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Critique du Film : Birdman

Avis critique rédigé par Vincent L. le jeudi 12 mars 2015 à 13:30

This is a bird ? This is a bat ?...


Porté par un buzz médiatique conséquent et auréolé de quelques récompenses prestigieuses (notamment les Oscars 2015 du meilleur film et de la meilleure réalisation), Birdman débarque en France après une carrière très honorable aux Etats-Unis. Cinquième long-métrage du réalisateur mexicain Alejandro Gonzales Innaritu, le film propose une mise en abîme jouant astucieusement sur le rapport entre la fiction et la vie réelle via un parallèle entre le parcours du personnage principal et celui de son interprète, soit la déchéance d'un artiste qui, après avoir côtoyé les sommets du box-office grâce à une série de blockbusters de super-héros, est petit à petit retombé dans l'anonymat jusqu'à devenir un has been ignoré des grands studios.


« Le fond de Birdman s'avère donc loin d'être passionnant, et ce d'autant plus que sur deux heures, les quelques éléments un tant soit peu pertinents du scénario sont rapidement expédiés. »


 


En cela, on peut dire qu'Innaritu a eu du flair en proposant ce rôle principal à Michael Keaton, doublant ainsi son film de cet effet come-back dont est particulièrement friand le public américain. Birdman marque ainsi le retour en grâce de Michael Keaton qui, au fil des années, s'était fort malheureusement retrouvé cantonné à à des séries B sans grandes ambitions (Jack Frost, La voix des morts), à des seconds rôles dans des blockbusters peu prestigieux (La Coccinelle revient, Need for Speed ou, dans une moindre mesure, Robocop) ou à des doublages (Toy Story 3, Cars : au pays des 4 roues). Si la performance offerte par le comédien n'est pas franchement surprenante (Keaton est certes génial, mais on le savait déjà), elle a toutefois clairement participé au buzz entourant le film.

Il y a ainsi quelque chose de très opportuniste dans Birdman, un petit côté roublard qui, au regard du propos développé par le film, rend le résultat final assez prétentieux. Si Innaritu n'a jamais fait preuve de beaucoup de subtilité dans sa manière de délivrer des messages (Biutiful, son précédent film, en étant le parfait exemple), sa façon de jouer, ici, avec le système pour délivrer une critique somme toute peu passionnante tend à largement amoindrir la portée du film. La vision de l'art proposée, son opposition avec les produits hollywoodiens ou sa vision du microcosme entourant ces créations artistiques est souvent simpliste, à la limite du caricatural, que ce soit dans les thématiques développées ou même dans la construction et l'évolution des divers personnages.

Le théâtre est une oeuvre et le film de super-héros un produit, les critiques sont des salauds prêt à tout pour casser de l'artiste, seuls le pognon et l'appat du gain guident les producteurs,... Y avait-il vraiment besoin de passer deux heures là-dessus à étaler des semi-vérités et des lapalissades ? Dans son rapport à Hollywood, on peut également voir dans Birdman un véritable dédain (notamment les films de super-héros qui prennent cher), voire certaine forme de mauvaise foi, notamment venant d'un réalisateur qui a très souvent bénéficié de l'attrait de stars issues de ce système pour promouvoir ses films et leur assurer un certain succès (Brad Pitt, Sean Penn, Naomi Watts, Cate Blanchett, et ici Michael Keaton, Edward Norton, Emma Stone ou Zach Galifianakis).

Le fond de Birdman s'avère donc loin d'être passionnant, et ce d'autant plus que sur deux heures, les quelques éléments un tant soit peu pertinents du scénario sont rapidement expédiés. Clairement, on ne se trouve pas devant une oeuvre ayant la portée et les fulgurance d'un Opening Night. Passée une première demi-heure clairement brillante, les choses patinent et se répètent en suivant un schéma établi qui va s'avérer invariant du début à la fin (coulisses/oeuvres puis vie réelle/vie fantasmée). Si les choses s'effritent petit à petit, elles finissent par s'effondrer à l'occasion d'un final bancal où le réalisateur choisit l'option peu pertinente d'une fin ouverte qui, par bien des aspects, ne veut pas dire grand chose (quelle que soit la manière dont on l'aborde).

Mais si le fond de Birdman est criticable, il n'en va pas de même de la forme qui, elle, s'avère brillante à tous les niveaux. La mise en scène d'Innaritu propose ainsi un faux plan séquence qui couvre la quasi-totalité de la durée du film. Si, à première vue, la technique peut s'apparenter à de l'esbrouffe, elle apporte pourtant un plus non négligeable au film en faisant cohabiter au sein de mêmes plans tous les aspects du long-métrage (coulisse/pièce/réel/imaginaire), là où un montage les aurait forcément cloisonnés. A sa décharge, reconnaissons qu'Innaritu ne cherche pas à brouiller les pistes tant les raccords entre les différentes prises se devinent très facilement. Si le procédé n'est pas révolutionnaire (Hitchcock l'a fait il y a près de soixante ans), il a le mérite d'amener un véritable plus au film.

La mise en scène n'est toutefois pas le seul point fort du film sur son aspect technique. La photographie d'Emmanuel Lubezki s'avère (comme d'habitude) de toute beauté (après Gravity l'an passé, Lubezki a de nouveau remporté l'Oscar pour son travail), magnifiant toute l'esthétique du long-métrage. Devant la caméra, les acteurs livrent des prestations abouties, le scénario leur offrant la matière pour développer une large palette d'émotion (du drame à la comédie). Evidemment, Michael Keaton, de tous les plans, est parfait de bout en bout, mais face à lui, les autres comédiens ne déméritent pas, notamment Edward Norton qui, ici, se rappelle à notre bon souvenir en nous démontrant (si besoin en était) qu'il est bien l'un des meilleurs acteurs de sa génération.

60

Birdman est un film paradoxal. A la performance technique incroyable offerte par la mise en scène s'oppose en effet le propos simpliste que développe un scénario bien peu convaincant. Avec sa forme ambitieuse en totale opposition avec son fond caricatural, Birdman pourra à la fois passionner les amateurs de belles mises en scène, décevoir celles et ceux qui chercheront un tant soit peu de profondeur dans l'histoire racontée et, au final, irriter tout ce petit monde tant ce décalage confère au film un côté prétentieux parfois irritant. Loin de n'être qu'un feu de paille, le long-métrage d'Innaritu n'est donc pas le chef d'oeuvre escompté, ce qui ne l'empêche cependant pas de présenter de l'intérêt à de nombreux niveaux.

Si, pour vous, la forme prime sur le fond : 8/10
Si, pour vous, le fond prime sur la forme : 4/10

Critique de publiée le 12 mars 2015.

Que faut-il en retenir ?

  • Une véritable performance technique,
  • Des comédiens parfaits,
  • Un mélange des genres qui fonctionne bien.

Que faut-il oublier ?

  • Un propos simpliste et caricatural,
  • Un final très peu convaincant.

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