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Critique du film : Wolverine - Le combat de l'immortel [2013], par Jonathan C.

Avis critique rédigé par Jonathan C. le samedi 20 juillet 2013 à 11h56

La Griffe du Passé

Wolverine poster

Après l'énorme gâchis que fut le premier Wolverine, spin-off de la saga X-Men pourtant réalisé par le pas mauvais Gavin Hood (superbe Mon Nom est Tsotsi), la Fox et Marvel ont la bonne idée de confier cette fausse suite (car il s'agit d'une suite à X-men : l'affrontement final et non à X-Men Origins : Wolverine) au polyvalent mais cohérent James Mangold, qui avait déjà dirigé Hugh Jackman dans Kate & Leopold (c'est d'ailleurs sans doute la star qui a proposé le nom de James Mangold aux producteurs). Réalisateur éclectique capable de drames intimistes forts (Heavy, Une Vie volée) mais aussi de divertissements funs (Kate & Leopold, 3h10 pour Yuma, Knight and Day) ou torturés (Copland, Walk the Line, Identity), James Mangold est un excellent touche-à-tout dont la filmographie, westernienne sans en avoir l'air (le cinéaste est un fana de westerns, d'où son remake de 3h10 pour Yuma), se concentre en grande partie sur les mythes et héros de l'Amérique, des justiciers marginaux, solitaires, physiquement ou psychologiquement instables : c'est Stallone en shérif sourd et bedonnant dans Copland (stupéfiant western urbain), c'est Russell Crowe et Christian Bale dans le savoureux 3h10 pour Yuma, c'est Tom Cruise en super-espion dans le joyeux Knight and Day, c'est Joaquim Phoenix/Johnny Cash dans le fièvreux Walk the Line, ou même Winona Ryder en schizophrène internée dans le touchant Une Vie Volée...

Wolverine était donc un personnage parfait pour le cinéma de James Mangold, et on devine ce qui a plu au réalisateur de Identity dans le script pourtant maladroit de Mark Bomback et Scott Frank (qui sont repassé derrière le scénario de Christopher McQuarrie) : le côté schizo et suicidaire du héros, sa monstruosité (« - Quel genre de monstre êtes-vous ? - Wolverine »), et toute la partie introspective et psychologique, surprenante dès les premières minutes du long-métrage. C'était ce qui était raté dans le premier Wolverine, mais cette suite, qui a d'abord été proposée à Bryan Singer et Darren Aronofsky (avec Mangold, ce sont des cinéastes plus portés sur la psychologie que sur l'action), développe plus subtilement le personnage (malgré ses allures de clochard au début), qui lutte contre ses démons, se remet en question et finira par assumer sa malédiction (à savoir son immortalité), Logan/Wolverine ayant d'ailleurs quelques points communs avec un certain Connor MacLeod alias le Highlander. En évoquant le héros et son univers, James Mangold affirme que « C'est une iconographie que les westerns américains et les films de samouraïs partagent, et maintenant nous y insérons un personnage de comic book. »

Wolverine

Cinéphile, James Mangold convoque systématiquement l'âge d'or d'Hollywood pour revisiter ses genres : le mélo psycho ou romantique avec Heavy et Une Vie volée, le film noir avec Copland et Identity, le biopic avec Walk the Line, la comédie d'espionnage tendance screwball comedy avec Knight and Day, la comédie romantique avec Kate & Leopold, le western classique avec 3h10 pour Yuma...Mais avec Wolverine - Le combat de l'immortel, malgré ses petits airs de western (le morceau final de Marco Beltrami est d'ailleurs très proche d'un thème qu'il avait composé pour 3h10 pour Yuma, et le plan d'ouverture est un pano typique du western), James Mangold s'inspire directement du comic-book de Frank Miller et Chris Claremont et tape donc plutôt dans le film d'arts martiaux, le film de samouraïs/bushido, Wolverine étant d'ailleurs désormais assimilé à un Ronin (à savoir un samouraï sans maitre), puisque le professeur Xavier n'est plus là (ou presque). Évidemment ça reste une grosse production hollywoodienne et ça n'exploite pas à fond cette idée trop proche du cinéma d'exploitation, mais le cadre se situe en grande partie au Japon (un faux Japon filmé majoritairement en Australie à la demande de Hugh Jackman afin de créer des emplois, en échange de quoi le gouvernement australien a octroyé une subvention de 13 millions de dollars au film : why not ?), les décors sont très référentiels (l'affrontement nocturne dans le village enneigé évoque un Zatoichi ou un film d'Hideo Gosha), les acteurs japonais (soit 90% du casting, le directeur de casting étant d'ailleurs lui-même japonais et aussi réalisateur/producteur) parlent japonais entre eux (ça parait logique dit comme ça, mais dans un blockbuster ce n'est pas si évident), ça joue beaucoup sur les traditions japonaises et la culture locale (cf. l'amusant passage au Love Hotel), et certains des yakusas (notamment ceux du train) semblent sortir d’un film de Kinji Fukasaku, tandis que Logan/Wolverine détonne pas mal dans ce contexte qu'il apprend à maitriser. Comme le dit James Mangold, « Le Japon est un peu le monde d'Oz pour Logan : comme dans Le Magicien d'Oz, Logan se retrouve dans un rêve délirant. » A noter que The Wolverine sort juste après un autre bockbuster aux influences japonaises et se déroulant lui aussi au Japon, le Pacific Rim de Guillermo Del Toro.

Wolverine

Il y a quelque chose qui fait du bien dans Wolverine - Le combat de l'immortel, quelque chose de rafraichissant qui n'étonnera pas de la part de James Mangold, un cinéaste qui tient autant de l'artisan pop-corn efficace que de l'auteur consciencieux qui s'efface toujours derrière son sujet : c'est la modestie de l'entreprise, d'ailleurs budgétée à "seulement" 100 millions de dollars. Sorti à la suite de deux énormes blockbusters à 200 millions de dollars (à savoir Man of Steel et Pacific Rim), ce The Wolverine peut faire pâle figure niveau grand spectacle, mais c'est aussi ce côté série B qui séduit, avec ses ingrédients de western et d'arts martiaux. Un peu comme le mal-aimé After Earth de Shyamalan, The Wolverine est un blockbuster qui ressemble plus à une série B d'auteur, ce qui le rend plutôt attachant. On se souvient du premier X-Men Origins : Wolverine, de ses séquences d'action too much débiles, de ses CGI cartoonesques (le Blob, le climax…). Dans cette suite, James Mangold se concentre avant tout sur son personnage, sur le récit initiatique et sur la traque. Il n'y a pas énormément d'action ici : surprenante et visuellement superbe, la séquence d'introduction change de ce qu'on a l'habitude de voir dans ce type de production et replace Logan/Wolverine dans un contexte historique (les bombardements sur Nagasaki pendant la Seconde Guerre Mondiale), puis la première séquence d'action n'arrive qu'au bout d'une demi-heure : l'attentat et tentative d'assassinat pendant des funérailles, scène virevoltante quoiqu'un peu bordélique suivie d'une course-poursuite palpitante dans les rues de Tokyo (Will Yun Lee qui abat les yakusas avec ses flèches : jouissif !) puis d'un excellent affrontement dans/sur un train (la meilleure scène d'action du film, qui n'est pas sans rappeler le délire de Knight and Day mais aussi le duel final entre Denis Hopper et Keanu Reeves dans Speed) dont la sensation de vitesse est assez impressionnante. Après quoi il faudra attendre encore un bon moment avant la prochaine séquence d'action, à savoir l'affrontement bien tendu et jubilatoire contre Shingen Yashida (incarné par le toujours excellent Hiroyuki Sanada, qui jouait d'ailleurs dans les films de Kinji Fukasaku), puis la fight finale contre les deux grands méchants (dont la Vipère).

Hormis dans un climax très SF assez décevant qui surfe sur la tendance méchas (Wolvie et ses alliés y affrontent un robot-samouraï en adamantium dans un complexe high-tech), Wolverine - Le combat de l'immortel ne cède pas à la surenchère et fait l'économie de CGI, préférant la psychologie (certes basique), les cascades (fort bien exécutées), les combats martiaux (pas exceptionnels mais appréciables) et la tension dramatique (même pendant l'action), sur une musique de Marco Beltrami qui mêle sonorités western et sonorités orientales. Dans son optique de série B, James Mangold construit avant tout et comme souvent (cf. Knight and Day, 3h10 pour Yuma, Copland, Identity…) un vrai film de traque, ou Logan doit protéger une jolie japonaise (Tao Okamoto, qui a joué dans rien du tout auparavant) ayant touché un lourd héritage tout en déjouant un complot dans lequel il est impliqué malgré lui. The Wolverine est plus un thriller d'action qu'un film de super-héros blindés de CGI ; d'ailleurs il est peu question de "mutants" ici et Logan/Wolverine est cette fois plus humain et plus fragile puisque son pouvoir d'immortalité est mis à rude épreuve (il est blessé, il saigne, il se fait malmener…), ce qui le rend encore plus attachant.

Wolverine

Dans X-Men Origins : Wolverine, il n'y avait pas de sauvagerie, aucune griffure à l'écran, aucune plaie, des bastons tranquilles…Wolverine hésitait même à se battre alors qu'il enchainait les grimaces menaçantes et les sentences fatales pour souligner sa vengeance censée être impitoyable. « Je ferai couler le sang », disait-il pourtant, l'air enragé, alors qu'il n'y aura pas une once d'hémoglobine à l'écran et qu'il finira même par épargner le grand responsable de tous ses maux. Heureusement, dans le film de James Mangold, Logan est (un peu) plus badass et trucide d'ailleurs pas mal de bad guys ici (il explose son bodycount dès la première séquence d'action). Les affrontements et exécutions sont plus brutaux et bestiaux, cette fois ses griffes ne sont plus systématiquement clean et il y a quelques plans corsés (des blessures, du sang : enfin !), même si l'ensemble reste tout de même assez timide et ne va pas toujours au bout de sa badass-attitude (cf. Logan qui jette un salaud dans le vide…et finalement le salaud atterrit dans une piscine). Certains moments sont assez savoureux (Logan qui vient punir le chasseur survivant dans le bar, Logan qui interroge le ministre corrompu…), Logan envoie quelques bonnes punch-lines, Hugh Jackman fait merveilleusement la gueule et s'est bien entrainé physiquement (pour l'anecdote, il aurait même demandé des conseils à Dwayne Johnson, car selon lui « il fallait que la rage intérieure puisse se voir sur mon corps, il fallait voir les veines, je voulais sembler animal »), et les personnages secondaires sont assez ludiques sans jamais virer au grotesque, qu'il s’agisse de Yukio (Rila Fukushima), de la méchante Vipère (une Poison Ivy version Marvel campée par la bombe russe Svetlana Khodchenkova, vue dans La Taupe), du Samouraï d'argent (Will Yun Lee, le bad guy secondaire de Meurs un autre jour et le grand méchant dans Elektra) ou l'intriguant Yashida (Hal Yamanouchi, qui a commencé dans plein de bis ritals plus ou moins fameux pour finir dans Les Chemins de la Dignité, Nirvana, Push ou La Vie Aquatique). Famke Janssen ne sert pas à grand-chose (elle apparaît juste dans les rêves de Logan pour lui faire des bisous et lui sortir des sentences banales) mais on est toujours content de la voir.

Wolverine et Viper

Reconnaissons aussi à Wolverine - Le combat de l'immortel de ne pas céder au surdécoupage et aux effets boursouflés, en dépit d'une 3D anecdotique (dommage pour l'IMax). La réalisation est carrée et les scènes d'action sont lisibles, James Mangold ayant pu travailler avec son monteur attitré sans trop avoir la Fox dans les pattes (il a eu plus de chance que Gavin Hood, qui n'était alors pas aussi réputé que Mangold). Certains plans ont de la gueule (comme dans la première séquence) et la mise en scène se plait à iconiser, à juste titre, le héros. A noter que le chef opérateur n'a œuvré à ce poste que sur de pures séries B (La Crypte, Les Condamnés, Underworld 3 : Le soulèvement des Lycans, Bait) et a remplacé pendant le tournage et sans qu'on ne sache trop pourquoi le plus réputé Amir Mokri (le chef op' de Fast and Furious 4, Transformers 3, Bad Boys 2, Lord of War, Man of Steel...), un choix qui pourrait sonner comme une note d'intention quant à l'ambition de The Wolverine. Quand au lien établi avec le reste de la franchise, il faudra se contenter de Jean Grey qui vient hanter notre Logan et d'une séquence aguicheuse au milieu du générique de fin (donc ne quittez pas la salle trop vite).

Wolverine poster

La conclusion de à propos du Film : Wolverine - Le combat de l'immortel [2013]

Jonathan C.
68

Beaucoup moins spectaculaire et surchargé que la plupart des blockbusters hollywoodiens actuels, Wolverine - Le combat de l'immortel surprend par sa modestie et ne cède (presque) jamais à la surenchère, au surdécoupage ou aux CGI envahissants, privilégiant plus les cascades, la quête initiatique, la traque et l'aspect psychologique, le personnage étant mieux développé que dans le(s) précédent(s) opus. Il y a peu de séquences d'action mais elles sont bien réparties et très plaisantes (cf. celle du train). James Mangold réussit à la fois une série B d'artisan un peu old school (en réalité plus un thriller d'action qu'un film de super-héros ou de style comics-book) et un film « d'auteur » qui s'inscrit parfaitement dans son éclectique mais cohérente filmographie, peuplée de héros américains marginaux et torturés comme Logan. Le cadre du Japon (décors référentiels, langue respectée, culture et tradition très présentes, casting presque intégralement japonais…) et les ingrédients de westerns et de films de samouraïs ajoutent un certain charme exotique et original, le mélange Marvel + arts martiaux étant autrement plus réussis que dans un Elektra. Ça reste un divertissement timide et inoffensif, mais c'est assez rafraichissant, rondement mené (on ne voit pas passer les deux heures) par le savoir-faire du cinéaste et par un Hugh Jackman gentiment badass mais toujours sympathique.

Que faut-il en retenir ?

  • Une orientation série B d'action très plaisante
  • Le charme exotique du Japon et le casting à 90% japonais
  • Wolverine/Hugh Jackman toujours aussi attachant
  • C'est un film de James Mangold

Que faut-il oublier ?

  • Un peu plus de violence qu'avant mais pas encore assez
  • Un climax déçevant
  • Manque un vrai thème principal musicalement

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