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Critique de la Série Télé : Continuum

Avis critique rédigé par Andre C. le vendredi 14 novembre 2014 à 00:24

Saison 1 : Les chroniques de Kiera Cameron

L'adaptation d'un long-métrage en série n'est pas une chose aisée. En effet, il faut trouver un angle qui permette au postulat de départ (censé être clos) de connaître une extension. En 2008, la chaîne Fox lançait Terminator : Les Chroniques de Sarah Connor, la série dérivée de la saga initiée au cinéma par James Cameron et en 2012, au Canada, la chaîne Showcase lance Continuum, une série créée par Simon Barry. Si, a priori, Continnum n'est pas une adaptation officielle de la saga de Cameron, il n'en demeure pas moins qu'elle regorge de points communs qui la fait passer pour une relecture de  cette dernière.

Est-il besoin de le rappeler, la trame de la saga initiée par James Cameron repose sur un (puis « des ») voyage dans le temps. Dans ses long-métrages, Cameron imaginait le postulat suivant : dans un futur post-apocalyptique, l'humanité a été asservie par des machines et le seul moyen pour remporter la victoire est de retourner à notre époque pour supprimer les éléments susceptibles de jouer un rôle décisif dans cette future guerre. Les éléments en question se résument tout d'abord à une femme, Sarah Connor, puis son fils John. Les deux se retrouvent pris pour cible chacun par un cyborg (un robot à l'apparence humaine) et protégés successivement par un humain membre de la résistance, puis un autre cyborg, reprogrammé celui-là, tous venant du Futur. D'abord chétive, l'aventure vit la demoiselle Connor s'endurcir, au point de devenir une figure emblématique du cinéma de son réalisateur.

Chez Simon Barry, point de pessimisme, ou disons plutôt qu'il n'est pas aussi flagrant. Le récit est focalisé sur l'agent spécial Kiera Cameron (tiens, tiens, une femme forte avec un patronyme familier) qui vit, a priori, dans une société utopiste où les individus sont sous la protection de corporations bienveillantes. Pour mener à bien ses missions, Kiera dispose d'un équipement qui n'est pas sans rappeler un certain T-800, la machine incarnée par Arnold Schwarzenegger : l'interface informatique oculaire renvoie aux visions subjectives d'un cyborg. En fait, visuellement, elle a beaucoup de points communs avec la Terminatrix de T3. À ceci près que son voyage dans le temps n'est pas volontaire : dans un effort d'empêcher une tentative d'évasion de condamnés à mort, elle se retrouve prise dans un flux d'énergie qui l'envoie à notre époque. Très vite, elle comprend le plan des terroristes : retourner dans le passé afin d'empêcher (air connu) l'avènement de la civilisation future.

C'est, à peu près, le seul lien avec la saga de Cameron, Continnum cultivant les différences pour mieux se démarquer des long-métrages ciné et, surtout, du spin-off télévisuel. Et ce, dans le concept même qui aboutit à un amenuisement de tout manichéisme : chez Cameron, il y avait donc le concept des « gentils humains contre les méchantes machines », chez Simon Barry, les choses ne sont pas aussi tranchées. Si notre héroïne Kiera renvoie à un cyborg dans son caractère implacable à vouloir mener à bien sa mission, c'est pour sauvegarder l'existence de ce futur et non l'en empêcher. En fait, ce qui va faire la force de la série est la découverte par Kiera de toutes les intrigues, conspirations politiques et autres, ayant permis à sa société de prendre forme. Celle-ci apparaît alors comme une société totalitaire à peine déguisée, Kiera prenant conscience de la classe aisée à laquelle elle a appartenu. Sachant que notre agent a une famille résidant dans le futur, la voilà en plein dilemme : rester fidèle à ses principes et prendre des décisions pouvant altérer son époque ? Ou fermer les yeux et, dans ce cas, trahir son propre code moral ?

Une autre différence avec la saga de Cameron réside dans la faculté de Kiera à s'intégrer dans le Présent. Très vite, elle prend contact avec l'inventeur de la technologie de son interface de communication, qui en est encore à ses balbutiements. Avec lui, Kiera forme un binôme un peu particulier : c'est un peu « le geek et la bimbo » en fait. Effectivement, pour incarner Alec Sadler jeune, le jeune Erik Knudsen tombe un peu dans le cliché de l'adolescent solitaire qui vit reclus, tandis que Rachel Nichols a un peu de mal à nous convaincre qu'elle est une dure à cuire. Elle a un joli minois qui fait d'elle un atout charme certain et son sex-appeal lui permet de porter le show sur ses épaules. En revanche, pour la crédibilité de l'entreprise, c'est une tout autre affaire. Autrement plus crédible et mieux traité concerne sa relation avec Carlos Fonnegra, joué par Victor Webster (un des héros de Mutant X). Ainsi, contrairement à Sarah Connor qui se résout à vivre en marge de la société, Kiera, elle, intègre les forces de Police et se met en duo avec un inspecteur, donnant à Continuum un côté très buddy-movie.

Hélas, si la série avait réussi à montrer un minimum d'efficacité dans sa mise en scène, elle aurait pu s'avérer excellente en raison de ses thématiques. Or, le visuel est terne, baignant dans une teinte grisâtre et le rythme est bien trop poussif pour convaincre. L'approche se veut psychologique, mais les scénaristes s'embourbent dans une cadence mollassonne et si quelques dilemmes de Kiera et des autres personnages sont intéressants, l'ensemble est bien loin d'être passionnant.

40

En choisissant de se focaliser sur Kiera, Simon Barry rend la série plus complexe, oblitérant tout le manichéisme qui est le point faible de la saga de James Cameron. Notre héroïne n'est pas une machine, mais une humaine avec des outils high-tech. Ses dilemmes donnent toute sa saveur à la série : les terroristes venus du futur vont-ils trop loin ? Ou leurs actions sont-elles légitimes ? Le gros problème vient du parti-pris : Continuum se prend trop au sérieux avec une photographie terne et des scénarios se voulant psychologique. Plusieurs éléments (intéressants) sont posés, mais aucun ne parvient à faire décoller l'ensemble.

Critique de publiée le 14 novembre 2014.

Que faut-il en retenir ?

  • - Des personnages intéressants ;
  • - Une approche psychologique au détriment de l'action.

Que faut-il oublier ?

  • - Un rythme qui manque de nerf ;

  • - Une mise en scène banal, sans tension ;

  • - Des scénarios trop poussifs.

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