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Critique du Film : L'Arène
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Critique du Film : L'Arène

Avis critique rédigé par Vincent L. le mercredi 27 novembre 2013 à 1045

Pour les amateurs de WIP (s'il en reste)...


Genre ayant connu un attrait du public dans les années soixante-dix, le Women in Prison (ou WIP pour faire plus court) était un type de film d'exploitation dont l'objet était de mettre en scène des femmes... dans une prison. Un concept qui pouvait donc être résumé en trois mots, et qui n'allait en général pas beaucoup plus loin que ça. Ces longs-métrages tournaient en effet autour de séquences similaires (les douches collectives, les bagarres entre prisonnières, les brimades des gardiens) dont le but affirmé était d'exposer les physiques avantageux de leurs héroïnes, et ce pour le plus grand plaisir d'un public adepte de spectacles bas de plafonds mêlant sexe et violence (public auquel les WIP étaient uniquement destinés car, comme dans les pornos, on n'y cherchait pas de qualités artistiques). Parmi les plus célèbres WIP, on citera par exemple Ilsa la louve des SS ou Femmes en cage (rien que les titres annoncent la couleur, n'est ce pas ?).

Tout cela pour dire que le premier film du réalisateur John C. Waller, Raze, appartient au genre aujourd'hui moribond des WIP. Le réalisateur présente même son long-métrage comme un hommage à ce genre de cinéma, un spectacle en reprenant les qualités pour proposer quelque chose de violent et de brutal, le tout traité avec un premier degré se voulant respectueux. Outre le fait que l'on puisse a priori douter que les WIP puissent réellement avoir des qualités (au sens artistique du terme, bien évidemment), le projet avait su se faire alléchant, notamment grâce à la présence au casting d'un certain nombre de comédiens donnant de la crédibilité au projet : Zoe Bell, Rachel Nichols, Tracie Thoms, Sherilyn Fenn, Bruce Thomas et Doug Jones. Mais au final, force est de constater que si Raze n'est pas un ratage total, il ne parvient jamais dépasser les contraintes du genre, et s'avère au final doté du même intérêt que tous les WIP, c'est à dire très peu.

Raze met donc en scène une vingtaine de personnages féminins dont l'unique objectif sera de se castagner jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'une. Un principe à la base répétitif, mais assumé comme tel par un scénario qui ne propose rien d'autre (même pas des douches collectives, hérésie !). Malgré un enrobage prenant une forme intéressante dans le premier quart d'heure (qui réserve d'ailleurs la seule véritable surprise du film), on s'aperçoit vite que le long-métrage ne s'articule qu'autour d'un enjeu unique (il faut battre tout le monde pour espérer survivre). Même si le scénario tente de travailler ses personnages, de leur donner des raisons de lutter ou de les caractériser un minimum, tout cela s'avère au final complètement vain tant le potentiel dramatique s'avère proche de zéro (il n'y a qu'une seule héroïne, on sait très rapidement de qui il s'agit, donc il n'existe aucun doute quant au fait qu'elle va gagner tous ses duels, au moins jusqu'au dernier).

Parce qu'il ne fait qu'enchainer mécaniquement les combats, Raze s'avère donc terriblement répétitif, un aspect du scénario qui aurait pu être contrebalancé par la mise en scène, si cette dernière ne se contentait pas de reprendre invariablement la même formule (la petite pirouette scénaristique de fin arrivant malheureusement trop tard pour éveiller l'intérêt). Tous les affrontements sont en effet filmés de la même manière, et aucun ne propose une quelconque nouveauté (pas d'armes, pas de nouveaux participants, rien qui ne permette de casser cette routine). Pire que cela, les scènes d'actions s'avèrent peu chorégraphiées (et, une nouvelle fois, toujours de la même façon) et l'espace restreint qui sert d'arène ne laisse que peu de place au réalisateur pour mettre en boite des plans ambitieux. Raze est donc un film d'action pauvre, qui parvient toutefois à faire un minimum illusion grâce à son côté ouvertement brutal, la violence des coup n'étant jamais filmée hors-champ.

Malgré tous ces défauts, le côté bourrin et ouvertement premier degré de Raze le rend tout de même regardable, jamais transcendant, certes, mais pas non plus complètement honteux. Ainsi, sans jamais être passionnant, le film s'avère relativement distrayant pour peu que l'on adhère un minimum à la simplicité du concept. Le rythme est correctement entretenu, les combats ne s'éternisent pas, les choses vont à l'essentiel sans s'embarasser de détails inutiles, et, surtout, le film ne dure que quatre-vingt minutes. De plus, Zoe Bell assure correctement sa partie, efficace dans ce qu'elle tente de transmettre à son personnage, suffisamment charismatique pour réussir à porter le film sur ses épaules jusqu'à la fin (ce qui n'est malheureusement pas le cas de ses partenaires de jeu qui, parce qu'elles n'ont rien à jouer, oscillent entre l'insipidité et le cabotinage).

La conclusion de

Raze est un women in prison aussi réussi et passionnant que n'importe quel women in prison. Si son réalisateur parle d'hommage au genre, on serait plutôt tenté de dire que le long-métrage ne fait que reprendre une formule aujourd'hui tombée en désuétude (et on le comprend vu la pauvreté du sujet) et la duplique sans aucune originalité. Raze, c'est donc une série B dans laquelle une vingtaine de femmes se battent à mort pendant 1h20, sans que le film n'essaie de raconter quoi que ce soit d'autre. La mise en scène plan-plan et le côté ultra répétitif des combats à peine chorégraphiés font du film un spectacle basique, pas foncièrement ennuyeux (on peut tout à fait l'aborder à la manière d'un plaisir coupable), mais qui n'intéressera que les amateurs les plus mordus du genre. La question est : en existe t-il encore ?

Que faut-il en retenir ?

  • Le côté bourrin de l'ensemble,
  • Zoé Bell, qui assure sa partie,
  • Ce n'est pas très long, donc pas trop ennuyeux.

Que faut-il oublier ?

  • Une formule qui ne se renouvelle jamais,
  • Des combats à peine chorégraphiés,
  • Une histoire ? Lol...

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