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Critique du Film : La vie rêvée de Walter Mitty
La vie rêvée de Walter Mitty >

Critique du Film : La vie rêvée de Walter Mitty

Avis critique rédigé par Vincent L. le lundi 6 janvier 2014 à 0930

Ground control to Major Tom...


En plus de vingt ans de carrière, Ben Stiller s'est construit une carrière riche et hétéroclite, se posant petit à petit comme l'un des comédiens hollywoodiens les plus intéressants de sa génération. Ainsi, outre les comédies familiales (Mary à tout prix, la trilogie Mon beau-père et... , les Nuit au musée, Polly et moi) et les services de doublages (la trilogie Madagascar, Megamind) qui font le gros de sa renommée auprès du grand public, Ben Stiller s'est essayé à tout, du film de super-héros (Mystery men) à l'improbable sucess story sportive (Dodgeball) en passant par la participation à diverses séries télévisées (Arrested Development). Mais depuis quelques années, sans vraiment se détourner de la comédie, il tend à aller vers quelque chose de plus posé et de plus mélancolique (La famille Tenenbaum ou Greenberg) qui permet d'en percevoir une nouvelle facette, moins tonitruante mais beaucoup plus humaine. En cela, Stiller tend petit à petit à se rapprocher d'une autre grande figure comique US : Bill Murray.

Si cela reste relativement récent dans son travail d'acteur, on ne peut toutefois pas véritablement parler de "virage" ou de "maturité". En effet, sous couvert d'une bouffonnerie totalement assumée, le côté plus sérieux de Ben Stiller a toujours filtré dans ses diverses mises en scènes, plus homogènes que ce qu'il semble au premier abord (chacune posséde, par exemple, un véritable postulat critique qui sous-tend l'histoire racontée, qu'il s'agisse de la télévision dans Disjoncté, du monde de la mode et des peoples dans Zoolander ou du système hollywoodien dans Tonnerre sous les Tropiques). A ce titre, son cinquième long-métrage, La vie rêvée de Walter Mitty, peut presque être envisagé comme une suite à son premier film, Génération 90, et ce dans la mesure où les deux oeuvres posent chacune un regard sur l'âge adulte. A plus de vingt ans d'écart, Stiller s'interroge et livre ainsi une nouvelle oeuvre symptomatique de sa personnalité et de sa vision du monde, transcendant un scénario que l'on croirait écrit spécialement pour lui.

Il n'en est cependant rien, car malgré ses apparats de "film d'auteur", La vie rêvée de Walter Mitty est bien une oeuvre de commande, un blockbuster à quatre-vingt dix millions de dollars. Le scénario de Steven Conrad (The Weather Man, A la recherche du bonheur) a en effet été proposé à de nombreux cinéastes (Steven Spielberg, Gore Verbinski ou Ron Howard pour ne citer qu'eux) avant que Ben Stiller, d'abord venu auditionner pour interpréter le rôle principal, ne se voit confier le projet. Le choix s'avère a posteriori judicieux car Stiller est parvenu à s'en emparer et à le personnaliser, au point qu'il forme aujourd'hui une pièce tout à fait cohérente de sa filmographie, certes plus sage et plus posée que ses deux précédents longs-métrages (il faut toutefois bien avouer qu'il est difficile de faire plus survolté que le délirant Tonnerre sous les Tropiques), mais tout aussi représentative d'un artiste qui, on le sait, possède et affiche une personnalité bien plus complexe et intéressante que celle du vulgaire bouffon.

Mais si La vie rêvée de Walter Mitty semblait fait pour Ben Stiller, le résultat final se trouve toutefois en deça des attentes suscitées. Il manque en effet à la part sérieuse de Stiller cette folie et ce côté imprévisible qui font toute la saveur de son génie comique. Tel quel, le long-métrage s'impose comme une oeuvre qui manque sérieusement d'audace, notamment dans la partie rêvée qui, si elle ne constitue pas le coeur du film, en est malgré tout la base. En levant le pied sur la pédale du n'importe quoi (levier qu'il maîtrise pourtant parfaitement), Ben Stiller nous concocte des séquences oniriques certes sympathiques, mais qui ne sortent jamais d'un cadre bien balisé (exception faite de l'excellente parodie de L'Etrange histoire de Benjamin Button). La frontière entre le rêve et la réalité est ainsi toujours bien marquée, et il faut attendre les quelques trop rares moments où les deux se rejoignent (le visage de Kristen Wiig dessiné avec les oiseaux) pour qu'une certaine poésie parvienne à se dégager de l'histoire.

Paradoxalement, le film s'envole et s'avère nettement plus convaincant dans tout ce qui est relatif à "la vie réelle de Walter Mitty". Ainsi, en dépit de quelques choix peu judicieux (monsieur tout-le-monde est capable d'escalader l'Everest, vraiment ?). Stiller y pose une atmosphère mélancolique qui sied parfaitement au propos, parvenant à l'occasion à y injecter de cette folie qui manque cruellement à la partie fantasmée (l'attaque du requin ou la fouille à l'aéroport, deux séquences à mourir de rire). On suit donc avec un intérêt réel la quête du personnage principal, ses rencontres avec nombre de protagonistes complètement improbables (le pilote d'hélicoptère ou le personnage de Todd), sa love-story certes très classique, mais bien portée par un couple d'acteurs en phase. En cela, La vie rêvée de Walter Mitty raconte une histoire simple, souvent touchante, dont la morale, toute droit sortie des studios Disney (il faut vivre ses rêves, encore et toujours), s'avère transmise au spectateur avec une sincérité indéniable.

Si l'on a envie de croire à l'histoire que nous raconte le film, c'est également pour ses nombreux partis pris esthétiques. A l'époque du tout numérique, voir un long-métrage dont la prod design se base uniquement sur des paysages naturels à quelque chose de rafraichissant. Groenland, Islande, Afghanistan, Everest, La vie rêvée de Walter Mitty transporte le spectateur aux quatre coins du monde pour un périple au combien dépaysant. Les environnements urbains ne sont pas en reste, la mise en scène parvenant à magnifier les barres d'immeubles et les building de verre et de béton. Indéniablement, Ben Stiller livre son film le plus abouti sur un plan purement esthétique, traversé d'idées classieuses et stylisées (la photo de Sean Penn, la scène de l'aéroport, la manière dont les écritures s'inscrivent dans les environnements). En plus, devant la caméra, il assure du début à la fin, composant un personnage lunaire très attachant, capable, comme d'habitude, de faire rire avec peu de chose.

La conclusion de

La vie rêvée de Walter Mitty est un beau film, sur la forme comme dans le fond. Esthétiquement, la mise en scène parvient ainsi à capter l'essence des divers lieux traversés, qu'il s'agisse de magnifiques paysages naturels comme d'environnements urbains. Scénaristiquement, le long-métrage délivre un message résolument sincère, optimiste, frais, qui, en refusant toute forme de cynisme, transmet au spectateur toute sa quintessence. On pourrait certes détester la simplicité du message, pester sur le grand classicisme du tout, ou faire remarquer qu'en dépit du point de départ, Ben Stiller livre son film le moins inspiré, mais ce serait oublier qu'au final, on ressort tout de même de la salle avec le sourire et du beaume au coeur, preuve que la leçon de vie de Walter Mitty a trouvé écho en nous.

Que faut-il en retenir ?

  • Ben Stiller, impeccable,
  • Une mise en scène classieuse et stylisée,
  • La prod design axée autour de "vrais" paysages,
  • Un message optimiste qui ne souffre d'aucun cynisme.

Que faut-il oublier ?

  • Un film qui ne parvient pas vraiment à surprendre,
  • Quelques maladresses et aux facilités ici et là.

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