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Critique du film : Il était temps [2013], par Vincent L.

Avis critique rédigé par Vincent L. le jeudi 14 novembre 2013 à 17h30

Un gentil téléfilm dominical...


En l'espace d'une vingtaine d'années, Richard Curtis est devenu le pape de la comédie romantique. L'homme est en effet scénariste des plus grands succès commerciaux du genre : Quatre mariages et un enterrement, Le journal de Bridget Jones et sa suite, Coup de foudre à Nothing Hill ou Love Actually composent ainsi les pièces maîtresses de sa filmographie, éclipsant presque totalement les autres travaux qu'il a pu effectuer en parallèle (il est par exemple le co-créateur de Mr. Bean avec Rowan Atkinson, et a signé le script de Cheval de Guerre pour Steven Spielberg). Comme réalisateur, Curtis est cependant nettement moins prolifique, avec seulement deux longs-métrages en l'espace de dix ans : Love Actually et l'excellent Good Morning England. Il était temps est ainsi son troisième film, ainsi que, plus accessoirement, sa première incursion dans le genre fantastique.

S'il est en effet question de voyage dans le temps dans Il était temps, l'argument fantastique s'avère toutefois n'être qu'un simple McGuffin dans la construction du scénario. Richard Curtis ne porte ainsi visiblement aucun intérêt au procédé, qui ne sera d'ailleurs jamais expliqué autrement que par un simple "c'est comme ça, ça ne s'explique pas". Quant aux conséquences des voyages dans le temps, aux paradoxes ou aux réflexions sur le déterminisme que l'on trouve généralement dans ce genre d'oeuvre, elles sont pour ainsi dire inexistantes. Non, une seule chose intéresse clairement Curtis, et l'ingrédient surnaturel n'existe que dans cette seule optique de traitement : la thématique du "Comment être heureux". C'est un choix que regretteront probablement les spectateurs venus regarder une fable fantastique, mais ce parti-pris artistique peut toutefois s'entendre et se justifier.

Non, au delà de cela, ce qui est réellement génant dans Il était temps, c'est que l'histoire racontée est tout bonnement inintéressante. Si l'on considère les choses sous un angle quelque peu caricatural, on dira que le film s'intéresse aux soucis d'un fils de bonne famille, aimé et choyé par ses parents, exerçant la profession d'avocat au barreau de Londres et marié avec la jolie Rachel McAdams. Arrêtez, c'est trop horrible ! Les problèmes qu'il va rencontrer au fil de sa vie d'adulte et qui l'amèneront à utiliser son pouvoir n'ont ainsi absolument aucun intérêt : il a hésité à embrasser un fille lors d'un réveillon du Nouvel An, il a déclaré sa flamme trop tard à son amour de jeunesse, il enchaîne les maladresses avec ses beaux-parents, etc. Au mieux, ce sont des moteurs de gags, au pire de reflexions au ras des paquerettes (le film se conclut sur un merveilleux : la choses la plus formidable au monde, c'est la famille et les enfants).

Le pire reste que le scénario évite consciencieusement de traiter tous les sujets un peu graves pour rester coute que coute dans une légèreté superficielle. Le personnage de Kit-Kat est ainsi symptomatique de la façon dont Il était temps cherche à fuir un quelconque traitement trop dramatique de son propos. Plus intéressante que le héros bien insipide du film, parce que mal dans sa peau, parce que faisant de vrais mauvais choix de vie, cette dernière n'est jamais exposée ou utilisée au-delà d'une simple péripétie sans conséquence. Les choix liés à ce protagoniste - pourtant réellement difficiles sur le principe !  - sont ainsi toujours rapidement évacués d'un simple revers de la main, avec une facilité qui confine presque à l'insolence (on le sait tous, si les alcooliques ont des problèmes de dépendance et n'arrivent pas à se sortir de leur spirale infernale, c'est parce qu'ils le veulent bien !).

C'est, d'une façon générale générale, l'autre problème qui pèse sur Il était temps : le peu d'intérêt que présente le couple de personnages principaux. Fades et bien propres sur eux (après le navrant Hors du temps, Rachel McAdams devrait songer à arrêter les histoires d'amour à base de voyages temporels), il ne pèsent pas très lourd à côté d'une galerie de rôles secondaires aussi réussis que mal exploités. De l'ami dramaturge à l'oncle bienveillant en passant par la soeur déjantée, ils sont dotés de personnalités nettement plus intéressantes, parvenant en de rares occasions à amener avec eux ce qui manque cruellement au film : du mordant, du cynisme et une touche de décallage pour faire passer le message bien mièvre et moralisateur qui nous est assené avec la subtilité du char d'assaut.

Malgré cela, Il était temps se laisse tout de même regarder, sans grand plaisir, mais sans déplaisir non plus. Richard Curtis sait raconter une histoire, alterner entre le rire (rare mais efficace) et l'émotion (la dernière scène du film entre Jim et son père fait son petit effet). Si l'on pourra trouver le traitement un rien trop long (deux heures pour ne parler de rien, c'est tout de même beaucoup), il n'empêche que les séquences sont correctement maîtrisées, et portées par des comédiens qui, sans livrer les prestations de l'année, s'avèrent solides (Bill Nighy en tête, comme d'habitude). Malgré tous les reproches que l'on peut faire au film, on sera enfin reconnaissant à Richard Curtis d'avoir su lever le pied sur le pathos, et ainsi éviter de sombrer dans un côté lacrimal qui aurait rendu le long-métrage insupportable. En l'état, tout insipide et inoffensif qu'il soit, le divertissement minimal est assuré.

La conclusion de à propos du Film : Il était temps [2013]

Vincent L.
40

Avec Il était temps, Richard Curtis a visiblement voulu raconter une histoire universelle sur l'amour, le bonheur, les relations humaines et sur les petits plaisirs invisibles de la vie. Malheureusement, bien que sincère dans sa démarche, il n'est parvenu à éviter aucun piège de l'exercice, et nous sert au final un long-métrage plein de guimauve, de bons sentiments, de personnages fades et de réflexions ultra-banale. Au final, si le film se suit sans réel déplaisir, à la manière d'un gentil téléfilm dominical, il ne parvient jamais à susciter un véritable intérêt. Dans le genre, Un Jour sans fin reste encore la référence...

Que faut-il en retenir ?

  • Une mise en scène correcte,
  • Des personnages secondaires sympathiques,
  • Des comédiens qui assurent un minimum

Que faut-il oublier ?

  • Une histoire sans aucun intérêt,
  • Les personnages principaux, très fades,
  • Le côté moralisateur de l'ensemble,
  • Aspect humoristique trop en retrait,
  • Un rien trop long vu la vacuité du sujet,

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