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Critique du Jeu de société : Shafausa
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Critique du Jeu de société : Shafausa

Avis critique rédigé par Amaury L. le lundi 6 mai 2013 à 1013

La gestion helvète...

Helvetia un pays où des ressources cachées et non déclarées attire de nombreux soupirants à la gloire et à la fortune. Les nains de Shafausa ont découvert d'incroyables gisements miniers enfouis profondément dans leur sol. Maintenant, toutes les races de Helvetia, vampires, elfes ou ogres bourrus veulent participer à leur manière au développement de leur royaume. Lequel y parviendra le mieux ?

C'est bien rempli en Helvétia.

Helvetia games a copieusement garni sa boîte de Shafausa en lui offrant un matériel conséquent. On découvre un plateau-puzzle en 8 parties recto/verso (mode family et Geek). De suite, on est frappé par les couleurs sombres choisies par l'éditeur. Cela occasionne une gêne fréquente afin de repérer les tuiles recherchées. De plus, les couleurs des plateaux Ressource ne correspondent pas vraiment à celles des 220 cubes en bois Ressource, d'où la nécessité de laisser un cube sur chaque plateau dans le but de visualiser parfaitement les couples. Ce n'est pas terminé avec les plateaux car chaque joueur devra se munir d'un plateau Région (parmi 8 différentes), d'un pour les mineurs ainsi qu'une aide de jeu. On continue avec le « dépunchage » des tuiles Bâtiment (55 en tout), des Mines recto/verso (80), de l'argent en pièces en carton (celles de valeur 1 sont ridiculement petites), 24 tuiles pour pratiquer la version « Colonial » et 24 cartes Power dont les illustrations ne semblent pas optimales pour indiquer les effets. Dommage que le matériel pâtisse d'un matériel aux couleurs trop foncées, préjudiciable en terme de visibilité et de lisibilité. Sinon, malgré le prix élevé, on ne se sent pas floué.

L'abondant matériel.

C'est bien huilé et équilibré en Helvétia.

Le but du jeu sera simple, marquer un maximum de points à la fin de la partie. Chaque participant choisit un peuple et reçoit les éléments indiqués (bâtiments de départ, argent, pions de la couleur choisie...).

Une partie se déroule en plusieurs tours de jeu (indéterminés en début de partie). Un tour de jeu se décline en sept phases. On commence par la phase Extraction qui consiste à recevoir une ressource par mine détenue, cette dernière indique quelle ressource est produite (bois, pierre, fer, charbon, cuivre, argent, or). Des bâtiments (scierie, la Boucharde...) modifient cette règle basique. Après réception des ressources, on s'attache à déterminer l'ordre du tour selon un système d'enchères classique (le plus fort enchérisseur se place où il veut). Cependant, on doit payer sa mise. Quand l'ordre du tour est terminé, on passe à la phase Achat des bâtiment et des entrepôts (maximum 2) qui sont très utiles pour stocker les ressources non consommées. Le premier joueur inspecte les bâtiments disponibles et en achète un s'il le souhaite. Il paye son prix en chafouin (la monnaie du jeu) et le place sur sa Réserve et non directement sur son plateau. Durant cette phase, il peut aussi agrandir son entrepôt en achetant, avec des ressources, des emplacements supplémentaires.

Le plateau Mineur / Entrepôt (face Family).

La phase suivante s'appelle sobrement Gestion. Simultanément et sans tricher, chaque joueur achète / vend des ressources aux prix indiqués par les plateaux adéquats (un plateau par ressource), construit des mines (dépense de ressources) et/ou ses bâtiments précédemment acquis (dépense d'un fer) sur un emplacement libre et disponible, agrandit sa ville (dépense de bois et de pierre) jusqu'au niveau 5 maximum (chaque niveau libère quatre emplacements pour placer ses mines et/ou ses bâtiments), recrute des mineurs (un mineur par mine, impossibilité d'avoir plus de mines que de mineurs). Cette phase se clôture quand chacun a terminé ses petites affaires.

La phase Administration sert surtout à préparer le tour suivant (baisse des prix des ressources vendues, nouveaux bâtiments disponibles, stockage des ressources non utilisées). La phase Spéculation met un terme au round avec la possibilité d'influer sur le prix des marchandises en dépensant des chafouins (augmentation et/ou baisse des prix de vente et/ou d'achat).

Les différentes pièces de la monnaie de Shafausa, le chafouin.

La partie se termine dès qu'un joueur a complété sa cinquième ville ou construit et remplit son onzième entrepôt. On passe au calcul des scores (un point par ville / mineur / entrepôt, points de victoire des mines / bâtiments, plus des bonus si on remplit certaines conditions). Le plus fort total l'emporte.

Lire la règle Family, cliquez ici.

Lire la règle Geek, cliquez ici.

Les plateaux Peuple (3 parmi 8).

Développement, gestion, développement, gestion...

Shafausa est le second tome de l'épopée Helvetia games, un éditeur suisse. Après le football Helvetia cup (lire la critique ici), on embarque dans un registre complètement différent, le jeu de gestion. Christophe Borgeat a certainement peaufiné son œuvre sur des centaines de parties car on devient admiratif devant cet amoncellement de calculs millimétrés pour équilibrer l'ensemble. Toutes les options se valent et on ne découvre même en enchaînant les parties aucune stratégie l'emportant sur une autre. Toutefois, on s'aperçoit que les entames sont prépondérantes pour la suite de l'aventure minière, surtout si on adopte la version « colonial ». Les joueurs se doivent de soupeser chacun de leur choix et de leur décision. Une anticipation malhabile amène parfois un blocage total dès le premier tour de jeu, sans aucune possibilité de se refaire ou de progresser, un échec et mat dès les instants initiaux. La version « geek » enlève ce risque inattendu en harmonisant adéquatement les positions de départ. Donc, en choisissant la version « colonial », la prudence semble requise afin de ne pas se retrouver dans une situation inconfortable.

Les tuiles Colonial (pas d'aide de jeu pour expliquer leur pouvoir !).

Shafausa boxe dans une catégorie où l'exigence demeure un critère sélectif, l'erreur de conception une aberration intolérable. Les inquiétudes s'évaporent dès les premiers tours de jeu effectués. Même si la mémorisation précise de chaque phase engendre quelques égarements et requièrt de fréquents détours vers une aide de jeu malheureusement absente, uniquement un rappel en dernière page de la règle comble cet oubli préjudiciable. Heureusement, les engrenages mécaniques proposés rassurent le public visé et on se surprend à apprécier Shafausa, malgré une concurrence sévère, par la liberté presque totale allouée aux joueurs lors de la phase Gestion. Il s'agit de la phase emblématique et étonnamment addictive de Shafausa. En effet, aucune contrainte n'est fixée par la règle, il suffit de respecter quelques consignes logiques imposées par les différents tableaux de régulation de prix des matières premières (sept au total). On vend au prix indiqué, on achète, on construit des bâtiments, on recrute des mineurs, on acquiert de nouvelles mines afin d'extraire une ressource indispensable pour les développements futurs, et tout s'entremêle étroitement. Cela donne une impression extrêmement agréable de contrôler son destin, de récolter le fruit de sa réflexion ou inversement de « payer » ses erreurs d'orientation. C'est très excitant de ne pas se sentir « cadrer », « enfermer » par des mécanismes régulateurs.

La région se développe.

Shafausa multiplie les phases intéressantes et celle concernant la spéculation donne un aperçu simplifié des rouages des bourses mondiales. On fixe des prix afin de profiter d'une plus-value conséquente lors du prochain tour sur la vente ou l'achat d'une matière première. Afin que l'anarchie ne règne pas, l'auteur a intégré une astuce intelligente. Lorsqu'un joueur fluctue sur une ou deux colonnes (vente et achat) concernant une ressource, plus personne ne peut effectuer la moindre action sur cette dernière. Cela évite les coups dans l'eau et ainsi un effet « yoyo » frustrant et sans intérêt. Toutefois, tout est remis en question à chaque tour, donc impossible de maîtriser complètement la spéculation des marchandises. Shafausa se déroule dans une ambiance sérieuse où l’interaction se limite principalement à la phase Ordre du tour, où il convient d'analyser l'opportunité de choisir en premier les bâtiments mis à disposition et les avantages potentiels à en retirer. Sinon, il faut admettre que chacun se concentre principalement sur le développement de sa région et s'intéresse aux autres uniquement pour comparer leur progression à la sienne, ainsi on évalue son retard ou son avance par rapport à ses concurrents.

Partie en cours.

Si Shafausa demeure un très bon jeu de gestion, quelques défauts dommageables et indépendants des mécanismes compromettent son succès commercial. Le plus important demeure son prix de vente, environ 60 euros dans les boutiques. Par rapport à ses concurrents, dont l'excellent pionnier en la matière Puerto Rico, c'est au moins vingt euros de plus et dans le contexte économique actuel, beaucoup de personnes mesurent les dépenses occasionnées concernant les loisirs. Ensuite, ce coût supplémentaire ne se justifie pas en raison d'un matériel de meilleure qualité, bien au contraire. La colorisation très (trop) sombre de tous les éléments, les tuiles Mine pâtissent énormément de ce choix graphique, empêche une lisibilité confortable. On regrette les dimensions modestes des tuiles Bâtiment, ce qui ne facilite pas leur repérage physique. Les symboles imprimés, utiles pour mémoriser l'effet du bâtiment, se noient totalement dans les teintes foncées. Certes, cette gêne s'estompe après deux ou trois parties. Surtout, Helvetia games s'est loupé sur les pièces de monnaie cartonnées, celles de valeur 1 sont si petites que la plupart des joueurs ne parviennent pas à s'en saisir. Tous ces détails influencent lors d'un achat et Shafausa, malheureusement, accumule des handicaps malvenus dans un monde du jeu en proie à une concurrence de plus en plus acharnée et de consommateurs inflexibles (le jeu doit être beau, parfaitement conçu mécaniquement et matériellement, et pas trop cher).

Les différents bâtiments.

Toutefois, on n'est pas non plus volé sur le matériel par rapport à son prix. La boîte est bien remplie, avec des petits rangements en plastique impeccables pour ranger les cubes en bois. Le graphisme général renforce la thématique minière et les peuples fantastiques qui les exploitent. Shafausa est un bon gros jeu de gestion qui cible les joueurs expérimentés, prêts à en découdre sur deux ou trois heures. Ce n'est pas de l'or ludique mais ça y ressemble énormément.

Les différentes mines.

 

La conclusion de

Shafausa est un jeu de gestion suisse par son auteur Christophe Borgeat et son éditeur Helvetia games. Après un très bon Helvetia cup (lire la critique ici), ce second tome ludique du monde de Helvetia remporte les suffrages des amateurs de cubes en bois et de réflexion. On apprécie énormément la liberté accordée aux joueurs pendant certaines phases afin de développer leur région selon leur souhait sans se soucier d'une contrainte mécanique quelconque. Les seuls reproches concernent le prix trop élevé (dans les 60 €) et un matériel qui manque de lisibilité (éléments trop sombres). A moins d'être chafouin (c'est aussi la monnaie usitée dans le monde de Helvetia), Shafausa réunit toutes les qualités pour séduire les joueurs expérimentés (surtout avec la variante Colonial). La Suisse sait gérer les affaires.

Que faut-il en retenir ?

  • Mécanique solide.
  • Très bien équilibré.
  • Le mode Colonial.
  • Matériel abondant.
  • La liberté de la phase Gestion.

Que faut-il oublier ?

  • Le prix.
  • Couleurs trop sombres.
  • Jeu de gestion assez classique.

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