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Critique du Film : Noé

Avis critique rédigé par Vincent L. le jeudi 10 avril 2014 à 13:00

Un ratage intéressant...


Après avoir essuyé un gros revers commercial avec The Fountain, Darren Aronofsky est finalement revenu dans les petits papiers des producteurs grâce aux succès public et critique de son dyptique sportif (The Wrestler, Lion d'Or à la Mostra de Venise et Black Swan, qui a engrangé plus de 300 millions de dollars de recettes pour un budget de seulement 12 millions de dollars). Il n'en fallait pas plus pour que les studios hollywoodiens ne se mettent à faire des ponts d'or à ce petit génie, autrefois incompris, mais désormais bankable. Attaché à nombre de projets plus ou moins casse-gueule (qu'il finit par quitter pour des raisons plus ou moins obscures, de Robocop àe Wolverine - Le combat de l'immortel, le désaccord artistique ne semblait jamais être très loin), Aronofsky a toutefois finit par décrocher un budget conséquent pour mettre en scène un véritable blockbuster.

Connu pour sa propension à refuser tout compromis, le réalisateur n'a toutefois pas choisi la facilité en cherchant à décrocher des crédits pour mettre en scène sa vision de l'histoire de L'arche de Noé. Dans un pays conservateur peu enclin à apprécier les digressions biblique, contractuellement lié à un studio peu connu pour prendre de véritables risques commerciaux, Aronofsky aura réussi à mener sa barque contre vents et marées, associant au projet un producteur ambitieux (Arnon Milchan, qui est derrière des oeuvres aussi diverses que JFK, L.A. Confidential, 12 years a slave ou Fight club) et n'hésitant pas à entrer dans un véritable bras de fer avec les studios pour conserver son final cut. Nous avions donc hâte de voir le résultat, de savoir ce que ce metteur en scène habitué aux petits budgets aller faire avec plus d'une centaine de millions de dollars dans son porte-feuille. En d'autres terme : allait-il se faire broyer et digérer par la machine hollywoodienne ?

Au final, la réponse est sans appel : non, Aronofsky n'a pas joué à la compromission, restant clairement ce réalisateur jusqu'auboutiste qui s'est dessiné d'oeuvre en oeuvre. Mais cela suffit-il pour que Noé soit un bon film ? En effet, sans être un ratage, son adaptation de L'arche de Noé n'en est pas pour autant totalement convaincante, tant dans le fond que sur la forme. Au final, il est d'ailleurs difficile d'avoir un avis tranché sur le long-métrage tant ce dernier alterne entre grands moments de cinéma et nanar honteux. Il y a de tout dans Noé, à boire et à manger, de quoi faire (involontairement) rire, du grand spectacle réussi, des thématiques intelligentes, du pathos et de la niaiserie. Mais quoi que l'on puisse en penser, Aronofsky reste égal à lui-même : un réalisateur qui va jusqu'au bout de ses idées, qui traite avec grandiloquence de ses sujets, qui ne cherche jamais l'approbation du spectateur. Non, le cinéma d'Aronofsky ne fait toujours pas dans la demi-mesure.

Plus concrètement, le film débute de façon assez catastrophique. A l'image de cette ouverture nanardesque (voix-off et CGI de seconde zone à l'appui), l'écriture de la première partie, articificielle, ne présente pour ainsi dire aucun intérêt. Cet enchaînement de péripéties plus ou moins heureuses n'a ainsi pour vocation que de préparer la deuxième partie, la seule qui, visiblement, intéresse le réalisatur. Les visions de Noé, la construction de l'arche, l'arrivée des animaux sont autant d'éléments expédiés et péniblement rattachés les uns aux autres par des fondus au noir et des dialogues extrêmement creux. De façon presque cohérente, la mise en scène n'essaye jamais à rattraper ces erreurs d'écriture. Aronofsky se contentant de reprendre la panoplie d'effets de style de The Fountain (la fleur, la forêt, les jeux de lumière en ombre chinoise) sans jamais proposer quoique ce soit d'u tant soit peu nouveau (gageons, toutefois, que celles et ceux qui ne connaissent pas son travail n'y verront que du feu).

Arrivé à l'épisode très attendu du Déluge, Noé est donc un véritable naufrage, ennuyeux, peu inspiré, sans émotion, à peine sauvé par la magnifique photographie du très doué Matthew Libatique. Et puis, soudain, on finit par entrer dans le vif du sujet : ce qui intéresse véritablement Aronofsky dans le film : la catastrophe proprement dite et le drame qui en découlé. Alors que Noé était jusqu'ici très chiche en morceau de bravoure (et le redeviendra par la suite), la scène du Déluge propose enfin au spectateur un excellent moment de cinéma. Bien écrite, parfaitement maîtrisée, esthétiquement sublime, remplie de formidables idées de mise en scène, elle est, incontestablement, le point d'orgue du film (et, accessoirement, le seul moment qui justifie les 113 millions de dollars de budget), faisant entrer de plein fouet le long-métrage dans ce qu'il est vraiment, au fond de lui et sous ses apparats de blockbuster raté : un drame intimiste.

Le contraire aurait été étonnant, mais Aronofsky signe avec Noé un véritable drame qui, certes, prend son temps pour commencer, mais qui fonctionne à plein régime une fois les quelques protagonistes enfermés dans l'arche. Passionnante, cette deuxième partie permet au réalisateur de revenir dans une certaine zone de confort pour mettre en scène un genre qu'il connaît et maîtrise sur le bout des doigts. Le film sait alors se faire surprenant (notamment dans le fait qu'il intervertit les rôles, faisant de Noé le méchant de l'histoire), intelligent et, par de nombreux aspects, pertinents (les réflexions sur la foi aveugle et l'intégrisme fonctionnent impeccablement). La tension monte alors crescendo tout au long de cette deuxième partie, pleine d'idées géniales, de véritables tableaux cinématographiques et d'émotion impeccablement portée par les acteurs (les jeunes Logan Lerman et Emma Watson volent d'ailleurs largement la vedette à leurs ainés).

De spectacle raté, Noé remonte alors la pente pour s'imposer comme un blockbuster atypique, et les (gros) défauts de la première partie finissent par être oubliés devant la maestria développée. Et puis, comme un cheveu sur la soupe, arrive ce curieux épilogue qui finit par remettre en cause ce que l'on pensait avoir compris du film. Alors que le générique de fin défile, une question se pose alors : mais qu'est-ce qu'a vraiment voulu raconter Darren Aronofsky avec ce film ? On n'en saura pas beaucoup plus sur les motivations du réalisateurs, finalement très obscures tant la morale tranche avec le developpement dramatique. On ressort circonspect devant ce film qui n'aura pas vraiment réussi à faire vibrer, mais sans jamais échouer à passionner. Reste, au final, un film qui sort des carcans du cinéma hollywoodien, qui sait prendre des risques et qui fait preuve d'ambition. Les amateurs de pur cinéma pop-corn détesteront, les autres, ceux qui cherchent ce petit éclat artistique dans le cinéma, pourront trouver l'expérience malgré tout intéressante.

50

Mais qu'est ce que Darren Aronofsky a vraiment cherché à raconter avec Noé ? C'est la question qui se pose après la vision de ce film, d'un côté raté et bancal, mais d'un autre brillant dans la proposition de cinéma qu'il fait aux spectateurs. Il est ainsi difficile de porter un jugement tranché sur ce film qui fait passer le spectateur de la consternation à l'émotion, de l'ennui à à la fascination et mise autant sur l'intelligence de son public que sur la propension de ce dernier à gober tout et n'importe quoi sans broncher. Si, objectivement, Noé est un donc film raté, il n'en demeure pas moins être un ratage intéressant, et ce à plus d'un niveau.

Critique de publiée le 10 avril 2014.

Que faut-il en retenir ?

  • Certaines scènes, magnifiques et inspirées,
  • Des thématiques bien traitées,
  • Toute la partie sur l'Arche,
  • La scène du Déluge,
  • La photographie, magnifique de bout en bout.

Que faut-il oublier ?

  • Un réalisateur qui commence à se reposer sur ses acquis,
  • Un début raté, artificiel et peu passionnant,
  • Un épilogue qui laisse perplexe,
  • Des dialogues creux,
  • Des effets spéciaux très moyens.

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