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American Nightmare >

Critique du Film : American Nightmare

Avis critique rédigé par Vincent L. le dimanche 21 juillet 2013 à 17:11

Une bonne petite série B...

Producteur attitré des navrants Paranormal Activity, Jason Blum est paradoxalement en train de se forger une réputation flatteuse auprès des amateurs de cinéma d'horreur. En effet, au delà de sa saga tiroir-caisse, il aura produit ces dernières années les meilleurs films d'horreur à sortir des studios hollywoodiens (parmi lesquels ont citera notamment Insidious, Sinister ou The Bay). Sa recette est aussi simple qu'efficace : un budget réduit au strict minimum, une liberté totale pour le metteur en scène, et l'utilisation des infrastructures de communications des grands studios. Et la formule paye ! Ainsi son dernier né, American Nightmare, a engrangé près de cinquante millions de dollars de recettes au box-office pour un budget de seulement trois millions, alors même qu'il était classé R (interdit aux moins de dix-sept ans non accompagnés) et qu'il n'avait en tête d'affiche aucun acteur véritablement bankable.

Mais si Ethan Hawke ne possède pas la popularité nécessaire pour attirer les foules dans les salles obscures, ses récentes participations à Daybreakers et Sinister sont petit à petit en train de l'imposer comme une référence sérieuse du genre, capable de donner de la crédibilité à un projet. Dans le même ordre d'idées, si Lena Headey reste peu connue du grand public, ses participations au Trône de fer, aux Chroniques de Sarah Connor ou au récent Dredd en font également une figure connue des amateurs. Ainsi, en dépit du fait qu'il s'agisse du premier long-métrage "de genre" de son réalisateur (qui a fait ses premières armes avec le moyen Little New-York, déjà avec Hawke au casting), la réunion d'acteurs et de producteurs sérieux faisait de cet American Nightmare une petite curiosité. Et si l'on est pas à proprement parler scotché par le résultat final, le film s'impose tout de même comme une petite série B solide.

Home Invasion justifié par un principe de base qui décale l'action dans un avenir proche, American Nightmare se trouve dans la lignée de longs-métrages comme La course à la mort de l'an 2000, c'est à dire de futurs dystopiques dans lequel le meurtre est autorisé sous certaines conditions (ici dans un laps de temps bien précis). Ce concept ne sert pas que de point de départ du scénario, il apporte également son lot de thématiques et de réflexions (a)morales qui permettent de doter le long-métrage d'un sous-propos plutôt plaisant (jusque dans le générique final). Certes, le tout n'est pas d'une originalité et d'une pertinence à couper le souffle, mais ce traitement permet de donner plus de profondeur à un film qui, sans cela, aurait perdu une grande partie de sa force dramatique.

Cette dramaturgie est d'ailleurs impeccablement mise en valeur par l'utilisation du huis-clôt. Au départ lié à la contrainte budgétaire, le fait de ne jamais sortir de la maison confère à American Nightmare une grande puissance évocatrice, à l'image des génériques d'ouverture et de fin qui, en utilisant des images de vidéosurveillances ou des mots, permettent aux spectateurs d'appréhender ou d'imaginer les conséquences des évènements à grande échelle. On pourrait bien sur être déçus de ne pas voir de scènes cataclysmiques à l'écran, mais le procédé reste indéniablement efficace, plus, probablement, qu'un traitement graphique horrifique qui aurait certes été plus spectaculaire, mais clairement moins flippant. Et tout cela est au final d'autant plus important que si le film sait jouer avec les mécaniques du suspens, il ne réussit jamais à être véritablement angoissant.

En effet, en dépit de ces bonnes idées, le film souffre de trop de problèmes d'écriture. Les facilités et autres raccourcis scénaristiques sont ainsi nombreux, ne servant qu'à amener laborieusement les péripéties rythmant le long-métrage. Il en résulte un grand nombre de comportements incohérents et agaçants qui nuisent fortement à la crédibilité d'American Nightmare (à l'image de l'adolescente, qui, en dépit du danger de mort, ne va jamais suivre les consignes de ses parents, s'efforçant de rester seule du début à la fin). Impossible, donc, d'éprouver une quelconque forme d'attachement pour les personnages, et, sans cette empathie, difficile de se sentir véritablement concerné par leurs sorts respectifs, aussi funeste soit-il. Dans le même ordre d'idée, le climax du film est amené de façon tellement peu subtile qu'il peine réellement à convaincre (même si, avouons le, il est au fond plutôt bien vu)

Cette incurie dans l'écriture du scénario est d'autant plus dommage qu'en terme de mise en scène pure, le travail de James DeMonaco tient la route. Rien d'exceptionnel à l'horizon, mais le réalisateur connaît suffisamment son travail pour livrer une copie très correcte. American Nightmare est ainsi doté d'un bon suspens, s'avère parfaitement rythmé de bout en bout, et le postulat de violence gratuit amène à quelques situations bien stressantes (notamment si le spectateur est sensible à la thématique du Home Invasion). Certes, quelques éléments de décorum peuvent sembler un rien too much au regard de la crédibilité du dispositif (les masques et costumes des antagonistes notamment), mais cela permet de caractériser de manière assez efficace les divers agresseurs, et donc de donner au film un semblant d'identité visuelle appréciable.

60

Succès surprise au box-office US ce printemps, American Nightmare n'est clairement pas le Home Invasion ultime comme on a pu le lire ici et là. En effet, faute à son scénario formellement très médiocre, il échoue à emporter le spectateur au coeur de son récit, donc à être véritablement angoissant. Malgré tout, il n'en demeure pas moins être une bonne petite série B, bénéficiant d'une mise en scène appliquée et d'un concept de départ correctement exploité. Jamais ennuyeux, le film s'avère donc au final être un thriller honnête, et somme toute plutôt divertissant.

Critique de publiée le 21 juillet 2013.

Que faut-il en retenir ?

  • Un concept de base bien traité,
  • Une mise en scène appliquée,
  • Un casting qui tient la route.

Que faut-il oublier ?

  • Jamais vraiment angoissant,
  • De grosses facilités scénaristiques.

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