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Critique du Film : Byzantium
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Critique du Film : Byzantium

Avis critique rédigé par Richard B. le mercredi 5 juin 2013 à 0823

Mémoire d'une vampire


Film d'ouverture de la 31e édition du festival international de Bruxelles, Byzantium, nouveau film de Neil Jordan, était très attendu. Il faut dire que ce dernier marque le retour du réalisateur sur le terrain de chasse des buveurs de sang, presque vingt ans après l'excellent Entretien avec un Vampire. Alors, certes, depuis 1994, le genre "vampire" (un peu comme celui du zombie) a engendré tellement de films et de séries que l'on n'est pas loin, aujourd’hui, de l'indigestion. Et si Buffy contribua grandement à lancer la mode des films vampiriques pour jeunes publics, la saga Twilight aura définitivement conduit - ou réduit - le vampire à un pur produit pour midinettes. Reste que dans des mains expertes, les histoires de vampires peuvent donner lieu à des pépites cinématographiques telles qu'Aux frontières de l'aube, Cronos ou plus récemment Morse. On espérait donc que Neil Jordan réussisse à ramener le genre à un niveau un peu plus adulte et moins linéaire, à l'exemple des films cités. Mission accomplie.

Byzantium ne fait pas que traiter de manière adulte le thème du vampire, il s'éloigne des clichés aseptisés propres au genre pour débattre autour de trois sujets prédominants dont l'un apparaît même comme assez nouveau. Tout d'abord, on retrouve le thème de l'euthanasie, lorsque arrive les derniers instants d'une vie humaine, puis, en second, il y a ce lien du sang assez unique qu'est la maternité et la difficulté pour une mère de "couper le cordon" avec sa progéniture - et inversement - et enfin, le fait d'être prisonnier d'un corps ne correspondant pas à son intellect (d'une certaine façon une continuité du personnage de Kristen Dunst dans entretien avec un vampire). Malgré une scène d'introduction offrant une course poursuite assez survoltée avec une charmante Arterton en tenue légère et affriolante, quelques passages sanguinolents, ou un final un peu plus consensuel (amenant de temps à autre le film vers un côté un peu plus série B), les adeptes de filles de cuir vêtues pratiquant l'art de tuer seront certainement déçus par Byzanthium. Le rythme est sciemment lent et posé, afin de refléter une certaine poésie et une approche avant tout axée sur des rapports humains. Un sujet que maîtrise bien le réalisateur, sans compter que Jordan peut une fois de plus asseoir son climax dans les paysages d'Irlande, pays qu'il aime montrer sous ses nombreux aspects. Dans le cas ici, une Irlande plus dépravée qu'habituellement, plus froide, mais toujours aussi folklorique.

Extrait Byzantium

Mais, à l'inverse du très réussi Ondine, Neil Jordan rentre cette fois pleinement dans la thématique du fantastique, même si une approche "contes et légendes" pourrait marquer une certaine similitude thématique entre les deux films (le "Il était une fois..." figure d'ailleurs comme l'une des répliques de Byzantium). Il serait cependant bien dommage de ne réduire le film qu’à cette comparaison, tant, au final, toute une partie de la filmographie de Jordan pourrait trouver une sorte d'écho à cette approche - même si cela pourrait ne pas toujours être intentionnel de la part du réalisateur. Indirectement, on pourra donc dire qu'il parait quasiment logique que Jordan se soit retrouvé dans le scénario de Moira Buffini (Tamara Drewe).

On notera aussi que Neil Jordan aime depuis quelques années mettre en avant des femmes fortes face à des hommes souvent faibles. Le scripte de Byzantium n'échappe pas à cette règle et offre deux rôles féminins particulièrement riches. Une occasion en or pour toute actrice. Très loin de ses derniers rôles aseptisés (bien que je l'ai fortement apprécié récemment dans Song of Marion), Gemma Arterton prouve qu'entre de bonnes mains elle apparaît comme une actrice talentueuse et pas juste un corps de rêve (quoique utilisé aussi dans le film à bon escient). L'autre femme, ou jeune fille de 200 ans – je vous laisse le choix – est Saoirse Ronan, à la prestation remarquable et surtout au regard sidérant. La demoiselle avait déjà fait ses preuves dans des films comme The Lovely Bones ou Les Chemins de la liberté (par respect pour elle je tenterai d'oublier Les Âmes vagabondes) et possède une simplicité naturelle assez sidérante pour son âge. Elle apporte un rapport fille/mère avec Arterton crédible et touchant, cela même si en réalité seulement huit années séparent les deux actrices.

Pour ce qui concerne l’aspect technique, Byzantium marque la première collaboration entre Neil Jordan et le directeur de la photographie Sean Bobbitt (dont vous avez pu voir récemment son travail en salles dans le très bon The Place Beyond the Pines). Cela n'a semble-t-il pas gêné les deux hommes qui donnent l'apparence de traiter une image en parfaire harmonie avec le sujet. Rien n'est vraiment tape-à-l'œil dans Byzantium, tout semble couler de source bien que pourtant, en y regardant de plus prêt, on pourra voir un traitement de l'image bien différent selon les lieux ou les époques.

Extrait Byzantium

Tout n'est cependant pas irréprochable. Coté casting, l'acteur Caleb Landry Jones apparaît clairement comme le maillon faible. Déjà ennuyeux dans Antiviral, l'acteur n'a guère évolué et demeure d'une mollesse assez sidérante (à tel point qu'on aurait presque envie de lui donner des claques par moment pour le réveiller). Sans compter qu'il n'arrive pas à transporter la moindre émotion. On a donc un peu de mal à entrevoir pourquoi Saoirse Ronan s'entiche de son personnage (bien qu'une réplique d'Arterton, non dénuée d'humour, pourrait apporter une réponse amusante). Petite déception aussi de ne pas retrouver Stephen Rea, ce dernier était un peu devenu une forme de signature du réalisateur à l'instar de Bruce Campbell pour Sam Raimi. On peut aussi reprocher à Byzantium de jouer sur tellement de registres que parfois cela pourra déstabiliser ceux qui aiment mettre une étiquette bien précise à un film. Le ton du film alterne donc perpétuellement entre sérieux, voire tragédie et humour noir totalement décomplexé.

La conclusion de

Pour conclure, Byzantium est un très bon film sur le thème des vampires qui prend à contre-pied les productions bling-bling, pseudo-gothiques à l'eau de rose de ces derniers temps et redonne une fraîcheur et de la complexité dans les personnages -qui en avaient bien besoin ! Sans compter qu'il se dégage une vraie personnalité dans la mise en scène. Merci Neil, une fois de plus, tu réussis à prouver que le fantastique n'a pas besoin d'être de nationalité américaine pour avoir de la gueule et que l'on peut même y gagner en mordant !

Que faut-il en retenir ?

  • Gemma Arterton
  • une vraie personnalité dans la mise en scène

Que faut-il oublier ?

  • Caleb Landry Jones

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