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Critique du Téléfilm : Sharknado
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Critique du Téléfilm : Sharknado

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 18 juillet 2013 à 2323

Le temps se couvre. N'oubliez pas vos parasquales

Ces derniers temps, Fin Sheppard connait une vie privée des plus chaotiques. Il faut dire que son tempérament un brin fumiste a le don de mettre en rogne ses proches, à commencer par son ex-femme et sa fille. A presque quarante ans, Fin mène encore la vie insouciante d’un adolescent. Seul Nada, son meilleur ami continue de partager son quotidien. Ce n’est d’ailleurs guère étonnant. Tout comme son compère, Nada a pour principales passions le surf sur les plages californiennes, la glandouille dans les clubs et les jolies filles. Sea, Sex and fun! Mais tout cela va brusquement changer quand l’ouragan David va frapper Los Angeles et lâcher sur la ville une pluie... de requins!

Réalisé par Anthony C. Ferrante (Hansel et Gretel version The Asylum) sur un scénario de Thunder Levin (Atlantic Rim), Sharknado nous invite à suivre la plus incroyable (et la plus stupide) des aventures. Tout commence quand l’ouragan David prend naissance sur une portion d’océan où se situe une surréaliste concentration de requins (apparemment, comme nous, les squales affectionnent les grands rassemblements). On y trouve de tout dans cette teuf sous-marine, du requin tigre au requin marteau, en passant par le requin blanc et le requin bouledogue. Fort partisan du tri sélectif, David emporte en son maelstrom des milliers de spécimens tout en prenant bien soin d’éviter les autres représentants de la faune marine (pourtant, une baleine, ça aurait eu de la gueule). Ainsi fait, la tempête prend la direction de la côte Est des Etats-Unis. En chemin, histoire de tester ses capacités destructrices, elle libère quelques requins sur un bateau rempli de personnes peu fréquentables. Cet intermède totalement gratuit n’aura aucun impact sur la suite de l’intrigue mais est riche d’un enseignement. On y apprend que non seulement les squales ne sont pas morts lors de «l’aspiration" mais que, bien au contraire, ce séjour dans les airs leur a ouvert l’appétit! Puis David frappe Los Angeles

Là, force est de dire que la cité des Anges va sacrément morfler. L’arrivée de l’ouragan est précédée par une mer houleuse remplie de requins qui attaquent les baigneurs et sèment la panique pas seulement dans l’eau (ce qui est normal) mais aussi sur la plage. Spectacle surréaliste de voir des dizaines de figurants, comme dans un épisode de Scoubidou, courir dans tous les sens sur la plage comme si les requins pouvaient les atteindre. Puis, plus tard (difficile à juger le temps qui s’est écoulé, l’ellipse est étrange), la mer grossit et projette des requins affamés sur les digues et les établissements de bord de mer. Le vent se lève, la ville est noyée sous des pluies diluviennes. C’est plutôt bien foutu. On est étonné. La population tente de fuir la zone de danger mais certains décident de rester et font face aux éléments et aux squales, comme George (John Heard, génial), un sympathique ivrogne armé d’un tabouret de bar. Mais la situation devient critique et un petit groupe formé de Fin, Nada, Georges et une jolie barmaid choisit de rejoindre les hauteurs d’Hollywood. Le trajet risque d’être périlleux, d’autant plus que des gigantesques tornades sont sur le point de prendre la relève d’un David à bout de souffle et en rupture de requins. Heureusement, Bobby, le fils de Fin, est moins idiot que tous ces climatologues tentant de prévenir les tornades et essayant en vain de sauver les populations de l’Oklahoma. Lui, il sait carrément comment les détruire! Il a juste besoin d’accéder à un magasin de bricolage.

Bon, vous vous en doutez, Sharknado ne brille pas par la finesse de son scénario. De toute manière, en sa qualité de production The Asylum, il ne pouvait en être autrement. Par contre, il était difficile de prévoir qu'Anthony C. Ferrante et Thunder Levin allaient aller aussi loin dans le n’importe quoi, faisant de Sharknado un film hilarant si lu au dixième degré. Encore plus marrant que Mega Piranha! Récupérant bon nombre d’éléments et clichés propres aux films de genre et aux thrillers animaliers, allant même jusqu’à recycler quelques vieilles bonnes idées (la grande roue de 1942, la bouteille d'oxygène des Dents de la Mer, la vache volante de Twister), les deux olibrius nous pondent là un film qui est à la fois l’un des plus fous et des mieux réalisées que l’on peut trouver dans le catalogue de la compagnie de David Michael Latt. Sharknado évoque les cultissimes nanars gore italiens des années 80 (Apocalypse dans l'ocean Rouge à La Mort au large) mais aussi, de par l’inattendu élément «infestation animale», ces métrages mettant en scène un petit groupe de personnes assailli par des hordes de sales bêtes. Le fait qu’il s’agisse là de requins tombant du ciel et non pas de créatures volantes ou d’araignées bondissantes ajoutent un réjouissant aspect gaguesque.

Derrière la caméra, Anthony C. Ferrante met à profit son expérience dans les effets spéciaux (en qualité de technicien des effets spéciaux, il a collaboré à nombre de métrages de Brian Yuzna) et laisse son imagination potache faire le reste. On assiste ainsi à une véritable pluie de requins numériques, qui, loin de se fracasser au sol, frétillent vigoureusement et essaient mordre tout être vivant à portée. Lors de leurs chutes, ils tentent même de bouffer animaux et appareils à portée de mâchoires (un hélicoptère va en faire les frais).Et quand ils arrivent à se glisser dans une rue inondée par les pluies, ils se mettent immédiatement en chasse (Levin s’est inspiré ici d’un fait divers, lorsque Sandy a frappé la côte ouest en 2012, un requin vivant a été retrouvé errant dans une rue d’une petit ville du New Jersey). Au final, aves ses requins morfales qui essaient de croquer, qu’ils soient dans l’eau ou dans les airs, tout ce qui passe à porter de leurs gueules, Sharknado se pose comme un cartoon violent et cruel, doté d’un humour noir que n’aurait pas renié Tex Avery. Le réalisateur joue également le jeu de la démesure, avec ces tornades gigantesques remplis de squales, des situations surréalistes (le héros qui réussit à abattre des requins volant à haute altitude avec… un revolver !) et une conclusion absolument débile qui se moque totalement des principes élémentaires de physique (remplacer le smiley scotché sur les bombes par l’acronyme ACME aurait suffit pour rendre le clin d’œil grossier). Et que dire du passage où Fin Sheppard, gobé par un requin, parvient à s’extirper, à grands coups de tronçonneuses, du ventre du poisson tueur - mention spéciale à ce plan qui parodie un accouchement, Fin sortant d’une brèche «vaginale» ensanglanté et hurlant. L’idée n’est pas nouvelle (cf. par exemple Men in black) mais elle fonctionne bien.

Si Anthony C. Ferrante n’a pas hésité à exploiter à fond le coté crétin du scénario, il n’en a pas pour autant négligé la réalisation et il nous offre là un spectacle étonnamment réussi. Alors, bien entendu, les effets spéciaux sont perfectibles. Sharknado est un téléfilm produit avec un tout petit budget, ne l’oublions pas. Cela n’empêche pas que le spectacle est tout à fait honorable, avec des images CGI correctes, des effets spéciaux spectaculaires, et de gros efforts ont été faits pour rendre l’ouragan réaliste (que cela soit dans le domaine du son ou des choix de cadrage). Un bémol, cependant. Les tournages en extérieur paient cash le manque de budget. Les rues n’ont pas été bloquées donc on distingue un trafic tout à fait normal sur les routes situées en arrière plan, tout comme la circulation des personnes étrangères au tournage, qui ne sont pas masquées par la figuration). A coté de cela, le rythme est très bon. Sharknado est un spectacle assez bref – environ 80 minutes - mené à 100 à l’heure. Ferrante évite ainsi ces séquences dialoguées vides de matière qui plombent les productions The Asylum (et d’autres) pour offrir aux spectateurs ce qu’ils attendent d’un tel produit. Du spectacle Grand Guignol et de l’esprit fun. Alors, au diable la construction des personnages! On s’en fout! De toutes manières, la plupart sont destinés à finir dans l’estomac d’un requin. Enfin, l’aspect gore est bien présent. Cela n’atteint pas le style gorefest de Piranha 3D mais les attaques de requins sont biens violentes et graphiquement poussées.

Enfin, un mot sur le casting. En commençant par John Heard. L’acteur est absolument irrésistible en vieux pilier de bistrot et même si sa présence à l’écran se limite à une petite demi-heure, il marque faire le métrage de son talent. Fin Sheppard, le personnage principal est interprété par Ian Ziering, sympathique acteur ayant lancé sa carrière avec la série Beverly Hills avant de se consacrer à la série B (on peut le voir dans Aztec Rex). Il s’en sort plutôt bien dans un registre proche de celui de Christian Slater. Du coté des filles, si Tara Reid tient le haut de l’affiche, elle n’a finalement qu’un rôle secondaire (celui de l’ex-femme de Fin) et c’est plutôt la dynamique Cassie Scerbo (la série Championnes à tout prix) qui tire son épingle du jeu. Bref, Sharknado réunit un casting enthousiaste, qui joue le jeu de la démesure à fond. Une brochette de comédiens sans grande notoriété mais qui contribuent à faire de ce métrage foutraque un divertissement très amusant.

La conclusion de

Sharknado arrive dans nos lecteurs DVD et nos téléviseurs précédé d’un buzz flatteur assez étonnant. Force est de dire que celui-ci est pleinement justifié tant le spectacle proposé par Anthony C. Ferrante tient ses promesses. Les fans de délires potaches et de crétineries filmiques apprécieront ce cartoon live stupide mais plutôt bien foutu (avec de nombreux effets gore) et interprété par des acteurs enthousiastes qui se sont volontiers entrainés dans le délire. L’un des tous meilleurs films de The Asylum.

Que faut-il en retenir ?

  • Une excellente ambiance fun
  • Une réalisation appliquée
  • Des effets spéciaux spectaculaires
  • Pour les fans de séries Z
  • Un aspect gore bien présent

Que faut-il oublier ?

  • Spectacle débile
  • Un manque de moyen sensible
  • A voir au dixième degré

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