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Critique du Film : L'écume des jours
L'écume des jours >

Critique du Film : L'écume des jours

Avis critique rédigé par Vincent L. le dimanche 5 mai 2013 à 1850

un exercice de style aussi réussi que totalement dénué d'âme...

Il s'agissait, sur bien des aspects, de l'évènement cinématographique français de cette première moitité 2013 : un classique de la littérature adapté au cinéma, un réalisateur au talent avéré, le gratin du cinéma français réuni en haut de l'affiche et, surtout, des premières images tendant à démontrer que l'esprit de l'oeuvre avait été parfaitement retranscrit. L'écume des jours s'annonçait donc comme un évènement, un futur succès populaire doublé d'une reconnaissance critique, un film culte en devenir apte à marquer durablement l'esprit du public. Mais, presque contre toute attente, le long-métrage s'avère être une véritable déception. Pas un cuisant échec, ni même un nanar boursoufflé, non, simplement une oeuvre se trouvant bien loin de deça des attentes qu'il était parvenu à susciter.

Revenons aux origines du projet. Adapter le roman de Boris Vian revenait à se confronter à une difficulté majeure : au delà de l'histoire somme toute très classique qu'il raconte, L'écume des jours met en scène un univers bien particulier, une vision suréaliste du Paris des années cinquante. Musique, religion, capitalisme, effets de mode, arts, et autres composantes de cette époque y sont en effet revisité par l'écrivain dans une relecture fantaisiste servant de décor à une histoire d'amour tragique. Retranscrire en langage cinématographique ces spécificités directement liées au talent littéraire de l'écrivain (constituées d'un nombre important de néologismes et de d'effets de style très divers), voici le défi qui reposait sur les épaules de Michel Gondry. Réussir cela, c'était réussir son film... ou pas...

En effet, au final, force est de reconnaître que l'univers de Boris Vian se retrouve bel et bien à l'image. Michel Gondry n'est ainsi pas passé à côté de son originalité, mettant ses diverses spécificités au coeur de son travail. Esthétiquement, le film est une merveille de chaque instant, impression largement renforcée par la personnalité du réalisateur. Son esprit du bricolage amène ainsi à des effets spéciaux old-school parfaitement dans le ton, qui donnent une véritable identité à l'univers (que n'auraient probablement pas eu des effets 100% numériques). Cela, mis en relation avec une parfaite utilisation de la musique (jazz, évidemment !) ainsi qu'un sens de la mise en scène impeccable, fait que L'écume des jours est une réussite visuelle formidable, une parfaite retranscription des mots de l'écrivain.

Il est donc d'autant plus dommage de constater qu'en dépit du fait qu'il ait indéniablement réussi à surmonter cette difficulté majeure, Michel Gondry est passé à côté de la partie la plus simple de l'exercice : raconter quelque chose. On a ainsi constamment l'impression que le film passe continuellement à côté du principal : l'histoire d'amour entre les deux personnages principaux, la tragédie vers laquelle se dirige se dirige tout doucement la narration. C'est bien simple : on n'y croit pas, on ne s'attendrit pas, on n'est jamais ému. A la force de la fantaisie formelle s'oppose ainsi l'artificialité des personnages, des relations et des drames vécus par chacun. Au final, même si les éléments de décor sont en tout point parfaits, ils s'avèrent inutiles tant ils ne servent jamais vraiment le propos développé par l'histoire.

La faute, finalement, en revient au travail de Michel Gondry, qui s'intéresse beaucoup trop au decorum de son film. Si l'on sent chaque seconde la démarche sincère de l'artiste, sa visible admiration pour la fantaisie du roman finit par l'emporter sur l'histoire. De la même manière qu'une approche faisant primer la simplicité de la love-story sur la complexité de l'univers aurait largement été critiquée, la narration de L'écume des jours se révèle malheureusement bancale. L'un ne va malheureusement pas sans l'autre, et ce justement parce que la force de l'oeuvre adaptée repose sur un parfait équilibre entre ces deux aspects. Boris Vian avait réussit ce périlleux numéro d'équilibriste, Michel Gondry n'y parvient jamais, ni dans ce qu'il a de plus léger (la rencontre), ni dans la partie la plus dramatique (la mort).

Devant la caméra, les comédiens semblent également perdus dans la finalité de ces délires visuels, ne trouvant presque jamais le juste milieu entre rire et larmes. Au centre des évènements, Romain Duris se situe constamment dans le décalage, là où, finalement, une approche premier degré aurait peut-être mieux fonctionné ; à ses côtés, Audrey Tautou, du fait de la simplicité de son jeu, réussi un petit peu mieux l'exercice, mais reste cependant effacée par un scénario qui ne s'intéresse pas plus que ça à son personnage. A leurs côtés, les autres acteurs se contentent le minimum syndical, livrant de manière assez mécanique leurs prestations habituelles. En fonction des goûts, on appréciera donc (ou pas) l'humour d'Omar Sy, de Gad Elmaleh, de Charlotte Lebon, d'Alain Chabat ou de Laurent Laffite, tout en n'étant jamais vraiment surpris par leurs performances.

La conclusion de

Si Michel Gondry est parvenu à retranscrire en langage cinématographique l'univers suréaliste créé par Boris Vian, il est malheureusement passé complètement à côté de ce qui constitue le coeur de L'écume des jours. Froid, artificiel, le film souffre ainsi d'une véritable carence en terme d'émotions et, en dépit de la force dramatique inhérente à la tragédie qu'il raconte, ne parvient jamais à émouvoir le spectateur. Si le long-métrage n'est donc au final pas foncièrement désagréable, sa platitude n'en fait au bout du compte qu'un exercice de style aussi réussi que totalement dénué d'âme. Dommage, car le plus compliqué était fait...

Que faut-il en retenir ?

  • L'univers, parfaitement retranscrit,
  • Un travail esthétique réussi.

Que faut-il oublier ?

  • Passe à côté de son histoire,
  • Artificiel et sans émotion,
  • Des comédiens qui font le minimum.

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