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Critique du Film : Crimson Peak
Crimson Peak >

Critique du Film : Crimson Peak

Avis critique rédigé par Vincent L. le vendredi 16 octobre 2015 à 1500

Quel trou de merde...



​Au sein de l'actuel système hollywoodien, Guillermo Del Toro fait partie de ces rares réalisateurs à être considérés comme des artistes à part entière. Si les faiseurs sont en effet légions, rares sont les metteurs en scène réussissant à conserver une patte, une signature ou un univers face au poids des grands studios. Ainsi, entre blockbusters de commande (Blade 2Hellboy,...) et films intimistes (L'échine du DiableLe Labyrinthe de Pan,...), Guillermo Del Toro est petit à petit parvenu à acquérir une véritable crédibilité artistique auprès du public, n'hésitant jamais à abandonner des projets ambitieux dès lors que ceux-ci ne lui correspondent plus (n'oublions pas qu'il aurait pu être réalisateur de la trilogie du Hobbit, ou qu'il a abandonné son d'adaptation - pourtant très attendue - des Montagnes Hallucinées).

Après avoir ravagé des villes entières à coup de Kaïjus et de Jaeger dans le simpliste mais malgré tout jouissif Pacific RimGuillermo Del Toro revient avec un film plus modeste, Crimson Peak, très attendu par celles et ceux qui considèrent L'échine du Diable ou Le Labyrinthe de Pan comme deux des films majeurs de son auteur. Sa thématique et son traitement annonçaient en effet un long-métrage dans la même veine, soit un superbe écrin dans lequel le goût du cinéaste pour le gothique tendance barroque pouvait pleinement s'exprimer et libérer une véritable puissance émotionnelle. Malheureusement, au vu du résultat final, force est de constater que Crimson Peak ne sera jamais rien d'autre qu'un long-métrage mineur pour Del Toro, jamais désagréable certes, mais beaucoup trop faible pour parvenir à emporter l'adhésion.


« On a la désagréable impression que Guillermo Del Toro n'en a rien à faire de ce qu'il raconte. Tout comme Pacific Rim s'appuyait uniquement sur un délire de baston entre robots géants et monstres géants, Crimson Peak nous montre juste des acteurs faire des trucs dans un beau château gothique. »


 


Il faut bien avouer que Crimson Peak ne raconte rien de très original. Si le film tente un maximum de s'envelopper d'une aura de mystère pour masquer son côté bateau, l'histoire archi-banale ne résiste pas plus d'un petit quart d'heure à n'importe quel spectateur quelque peu attentif, lequel devinera sans mal tous les tenants et aboutissants du récit (et ceux-ci ne sont pas à proprement parler passionnants). On pourrait certes se dire "qu'importe le grain pourvu qu'on ait l'ivresse" (l'histoire du L'échine du Diable, par exemple, n'était pas d'une monstrueuse originalité), sauf que le scénario s'avère très médiocrement écrit : les personnages sont très faibles, les incohérences et autres facilités sont nombreuses, le contexte historique n'est jamais exploité, les quelques maigres rebondissements sont sur-appuyés,...

En fait, on a la désagréable impression que Guillermo Del Toro n'en a rien à faire de ce qu'il raconte. Tout comme Pacific Rim s'appuyait uniquement sur un délire de baston entre robots géants et monstres géants, Crimson Peak nous montre juste des acteurs faire des trucs dans un beau château gothique. Il n'y a aucune montée en puissance dramatique, les personnages sont sans cesse sacrifiés au profit de l'esthétisme, les effets de style sont à peine digne du premier tâcheron venu (des jump-scare ? Sans rire...). Et comme le réalisateur s'applique à filmer du mieux possible son manoir pour le mettre en valeur, des soucis de rythme finissent par apparaître : les scènes sont trop longues, les mêmes situations reviennent en boucle, le long-métrage se délite, bref, on finit par s'ennuyer.




​Avouons, de plus, que l'interprétation catastrophique de Mia Wasikowska n'aide pas à se sentir impliqué dans le film. On ne ressent ainsi aucune forme d'empathie pour ce personnage, et on reste impassible devant le funeste destin qui semble l'attendre au moindre détour de couloir. On pourra certes se dire que la malheureuse comédienne n'avait pas grand chose à jouer (ce qui est vrai), mais cela est également le cas des autres acteurs qui, eux, parviennent malgré tout à donner corps à leurs personnages : Tom Hiddleston est convaincant en romantique ténébreux (même si, malheureusement, le film ne lui donne pas l'occasion de jouer autre chose) et Jessica Chastain incarne avec conviction son personnage de comploteuse (même si, là aussi, la caricature n'est jamais loin).

Tout cela est d'autant plus dommage qu'esthétiquement, Crimson Peak est un bonheur de tous les instants. L'univers du réalisateur se trouve incarné dans chaque élément visuel et dans toutes les valeurs de cadre, ce qui donne au fim une véritable personnalité en dépit de la banalité parfois consternante de l'histoire. Le travail technique sur les décors et la lumière est sublime, qui plus est mis en valeur par une réalisation très sophistiquée qui multiplie les tableaux et parvient à iconiser ce magnifique manoir gothique au centre du film. Tout juste pourra t'on s'interroger sur les fantôme en CGI, que le côté artificiel rend peu angoissants, mais il ne s'agit que d'un tout petit bémol dans une orgie visuelle procurant un plaisir de tous les instants. Les fans du réalisateur apprécieront sans nul doute le côté barroque débridé de la mise en scène, mais ceux qui n'y sont pas sensibles risquent de s'ennuyer malgré tout.

La conclusion de

En dépit de la maestria de sa mise en scène et du soin indéniable apporté à son esthétique, Crimson Peak ne parvient malheureusement pas à emporter l'adhésion. Il est ainsi difficile de passer outre les énormes faiblesses du scénario ainsi que sur le jeu désastreux de Mia Wasikowska, de grosses lacunes que la réalisation pourtant sophistiquée de Guillermo Del Toro ne parvient pas à compenser. Trop long et beaucoup trop ambitieux au regard de l'extrême simplicité de son histoire, Crimson Peak est à ranger du côté des oeuvres très mineures de son auteur.

Que faut-il en retenir ?

  • Mise en scène sophistiquée,
  • Esthétiquement de toute beauté.

Que faut-il oublier ?

  • Une histoire bateau et prévisible,
  • Un scénario très faible,
  • Des soucis de rythme,
  • Mia Wasikowska, catastrophique.

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