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Critique du Film : A cure for life
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Critique du Film : A cure for life

Avis critique rédigé par Vincent L. le dimanche 19 février 2017 à 16:50

Dans l'abîme du temps...

Quatre ans après le gigantesque bide financier de Lone Ranger (bide, soit dit en passant, très injuste au regard de ses qualités), Gore Verbinski est de retour aux commandes d'un film plus petite envergure : A Cure for life. Un peu trop rapidement étiqueté comme simple yes-man à la solde du studio Disney (il est le réalisateur des trois premiers films de la saga Pirates des Caraïbes, donc de l'adaptation ciné d'une attraction), Verbinski n'en demeure pas pourtant pas moins l'un des réalisateurs hollywoodiens les plus talentueux et surprenants de sa génération. Sa filmographie alterne ainsi entre films de commande réussis (Pirates des Caraïbes 1 ou le pas si honteux Le Cercle), oeuvres personnelles complètement hors-normes (Rango, The Weather Man) et longs-métrages au croisement de ces deux extrêmes (Lone Ranger).

Doté d'un budget conséquent, bien que nettement plus modeste que pour ses précédents longs métrages (40 millions de dollars, soit moins d'un cinquième de Lone Ranger), A cure for life avait su titiller notre curiosité bien avant sa sortie grâce au soin visiblement apporté à toute son esthétique. Il bénéficiait également d'une qualité de plus en plus rare dans le cinéma américain contemporain : son originalité. Le film n'était en effet adapté de rien, n'était pas tiré d'une histoire vraie, n'était pas un reboot/remake/retcon (rayer la mention inutile) bref, proposait d'emmener le spectateur en territoire inconnu (une sensation renforcée par le fait que les divers trailers étaient intelligemment conçus, c'est à dire qu'ils ne racontaient pas tout le film). Et au final, A cure for life nous offre bel et bien tout ce qu'il nous promettait ! Champagne !

En terme de réalisation, le long-métrage est fabuleux de bout en bout. Gore Verbinski a toujours su comment composer des plans somptueux, et il n'a pas perdu la main. La composition des images, les valeurs de cadre, la mise en scène, tout est parfaitement maîtrisé du début à la fin : A cure for life s'impose comme l'un des films les plus plastiquement aboutis de ces dernières années, certains plans restant gravés dans la mémoire bien après la projection du film. La sensation est d'autant plus renforcée que la technique suit haut la main les ambitions du réalisateur : la photograhie de Bojan Bazelli est magnifique, les décors sont fabuleux, la musique est parfaitement minimaliste, les comédiens sont bons... Tout au plus pourra t'on regretter que quelques CGI soient peu convaincants, mais c'est finalement mineur et peu génant sur la durée.

Cette beauté formelle n'est pas qu'une coquetterie vide de sens : elle contribue à donner au film une atmosphère complètement hypnotisante. On va trouver là l'autre grande qualité du film : son ambiance très particulière qui s'inscrit entre un certain classicisme (une sensation renforcée par l'histoire racontée, très classique elle aussi) et quelque chose de bien particulier qui tend à donner au long-métrage toute sa tonalité. Dès les premières minutes, on est hapé et cela ne nous lâchera plus du tout jusqu'à la fin. On pourrait ici évoquer des références diverses (Roger Corman, Edgar Allan Poe, Howard Phillips Lovecraft), mais aucune n'est finalement surreprésentée dans le film, car A cure for life, en prenant le temps de correctement poser son ambiance, a su se trouver une identité au carrefour de chacune d'elle.

Si, au vu de ses grandes qualités, on pardonnera volontiers les divers défauts qui émaillent le film, il n'en demeure pas moins que A cure for life est loin d'être un film parfait. En premier lieu, on pourra noter que le métrage souffre de gros problèmes de narration. Cela n'est malheureusement pas étonnant, car il s'agit d'un problème récurrent chez Gore Verbinski : il n'arrive pas à correctement raconter une histoire, ses longs-métrages étant presque toujours trop longs. Il en va de même ici, car le film aurait facilement pu être amputé d'une petite demi-heure pour permettre à l'histoire de se développer sur un rythme mieux maîtrisé. C'est là tout le paradoxe de A cure for life : toutes les scènes ont un intérêt visuel indéniable, mais toutes ne sont pas utiles du strict point de vue de la narration.

Beaucoup plus génant, un grand nombre de décisions du personnage principal ne servent qu'à justifier la présence de certaines scènes graphiques (entendez par là qu'elles n'ont pas d'intérêt par rapport à la progression de l'histoire racontée). Cela rend le comportement du héros complètement incohérent d'une séquence à l'autre, et, parce qu'on ne comprend pas toujours l'intérêt de ce qu'il fait, on finit par avoir du mal à s'attacher à lui. Malgré sa prestation très correcte, Dane DeHaan ne peut finalement rien y faire. C'est d'autant plus dommage que certaines de ces séquences sont parfois marquantes et très réussies (la scène de la dent, très surprenante dans une production de cette envergure), il aurait simplement fallu que le scénario les intègre un peu mieux car ici, on sent qu'elles ont été introduites aux forceps.

75

De retour après l'échec financier de son Lone Ranger, Gore Verbinski rappelle a quel point il est l'un des cinéastes hollywoodiens les plus passionnants de sa génération. A cure for life est ainsi un film formellement maîtrisé de bout en bout qui, cerise sur le gateau, n'est adapté de rien du tout. Rien qu'en cela, le film est déjà une expérience cinématographique extrêmement plaisante. Alors on lui pardonnera bien volontiers ses faiblesses narratives pour avant tout retenir son ambiance parfaitement entretenue, son histoire classique mais solide, son casting ainsi que les nombreuses fulgurances qui le parsèment de bout en bout.

Critique de publiée le 19 février 2017.

Que faut-il en retenir ?

  • Mise en scène somptueuse,
  • Une excellente ambiance,
  • Le classicisme élégant de l'histoire,
  • Techniquement très abouti.

Que faut-il oublier ?

  • De grosses faiblesses narratives,
  • Un personnage principal peu cohérent.

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