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Critique du Jeu de rôle : Plenilunio
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Critique du Jeu de rôle : Plenilunio

Avis critique rédigé par Vincent L. le vendredi 18 novembre 2016 à 1437

Le seigneur des anus...

Nouvelle pierre du projet cross-media Malefic Time de Luis Royo et Romulo Royo, le jeu de rôle Plenilunio arrive en boutique sous l'égide des Editions Sans Détour, dépositaires de la licence pour le marché français. Pour rappel, cette saga suit la destinée de Luz, survivante d'un monde apocalyptique qui va se retrouver dans une position de pierre angulaire lors d'un conflit entre anges et démons. Initiée par un roman graphique (Apocalypse), l'histoire racontée nous avait à l'époque de sa sortie séduit par ses qualités graphiques (le trait de Luis Royo y était, comme d'habitude, remarquable), mais nous avait laissé nettement plus circonspect sur le fond (style d'écriture de Romulo Royo, scénario relativement kitch). Dans les faits, Malefic Time ressemblait donc plus à un écrin destiné à mettre en valeur le travail du célèbre dessinateur espagnol qu'à une création censée développer une véritable oeuvre narrative.

Voir arriver un jeu de rôle basé sur cet univers n'avait donc, a priori, rien de franchement excitant. On ne voyait pas vraiment quoi retirer de l'univers développé par Romulo Royo (qui, disons le, n'est quasiment constitué que de clichés), et la place importante de l'héroïne dans l'histoire racontée semblait suffisamment écrasante pour que des Personnages-Joueurs n'aient rien à faire d'autre que de jouer les figurants (un travers inhérent à un grand nombre d'adaptations ludiques ceci dit). Si la forme promettait, une nouvelle fois, d'être à la hauteur des attentes (Luis Royo étant associé au projet), le fond suscitait quant à lui nombre de questionnements. Plenilunio était donc plus un objet de curiosité qu'une véritable attente, mais avouons qu'il n'en fallait pas beaucoup pour convaincre les rolistes que nous sommes d'aller fouler du pied cet univers à l'ambiance très particulière. Mais au final, nos doutes s'avèrent malheureusement fondés, car si le résultat n'est clairement pas dénué de qualité, il n'en demeure pas moins bancal sur un grand nombre de points.

« Plenilunio ressemble en effet à une série B : tout y est tellement léger et simpliste en terme de profondeur qu'il est difficile de passer outre les côtés kitchs de l'univers. »


L'univers est un peu plus développé que dans les romans graphiques, mais juste un peu... N'y allons pas par quatre chemins, ça ne cassait déjà pas des briques dans Apocalypse, c'est à peine mieux ici. Plenilunio ressemble en effet à une série B : tout y est tellement léger et simpliste en terme de profondeur qu'il est difficile de passer outre ses côtés kitchs. Le mélange des genres entre science-fiction, fantastique, fantasy et post-apo n'est malheureusement jamais consolidé et ne crée pas vraiment d'univers cohérent. Du coup, si le background proposé est en soit suffisant pour faire du one-shot, il s'avère trop peu développé pour envisager le jeu sur un format campagne. On pourrait bien sur compter sur de futurs suppléments pour donner du corps à l'univers, mais le jeu ne possède, en version originale, qu'un seul supplément qui semble à priori trop léger pour véritablement corriger ce problème.

En terme de mécaniques, ce n'est pas non plus l'extase. Si le système en lui même est simple (presque dépouillé), il s'avère à l'utilisation bien peu convaincant. La difficulté gérée par des jets de dés est ainsi assez pénible à mettre en place (on passe son temps à jeter des dés, ce qui casse la fluidité de la partie), et introduit en plus dans le travail du maître de jeu un aspect aléatoire complètement déconnant (une même situation pourra en effet complètement varier du tout au tout en terme de difficulté en fonction de la chance/malchance du MJ). Si on joue à Plenilunio en suivant les règles, il est en effet impossible de prévoir quoi que ce soit en terme de narration tant le système souffre de ce côté random (bien souvent, les dés ne servent donc qu'à faire du bruit derrière le paravent, preuve que cela ne fonctionne pas). C'est dommage, car le côté light du système en faisait une bonne clé d'entrée pour les débutants, qui pouvaient se concentrer sur l'histoire sans avoir à assimiler des tonnes d'options plus ou moins pertinentes.


C'est d'ailleurs l'une des grandes qualités de Plenilunio que de savoir s'adresser aux néophytes. On sent en effet que le jeu a été pensé pour faire découvrir le jeu de rôle aux fans des romans graphiques (et par extension du travail de Luis Royo). A ce niveau, on pourrait d'ailleurs convertir nombre de reproches en qualités : l'univers est simpliste ? Oui, mais il est aisément accessible. Les règles sont bancales ? Certes, mais elles sont faciles à assimiler. Tout le livre de base est visiblement conçu dans ce but : plein de conseils pour le meneur, rempli d'outils pour créer ses aventures, avec un scénario d'introduction et un squelette de campagne (cinq synopsis à développer). Par bien des aspects, le jeu est facile à prendre en main. Il est donc dommage que l'on en trouve trop rapidement les limites (on sent, par bien des aspects, que Plenilunio n'a pas beaucoup été testé avant sa sortie).

En plus de cela, Plenilunio a cette qualité de savoir mettre les personnages au centre de l'histoire (chose toujours difficile quand on adapte une oeuvre où le personnage principal a une place prépondérante). La thématique principale des romans, le destin, se retrouve en effet au coeur du jeu et s'avère incontestablement être un moteur de parties. Cela va se retrouver dans l'univers (il y a pas mal de choses à faire et on n'est pas constamment éclipsé par l'héroïne principale), mais également dans les mécaniques (avec un système de points de destin rappelant beaucoup Tenga : on choisi le destin de son personnage, et quand la jauge de destinée atteint son maximum, elle s'accomplit). Ainsi, si la création de personnage semblait à priori simpliste (en cinq minutes c'est bouclé), cet aspect va donner du caractère aux différents protagonistes (tous ne se ressembleront pas, même si la combinaison limitées de caractéristiques tendra à les rapprocher les uns des autres) et servira de moteur de roleplay.


On notera, pour terminer, l'écart existant entre le jeu tel qu'il est conçu et ses illustrations. En effet, rien dans le livre, de l'univers aux mécaniques en passant par les outils et les conseils, n'est là pour aider le meneur à reproduire autour de la table l'ambiance très particulière véhiculée par les illustrations de Luis Royo. A part soigner ses descriptions, on se rend compte en situation de jeu que l'atmosphère bien particulière de Malefic Time (qui est plus liée à sa forme qu'à son fond) va vite devenir interchangeable (en fonction du talent et des capacités du meneur de jeu) et, au final, pourra ressembler à celle de beaucoup de jeux de rôle post-apocalyptique. A priori, si on a acheté le jeu, c'est aussi (et surtout) pour ses illustrations, il est donc dommage que rien, d'un point de vue ludique, n'aide à aboutir à ce résultat.

La conclusion de

Nouvelle brique de la saga Malefic Time, Plenilunio peine franchement à convaincre. Entre son univers de série B qui manque de profondeur et ses mécaniques bancales et mal adaptées, on a souvent l'impression de se trouver face à un prototype de jeu encore non abouti. L'impression est d'autant plus frustrante que Plenilunio est parsemée de bonnes idées, accessible à un public néophyte et bénéficie des qualités du travail graphique de Luis Royo. Au final, Plenilunio aurait pu être un bon jeu, mais il ne ressemble qu'à un produit opportuniste rapidement torché pour surfer sur la notoriété de son illustrateur principal. Dommage...

Que faut-il en retenir ?

  • La thématique du destin, bien retranscrite,
  • Les illustrations de Luis Royo,
  • Un jeu facile d'accès pour les débutants,
  • Adapté pour du one-shot,

Que faut-il oublier ?

  • Un univers qui manque de profondeur,
  • Rien pour retranscrire l'ambiance des livres,
  • Des règles peu fonctionnelles,
  • Trop léger pour être joué sur la longueur.

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