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Critique du film : C'est la fin [2013], par Vincent L.

Avis critique rédigé par Vincent L. le mardi 15 octobre 2013 à 13h29

Un film amateur à 32 millions de dollars...

Adapté du court-métrage Jay and Seth versus the apocalypse, C'est la fin possédait, a priori, tous les attributs du film cool : la bande de comiques issu du cinéma de Judd Apatow jouant leurs propres rôles, des caméos par dizaines, et un postulat alléchant dans lequel ces starlettes hollywoodiennes tentent de survivre à l'apocalypse en renvoyant une image d'eux-même bien peu flatteuse (sexe, alcool et autres substances illicites étant bien sur au programme). A la barre de cet OVNI, deux des têtes de file de la nouvelle scène comique US, Evan Goldberg et Seth Rogen, qui, après avoir signés quelques scénarios  (Supergrave, Delire Express ou The Green Hornet), occupaient pour la première fois la place de réalisateur. Bref, pour peu que l'on adhère un minimum à leur humour beauf, le programme s'annonçait bien délirant. Au final, le constat n'en est que plus amère, car C'est la fin est un film très décevant.

Si le résultat n'est pas complètement castastrophique, il est toutefois beaucoup trop faible pour réussir à emporter l'adhésion. C'est la fin est en effet film de branleurs, un vrai. Pas le peine de prendre le temps de raconter une histoire, d'élaborer une mise en scène ou de travailler ses effets comiques, car le casting quatre étoiles est là pour faire rustine. Au programme : des personnages qui s'appellent de manière fort naturelle par leur nom complet pour bien appuyer sur le côté "je joue mon propre rôle, regardez comment je suis cool" (« Comment ça va James Franco ? Ca va, et toi Seth Rogen ? »), des private jokes de potes qui mettent bien à l'écart le public, des références que l'on a intérêt de connaître pour bien comprendre la majorité des gags, de la drogue et de l'alcool pour le côté festif, et bien sur un scénario qui part dans tous les sens sans essayer de construire quoi que ce soit. Mais peu importe, car les acteurs sont là, et ils s'amusent bien en faisant les pitres dans une bonne humeur plutôt communicative.


​L'idée de départ était pourtant bonne, et nul doute qu'il y avait moyen de faire quelque chose de bon avec ce matériaux. Tel quel, il est pourtant bien difficile d'identifier le ton qu'ont cherché à avoir les deux réalisateurs. Parfois, on a l'impression qu'ils ont voulu faire la même chose qu'Edgar Wright et Simon Pegg dans leur trilogie Blood and Ice Cream, à savoir un contexte surnaturel sérieux dans lequel sont jetés des personnages qui amènent toute la partie humoristiques. Parfois, on se dit juste qu'ils ont voulu se lâcher et partir sur un gros délire façon Z.A.Z. Dans un cas comme dans l'autre, c'est raté, car C'est la fin n'est malheureusement qu'une succession de saynètes péniblement connectées les unes aux autres, dans lesquelles toute forme de cohérence scénaristique est sacrifiée sur l'autel du gag (et du gag facile très souvent). On peut toujours taper sur la comédie française franchouillarde sans ambition, mais là, force est de constater que l'on se trouve dans le même registre.

Du coup, on suit l'histoire sans vraiment se passionner pour ce qu'elle raconte, attendant le bon mot ou la bonne séquence pour sortir de notre torpeur, ce qui, soyons honnête, arrive tout de même de temps en temps. Certaines scènes de C'est la fin sont ainsi très réussies et amènent à de bons fous-rires (la fiesta pré-apocalyptique, le long dialogue bien débile autour du viol d'Emma Watson ou la scène de cannibalisme par exemple). Malheureusement, la plupart des séquences tombent à plat, ne fonctionnant pour ainsi dire que très peu, voire pas du tout (la parodie de L'Exorciste ou la pathétique scène finale en sont deux parfaites illustrations). On rit donc parfois, mais on rit trop peu souvent (pour fonctionner, le n'importe quoi doit être parfaitement construit). Et pour pour peu que l'on soit allégique à l'humour d'Evan Goldberg et Seth Rogen, inutile de tenter l'expérience, car le film est à leur image (ainsi qu'à leur gloire pourront dire certains détracteurs).


​Tout cela est d'autant plus vrai que la mise en scène est diablement paresseuse (sans faire un mauvais jeu de mots). Le côté amateur du projet ressort ainsi de chaque image du film, qui s'apparente réellement à un téléfilm. C'est la fin manque de tout : d'envergure, d'ambition, d'idées, ... Le huis clot est ainsi très péniblement entretenu, les décors sont mal mis en valeurs, et, techniquement, le film s'avère très moyen. Honnêtement, outre son casting et ses effets spéciaux pas trop mauvais (la plupart du temps), le long-métrage ressemble à un film amateur que des potes auraient mis sur une plateforme de partage vidéo. A la rigueur, si ça avait été le cas, il est certain que C'est la fin aurait eu un capital sympathie bien plus élevé, mais là, il ne faut pas oublier que l'on se trouve devant un film au budget de 32 000 000$ pour lequel on nous demande de payer une place...

Ceci étant dit, s'il y a bien une chose que l'on ne peut retirer à C'est la fin, c'est l'indéniable l'efficacité de son casting. A ce niveau, Goldberg et Rogen ont eu le nez fin, car les comédiens font parfaitement leur job de rustine (de luxe, certes, mais de rustine quand même). Entre les les acteurs qui cassent joyeusement leur image (Michael Cera, peu présent mais poilant de bout en bout), les caméos à mourir de rire (l'apparition de Channing Tatum est grandiose) et les six comédiens principaux qui s'amusent de bout en bout (même Jay Baruchel parvient à être drôle, c'est dire !), force est de constater qu'ils permettent de rendre le spectacle un peu moins pénible. Dans le lot, on retiendra surtout la performance géniale de Danny McBride, qui parvient, l'espace que quelques scènes, à emporter le morceau et à s'offrir les meilleurs moments de ce film, certes raté à plus d'un niveau, mais finalement pas totalement désagréable à regarder

La conclusion de à propos du Film : C'est la fin [2013]

Vincent L.
40

C'est la fin aurait certainement pu être un bon long-métrage, mais pour cela, il aurait fallu qu'il soit autrement mieux maîtrisé. En l'état, il ne ressemble guère qu'à un film amateur, dont le côté bordélique et l'absence de structure scénaristique claire témoignent d'un véritable manque d'ambition. On vivote ainsi entre quelques séquences très drôles, et de nombreuses autres qui tombent lamentablement à plat. Reste finalement les performances des divers comédiens, qui s'amusent clairement et parviennent à transmettre aux spectateurs une (petite) partie de leur énergie. Cela n'en rend pas le film meilleur, au mieux plus regardable.

Que faut-il en retenir ?

  • Des acteurs qui s'amusent,
  • Quelques bonnes séquences,
  • Des idées, même si mal exploitées.

Que faut-il oublier ?

  • Une mise en scène assez pauvre,
  • Un côté bordélique mal maîtrisé,
  • Beaucoup de séquences qui tombent à plat,
  • Techniquement très moyen,
  • Clairement moins drôle si on ne possède pas les références.

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