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Critique du Film : Le Cas Enfield
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Critique du Film : Le Cas Enfield

Avis critique rédigé par Vincent L. le vendredi 22 juillet 2016 à 1109

Who ya gonna call ?...

Réalisateur incontournable du cinéma d'horreur actuel, James Wan aura proposé ces quinze dernières années presque autant de films marquants que d'amères déceptions. Ainsi, à côté de réussites indéniables (Saw, Les dossiers Warren et, dans une moindre mesure, Death Sentence) on va retrouver dans sa filmographie un certain nombre de longs-métrages plus criticables, parfois bancals (Insidious), parfois ridicules (Dead Silence), parfois franchement ratés (Insidious, Chapitre 2). On reconnaîtra néanmoins au réalisateur une véritable qualité : celle de ne pas être un simple opportuniste et d'aimer visiblement le genre qui l'a fait connaître. James Wan connaît ainsi ses classiques et en a tiré des enseignements qu'il sait réexploiter dans tous ses films.

Alors qu'il avait publiquement annoncé ne plus vouloir tourner de films d'horreur, Wan est finalement revenu sur sa décision pour réaliser une suite aux Dossiers Warren, un peu comme s'il prenait une petite pause salvatrice entre deux blockbusters de plus grande échelle (il a réalisé Fast & Furious 7 et est annoncé comme metteur en scène du futur Aquaman). Et honnêtement, ce retour aux sources s'annonçait comme une excellente nouvelle. En effet, si Fast and Furious 7 était somme-toute un spectacle sympathique (pour peu, bien sur, que l'on adhère au délire), sa mise en scène s'était avérée très impersonnelle, quasi-interchangeable avec celle de n'importe quel bon artisan. De plus, Les dossiers Warren était clairement ce qu'il avait proposé de plus abouti en terme de réalisation dans sa carrière.

« Le premier long-métrage tirait l'essentiel de son efficacité de son économie de moyen : on avait peur parce qu'on ne voyait, au mieux, que pas grand chose. En exposant et en filmant sa ménagérie sous toutes les coutures, Wan fait l'erreur de les banaliser et de ne plus miser sur l'imagination du spectateur. »


En effet, si le premier volet de la saga The Conjuring (Les dossiers Warren donc) n'était pas exempt de défauts, il s'était pourtant imposé comme l'une des meilleures expériences cinématographiques que l'on ait eu depuis longtemps en terme de trouille. James Wan nous avait alors proposé un film de fantômes/démons certes classique dans sa construction, mais sacrément efficace dans sa mise en oeuvre, jouant sur le minimalisme et la suggestion pour provoquer l'effroi du spectateur. Avec vingt millions de dollars de budget, le réalisateur mettait alors en boite l'un des films les plus rentables de l'année 2013. Après un spin-off aussi rentable qu'artistiquement catastrophique (Annabelle), il était évident qu'une suite serait mise en chantier. Et quitte à bouffer du Conjuring, autant que ce soit Wan qui soit chargé de leur exécution.

Après le succès du premiers opus et le triomphe planétaire de Fast and Furious 7 (plus d'un milliard de dollars de recettes au box-office), James Wan a clairement eu accès à de plus gros moyens sur cette suite sobrement intitulée Le Cas Enfield. Avec un budget multiplié par deux, le réalisateur a clairement pu se faire plaisir et mettre en scène une véritable petite galerie de monstres dans son long-métrage. Plus de fantômes, plus de démons, plus d'apparitions, et si, au final, cela reste relativement sobre (il n'y a que trois créatures majeures dans le film), c'est tout de même là que les choses commencent à déconner... En effet, le premier long-métrage tirait l'essentiel de son efficacité de son économie de moyen : on avait peur parce qu'on ne voyait, au mieux, que pas grand chose. En exposant et en filmant sa ménagérie sous toutes les coutures, Wan fait l'erreur de les banaliser et de ne plus miser sur l'imagination du spectateur.


Le Cas Enfield souffre ainsi de la même faiblesse qu'un de ses précédents long-métrage : Insidious. Flippant dans sa première partie où tout était suggéré, ce dernier devenait grand-guignolesque dans son final dès lors qu'apparaissait son monstre de pacotille. On retrouve ici un travers similaire : le Hooked Man est franchement ridicule (en plus de souffrir d'une très mauvaise conception en CGI) et la nonne de l'enfer ne fait illusion qu'au début (à force de la voir partout, à grogner pour un oui ou pour un non, on finit par s'habituer et s'ennuyer). Au final, seules les apparitions de Bill Wilkins réservent de bons moments cinématographiques (notamment une mémorable séquence d'interrogatoire où le flou est parfaitement utilisé pour susciter l'imagination du spectateur). Mais encore faut-il qu'elles soient un minimum subtiles, ce qui n'est pas toujours le cas...

En effet, avec Le Cas Enfield, James Wan a remisé toute la subtilité de la mise en scène du premier film pour proposer au spectateur un véritable parcours en train fantôme destiné à faire peur. Les séquences de trouilles se succèdent ainsi sans véritable conducteur (elles sont tellement différentes les unes des autres que l'on se croirait devant une suite de courts-métrages). Cela entraine deux problèmes : le premier est que le lien scénaristique entre chacune d'elles est tellement faible que l'on ne parvient jamais à s'attacher aux personnages (et sans ce vecteur empathique, comment avoir vraiment peur ? Sincèrement, on se contrefiche totalement de ce qui peut arriver à cette famille de figurants) ; le second est que le film souffre d'un rythme bancal, qui plus est aggravé par une durée totale délirante (plus de 2h15, soit une bonne demi-heure de trop vu l'histoire).


Cela est d'autant plus paradoxal que le scénario est mal écrit et sent le bricolage à plein nez. En fait, rien n'est vraiment fluide et, au bout du compte, on arrive tout de même à se poser des questions sur l'articulation générale des évènements présentés (alors qu'en 2h15, on a normalement le temps de poser clairement les choses). On sent ainsi que tout a été un maximum tordu pour que James Wan puisse mettre en scène ses séquences, et ce même si cela a du se faire au détriment de toute cohérence dramatique. Conclusion : il n'y a quasiment aucune montée en puissance dans Le Cas Enfield (si ce n'est peut-être, à la rigueur, dans sa scène finale), simplement des chutes de rythme lorsque le scénario est contraint de faire un minimum avancer l'histoire (souvent péniblement, à l'image des séquences mettant en scène les Warren dans leur quotidien, artificielles et sans intérêt).

Ceci étant dit, on doit tout de même reconnaître qu'à force d'essayer, James Wan finit tout de même par réussir certains de ses coups (en même temps, ce n'est pas étonnant, le bonhomme n'est pas un manchot question réalisation). Le Cas Enfield bénéficie ainsi, ici et là, de quelques séquences vraiment réussies (la scène pré-générique, l'interrogatoire, le camion de pompier,...) ou d'idées sympathiques qui font leur petit effet (les mains sur le tableau de la nonne, le somnambulisme,...) qui parviennent à capter l'attention du spectateur pour offrir quelques bonnes petites sueurs par-ci par-là. Dommage, tout de même, que nombre de ces idées soient directement (et souvent artificiellement) reprises du premier film et peinent à surprendre le spectateur (nul doute que celles et ceux qui n'ont pas vu Les dossiers Warren seront plus sensibles à cette suite).

La conclusion de

Si l'on met de côté la maestria indéniable de James Wan, qui nous réserve tout de même ici et là quelques bonnes séquences de trouilles, ce deuxième opus de The Conjuring s'avère être un rattage quasi-complet. Creux, long, articiel, grossier, mal joué, mal écrit, il est difficile, au final, de trouver des qualités à cette séquelle peu inspirée. Ceux qui n'ont pas vu Les dossiers Warren se laisseront probablement surprendre par quelques séquences, les autres, quant à eux, devront se contenter de regarder la mauvaise copie d'un premier film autrement plus flippant. De la part de James Wan, on attend aujourd'hui beaucoup mieux que ça...

Que faut-il en retenir ?

  • Quelques séquences efficaces.

Que faut-il oublier ?

  • Plus une succession de courts-métrages,
  • Une mise en scène qui manque de subtilité,
  • Un scénario qui sent le bricolage,
  • Trop de ficelles reprises du premier opus,
  • Beaucoup, mais beaucoup trop long,
  • Un casting fade,
  • Des effets numériques peu nombreux, mais dégueulasses.

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