut néanmoins trouver que le long-métrage est un peu trop propre tant l'action manque d'impacts physiques (si ce n'est à la fin) et surtout de nervosité. On a la sensation que l'adaptation a été quelque peu aseptisée et ne semble pas prendre de risques ce qui est dommage quand on voit les récents succès de Deadpool ou Logan, bien plus matures. Ghost in the shell s'y prêtait tellement... Une frilosité qui ne fait pas du métrage de Rupert Sanders un mauvais film mais qui en pâtit quand même. Scarlett Johansson (Lucy, Captain America : Civil War...) porte donc le film sur ses épaules et s'en sort haut la main réussit bien à donner toute sa froideur et son humanité afin de montrer l'évolution de son personnage. A ses côtés, on découvre avec plaisir un solide Pilou Asbaek (Lucy, Le trône de fer...) et évidement le grand Takeshi Kitano (Outrage, Battle Royale...) en chef implacable mais loyal de la Section 9. Le reste du casting est assez correct mélangeant des acteurs peu connus et d'autres plus confirmés même si Juliette Binoche (Le Patient Anglais, Godzilla...) semble un peu perdue et que Michael Pitt (Last Days, Broadwalk Empire...) fait du Michael Pitt...

72

Si la version hollywoodienne de Ghost in the Shell ne bénéficiera jamais de l'aura du manga original et de ses adaptations en animation, elle n'en reste pas moins un bon film. Une œuvre spectaculaire dans le sens d'une direction artistique bluffante et d'une mise en scène accrocheuse. Le casting solide nous plonge bien dans un univers très travaillé avec un rythme bien soutenu et de bonnes scènes d'action. Néanmoins le métrage manque cruellement d'audace se retrouvant trop aseptisé avec un scénario finalement trop simpliste pour du cyberpunk.​

Critique de publiée le 7 avril 2017.

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