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Critique du Film : Late Phases

Avis critique rédigé par Vincent L. le dimanche 26 avril 2015 à 13:30

Le loup-garou de l'EHPAD...


Regarder un film d’Adrián García Bogliano, c’est un peu comme se faire agresser : l’expérience est douloureuse, vraiment désagréable et on n’en ressort malheureusement pas indemne. Ainsi, I'll Never Die Alone, son premier long-métrage à arriver en France, s'était avéré tellement nul (sur la forme) et honteux (dans le fond) qu'il parvenait très largement à redéfinir la notion de "niveau zéro du cinéma". Here Comes the Devil, son méfait suivant, était quant à lui certes plus regardable (essentiellement grâce à un budget un poil plus conséquent le rendant techniquement tout juste médiocre), mais demeurait malgré tout franchement détestable dans sa proportion à vouloir choquer coûte que coûte en instrumentalisant sans aucune pudeur ses actrices.

Malgré tout cela, et en dépit de la nullité de ses longs-métrages, Bogliano a petit à petit fédéré un petit terreau de spectateurs appréciant visiblement son côté "exotique" faussement provocateur. Ce faisant, il s'est ainsi progressivement paré d'une réputation (excessivement surfaite) de cinéaste provoc. Tout cela l'aura ainsi petit à petit amené sur le chemin des Etats-Unis, après onze films tournés en dix ans dans divers pays d'Amérique du Sud. Sincèrement, au vu de ses précédents travaux, on se demande bien ce qui a pu passer par la tête d'un producteur américain pour lui confier les rênes d'un projet, même de série B, même à petit budget. Pourtant, à la surprise générale, Bogliano ne s'en sort pas si mal que cela dans ce Late Phases qui, sans révolutionner le genre, propose une histoire de loups-garous acceptable.
 


« Ceux qui attendent du réalisateur les mêmes déviances que dans ses précédents longs-métrages seront donc forcément déçus. A contrario, ceux qui ont viscéralement détesté les autres travaux de Bogliano resteront probablement surpris devant ce film. »


 


Avant toute autre chose, précisons que, pour une fois, Bogliano a bénéficié d’un budget lui permettant d’assurer à son film une technique correcte. Photographie, son, cadrages, le film quitte le rendu très amateur de ses autres longs-métrages et, force est de le reconnaître, cela change fortement le ressenti du spectateur. Sans les images dégueulasses, le son inaudible et les cadrages foireux, il faut bien admettre le résultat final s'avère regardable (au delà de partis-pris de mise en scène criticables). Mais au delà de ces aspects purement formels (qui ressortent finalement plus du travail de l'équipe technique), reconnaissons que Bogliano a tout de même réussi à instaurer une atmosphère crépusculaire assez réussie, transformant une histoire de loup-garou très simpliste en une sorte de drame mélancolique et intimiste.

Ceux qui attendent du réalisateur les mêmes déviances que dans ses précédents longs-métrages seront donc forcément déçus. A contrario, ceux qui ont viscéralement détesté les autres travaux de Bogliano resteront probablement surpris devant ce film dont l'histoire, simple et, finalement, plutôt jolie, ne s'attarde pas tant sur les créatures que sur son personnage principal : un homme condamné à assumer ses choix de vie. Du coup, on pardonne volontiers à l'histoire son absence d'originalité, ses errances et ses nombreuses incohérences, le film se focalisant avant tout sur l'aspect profondément humain du scénario, porté par un Nick Damici (acteur et co-scénariste récurrent chez Jim Mickle) sobre et émouvant.

​Malgré tout, Late Phases souffre de trop de défauts pour être convaincant de bout en bout : soucis d'écriture (incohérences, facilités, raccourcis), mais également problèmes de rythme (le film ne parvient jamais à trouver sa vitesse de croisière et passe par de longs tunnels très creux), thème traité par dessus la jambe (ce sont des loups-garous, mais, finalement, ça aurait pu être n'importe quel type de créature), effets spéciaux ridicules (les transformations odschool sont certes sympathiques et réussies, mais aboutissent finalement à des créatures franchement nanardesques) ainsi que les détestables tics de mises en scène de Bogliano (que l'on va essentiellement retrouver lors de toute la séquence finale qui sacrifie tout ce qui a été mis en place sur l'autel de l'action facile).

Tout cela amène donc au final à un ressenti très mitigé. D'un côté, on sent pour la première fois chez Bogliano un véritable amour du genre ainsi que des talents de conteur que l'on n'avait jusqu'ci pas décelé. De l'autre côté, le tout manque tout de même clairement de maîtrise et, en dépit de bonnes idées et de quelques séquences phares réussies (la transformation en loup-garou qui évoque clairement les Hurlements), met à jour la flagrante inexpérience du cinéaste (ce qui, après onze films, est tout de même très dommage). La sincérité de l'entreprise finit tout de même par emporter l'adhésion, suffisamment pour que l'on laisse une chance à Bogliano à l'avenir. Et celles et ceux qui ont été agressés par I'll Never Die Alone sauront que ce n'était franchement pas gagné...

50

Late Phases est, pour les nombreux détracteurs d'Adrián García Bogliano, une véritable surprise, la preuve que le cinéaste n'est peut-être pas qu'un zéro sans talent et qu'il peut être capable, bien cadré, de livrer un film sincère, plein de belles qualités humanistes, qui sait habilement rendre hommage aux grands classiques du film de loup-garou. Ceci étant dit, le long-métrage restera beaucoup plus anecdotique pour les autres, qui pourront être découragés par les nombreux soucis de scénarios, le rythme péniblement entretenu ou cette séquence finale à deux doigts de sombrer dans la série Z. Au final, Late Phases est donc un film moyen, ce qui, pour du Bogliano, est déjà inespéré !

Critique de publiée le 26 avril 2015.

Que faut-il en retenir ?

  • Une atmosphère crépusculaire plaisante,
  • Le parti-pris humaniste de la narration,
  • Un bon casting, Nick Damici en tête,
  • Les séquences de transformations old school.

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario remplit de lacunes,
  • De gros problèmes de rythmes,
  • Une dernière partie peu convaincante,
  • Des créatures finalement ratées.

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