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Critique du jeu de société : Trajan [2012], par Amaury L.

Avis critique rédigé par Amaury L. le jeudi 5 septembre 2013 à 15h09

Trajan, le triomphe de soi...

110 après J.-C., l'empire romain domine le monde connu. Il est à l'apogée de sa gloire et de sa puissance, gouverné par l'empereur « Optimus princeps » Trajan. Les frontières apparaissent sécurisées et Rome se concentre sur des questions internes. Qui va succéder au régent actuel ? Mais le peuple et les Dieux réclament nourriture et offrandes, surtout ne les ignorez pas !

Le triomphe du petit pion.

Trajan s'enrobe des dimensions standards en terme de centimètre pour le pourtour de sa boîte. L'intérieur regorge d’éléments au demeurant classiques, une soixantaine de pions (chef, ouvrier, légionnaire), de quatre plateaux individuels au design plutôt abstrait, de soixante cartes Marchandise graphiquement ternes, et d'environ deux cents tuiles cartonnées diverses (Forum, Construction, Navire...). On termine par un plateau aux tons pastels qui symbolise l'Empire romain et se découpe six parties distinctes (Forum, Port, Sénat, Construction, Conquêtes militaires et Arc de Trajan). Si le visuel artistique n'enflamme pas l'imagination, la boîte demeure abondamment remplie et aucun défaut de fabrication n'entache l'ensemble.

Le triomphe de l'Awalé.

Comme souvent, le but ultime de Trajan reste de marquer un maximum de points. Après une mise en place qui s'étale sur une dizaine de minutes, les joueurs effectuent une action en utilisant un principe mécanique qui rappelle le vénérable jeu de semailles africain, l'Awalé ou le Mancala. Cette section est compartimentée en six cases, sur lesquelles naviguent douze pions octogonaux, deux par couleur. Le joueur annonce oralement, en déterminant sa case de départ, le nombre de pions contenus dans cette dernière et se déplace d'autant en « semant » sur chaque case traversée un pion. La case où il pose son dernier pion indique l'action à réaliser (optionnel).

Le chiffre proclamée sert aussi à mouvoir un marqueur Temps sur la piste circulaire adéquate, plus ou moins longue selon le nombre de participants. Quand ce pion effectue un tour complet, un jeton Demande du peuple est révélé (pain, jeu, religion). Si le marqueur Temps accomplit son quatrième tour, le trimestre se termine. La partie se clôture au terme de quatre trimestres. Les joueurs accomplissent des actions selon leur case d'arrivée. Dans le port, il sera possible de transporter des marchandises (combinaisons de cartes qui procurent des points de victoire immédiats), d'acheter (piocher) des ressources, ou étaler une ou deux cartes devant soi. Toutes les cartes posées devant le joueur sont susceptibles de rapporter des points bonus en fin de partie selon les tuiles Bonus récupérées (entre zéro et trois points par carte). Dans le forum, on récupère des tuiles Forum (pain, jeu, religion, action supplémentaire, voix en plus pour désigner le chef du sénat...). On peut aussi opter pour la conquête de nouveaux territoires (bonus identique à ceux du Forum) et avec la possibilité d'engranger des points de victoire (entre trois et dix points). Au sénat, on récupère des voix et des points de victoire (de deux à trente cinq points) et surtout en cas de majorité, l'acquisition gratuite d'une tuile Bonus, toujours intéressante en points de victoire en fin de partie.

Construire des bâtiments sur Rome amène aussi des points immédiats (entre deux et cinq) et parfois donne l'usufruit d'une action supplémentaire. Surtout, si on spécialise dans la construction d'un type de bâtiments (trois ou quatre identiques), le bonus accordé en fin de partie s'élève entre dix et vingt points. On termine par la dernière action envisageable, acquérir des tuiles Trajan. Il en existe plus d'une dizaine différentes, chacune avec leur caractéristique (recruter des légionnaires ou des ouvriers, neufs points de victoire immédiat, pioche de cartes Marchandise, des tuiles Demande du peuple permanentes...). Pour la réaliser, elles sont placées au dessus de chaque case du « mancala », il faut avoir les deux pions octogonaux de couleur identique à celles de la tuile concernée. Lorsqu'un trimestre se termine, il faut répondre aux trois besoins actuels du peuple, sinon cela occasionne des pertes sèches en points de victoire.

Un air de triomphe.

Trajan est l'ouvre de Stefan Feld, un créateur reconnu pour ses jeux de haute qualité (Notre Dame, L'année du dragon...). Pour les amateurs de grosses mécaniques et de réflexion intensive et pour qui le thème ne revêt pas un caractère indispensable, alors Trajan possède des arguments bétons pour assouvir leurs penchants ludiques. Malgré un principe de base d'une simplicité étonnante, tout le jeu tourne autour d'une mécanique empruntée aux jeux de semailles africains (les Mancalas), les déclinaisons trouvées par l'auteur pour enrichir ce système efficace ne cessent d'étonner au fur et à mesure que les parties s'affichent au compteur. Les premiers essais donnent une impression d'opulence exagérée et certains participants prononcent des commentaires négatifs , « c'est bien compliqué pour finalement pas grand chose... ». Une erreur impardonnable si on ne dépasse pas le cap d'une ou deux parties. Ensuite, vient une phase d'apprentissage alléchante, où chacun essaie de repérer une stratégie rémunératrice en points plus prometteuse. On s'interroge sur l'efficacité de se concentrer sur une tuile Trajan particulière (celle qui donne deux actions supplémentaires par exemple) qui, avec une maîtrise ajustée, accélèrent efficacement le développement de votre prétendant au « trône ».

Ce mécanisme de « semailles » impose une concentration constante afin de rentabiliser au mieux chacun de ses agissements. L'anticipation plusieurs coups en amont et une programmation millimétrée de ses petits pions octogonaux sur ces six cases Obole demeurent les pierres fondatrices dans cette quête ininterrompue de points de victoire. Tout se concentre sur cet aspect matérialiste, comment engranger un maximum de points ? La cogitation s'intensifie en cours de trimestre, selon les manœuvres des concurrents, et cette course contre le temps. Ce marqueur Temps impose des choix cruels, élargit les dilemmes, l'abandon d'une action pourtant intéressante au profit d'une urgence, bloquer un adversaire qui développe un monopole trop juteux, court-circuiter un rival si cela occasionne à son encontre une grosse perte de points. On se réjouit devant cet étal majestueusement achalandé de possibilités différentes. Chaque partie se renouvelle même si on repère quelques passages obligés si on souhaite concourir pour la victoire. Certains secteurs procurent de tels bonus qu'il faut impérativement se positionner avantageusement ou du moins ne pas laisser « la porte ouverte » à ses concurrents. Au delà de ses qualités intrinsèques incontestables, Trajan développe une tension permanente qui empêche tout moment d'ennui de s'installer. On ne voit pas le temps passer, un signe indéniable d'une tenue impeccable de la création de Stefan Feld, malgré un temps de partie estimé à trente minutes par joueur présent autour de la table. Attention toutefois, l'exigence requise destine principalement ce « poids lourd » aux personnes aguerries, expérimentées et prisant les engrenages accomplis. De plus, Trajan tourne aussi bien à deux joueurs, qu'à trois ou quatre. Que demander de plus ? Si on excepte une thématique moyennement appuyée, un matériel froid dans son ensemble et une mise en place assez fastidieuse (tri des pions, les tourner face cachée...), Trajan réunit tous les ingrédients pour satisfaire es plus endurcis. Une ère de triomphe commence... Proposé initialement par l'éditeur allemand Ammonit, Trajan bénéficie depuis d'une francisation complète ordonnée par Gigamic, ce qui offre à ce jeu plutôt réservé à une niche, une exposition élargie commercialement, puisqu'il se trouve dans des grandes enseignes spécialisées dans le jouet. Le début d'une démocratisation du jeu de société, ou erreur de casting ?

La conclusion de à propos du Jeu de société : Trajan [2012]

Amaury L.
90

Trajan est un jeu où les multiplications pour marquer des points atteingnent son apogée. On ne cesse de courir plusieurs lièvres à la fois mais cela s'avère délicat, car on n'est pas seul dans le monde de Trajan. Pour les amateurs de grosses mécaniques à l'allemande(avec la reprise partielle du déplacement de l'Awalé), Trajan représente une évidence, une réussite absolue. Un triomphe "ou Trajan" !

Que faut-il en retenir ?

  • Un gros jeu parfaitement millimétré.
  • Des mécanismes originaux.
  • Un gros potentiel de renouvellement.
  •  

Que faut-il oublier ?

  • Matériel terne.

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