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We are what we are >

Critique du Film : We are what we are

Avis critique rédigé par Vincent L. le mardi 23 juillet 2013 à 13:31

Aussi peu abouti que le film original...

Il n'aura pas fallu très longtemps pour que le cinéma américain s'empare de cette petite curiosité qu'était Ne nous jugez pas, film mexicain de Jorge Michel Grau remarqué il y a deux ans dans divers festivals (notamment le Festival du Film Fantastique de Gérardmer où il reçut le prix du jury en 2011). On connaissait bien évidemment cette désagréable tendance au remake dans l'industrie cinématographique hollywoodienne, mais voilà maintenant qu'elle envahit les productions indépendantes ! Moins de trois ans après la sortie du film original, sa relecture américaine, We are what we are, était donc présentée à Sundance, puis dans divers autres festival à travers le monde, avant de sortir dans les salles obscures françaises, honneur que n'avait même pas eu le film original...

Ceci étant dit, et toute réserve de principe mise à part, We are what we are semblait tout de même être un remake avec du sens. En effet, en dépit de ses quelques récompenses et malgré la pertinence de son sous-texte, Ne nous jugez pas n'était pas à proprement parler un bon film. De plus, les thématiques abordées étaient propres à la société mexicaine, et ne pouvaient normalement pas être dupliquées telles quelles dans une version américaine. Enfin, le projet était entre les mains du duo Jim Mickle/Nick Damici, lesquels avaient, par le passé, largement démontrés qu'ils étaient autre chose que de simples copieurs opportunistes (Stake Land, visiblement produit pour surfer sur le succès de Je suis une légende, était bien plus qu'un simple ersatz sans saveur).

Pourtant, au final, difficile d'encenser We are what we are qui, par de nombreux aspects, s'avère aussi peu abouti que le film original. Si le contexte a correctement été transposé dans l'Amérique profonde, et si les thématiques sont judicieusement passées de la misère sociale à l'intégrisme religieux, le scénario souffre malgré tout de son manque d'originalité et de la masse d'invraisemblances qui affaiblissent considérablement son propos. Le film s'égare de plus progressivement dans les méandres de figures imposées peu pertinentes (l'incontournable enquête policière qui, en plus d'être inutile, met en lumière toutes les incohérences) jusque dans un final grand-guignolesque - à la limite du ridicule - qui dénote avec la grande sobriété du reste du film.

Cela est d'autant plus dommage que dans les thématiques qu'il traite, We are what we are est loin d'être un film idiot. Les divers personnages qui composent cette famille cannibale sont intéressants (tant dans leurs caractères, dans leurs comportements que dans leurs évolutions au fil du long-métrage), et la vision de cette Amérique rurale, prisonnière de rites et de traditions qu'elle ne comprend plus vraiment mais qu'elle continue à perpétuer simplement par peur, s'avère bien souvent pertinente, donc riche en terme de réflexion. Une fois de plus, on retrouve cette vision bien pessimiste de l'humanité qui caractérise le travail de Jim Mickle et Nick Damici, et qui apporte à la fois une identité et une véritable profondeur à leurs oeuvres.

La mise en scène de Jim Mickle est à l'image de ce scénario en dents de scie, pleine d'idées mais dans l'ensemble pas très aboutie. Si l'on voit assez clairement où le réalisateur à voulu en venir (une montée dans l'horreur qui va crescendo, d'abord purement psychologique puis de plus en plus concrète), le traitement n'est pas toujours convaincant. L'ambiance générale de We are what we are est ainsi péniblement entrenue tout au long du long-métrage : d'abord réussie avec ces scènes de déluge torrentielles et ce parti-pris d'images désaturées donnant aux protagonistes des airs livides, cette atmosphère lourde et pesante s'effrite petit à petit au fur et à mesure que le film avance, et que la réalisation cède progressivement à la facilité (la première scène de cannibalisme, tout en hors-champ, reste clairement plus pesante que le déferlement de violence plus convenu de la partie finale).

Et puis, comme dans Mulberry Street et Stake Land, Jim Mickle ne parvient pas à correctement rythmer son film. Si le parti-pris de la lenteur et d'un certain contemplationnisme est largement justifiable au vu du propos traité, Mickle ne réussit pas à convaincre dans sa façon de concrétiser ses ambitions. Les plans s'avèrent souvent trop étirés (y compris les plans de coupe !), et les scènes ne réussissent presque jamais à s'arrêter au moment. Il en résulte une absence de rythme qui nuit fortement à la partie dramatique du film, chose d'autant plus dommage qu'elle est cette fois au centre du propos (contrairement à ses autres films). On n'est ainsi jamais vraiment bouleversé par ce qui se passe dans We are what we are, et le destin des divers protagonistes intéresse finalement moins que les pistes reflexives proposées.

40

Nouveau film du duo Jim Mickle/Nick Damici, We are what we are est à l'image des autres longs-métrages que nous ont offert les deux hommes par le passé, dans ses bons comme les mauvais aspects. Ainsi, à l'honnêteté du traitement et à l'intelligence des thématiques abordées s'opposent une véritable absence de rythme ainsi qu'une atmosphère péniblement entretenue d'une scène à une autre. Les nombreuses invraisemblances du scénario et le traitement grand-guignolesque du dernier acte ne permettent finalement pas au film de garder la tête hors de l'eau, et l'imposent progressivement comme un échec. Cela est d'autant plus dommage que de par sa sincérité, le projet avait a priori toute notre sympathie.

Critique de publiée le 23 juillet 2013.

Que faut-il en retenir ?

  • Un projet honnête,
  • Des thématiques intéressantes,
  • Des personnages bien construits,
  • Un bon casting.

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario pas très original,
  • Une absence de rythme génante,
  • Une atmosphère mal entretenue,
  • Dramatiquement très faible,
  • Un final qui part en sucette,
  • Beaucoup d'invraisemblances.

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