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Critique du Film : Upside Down
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Critique du Film : Upside Down

Avis critique rédigé par Vincent L. le lundi 15 avril 2013 à 1558

Pitch original, traitement commun...

Production franco-canadienne mise en scène par un réalisateur argentin et réunissant un casting américano-britannique, Upside Down se pose indéniablement comme l'un des OVNI cinématographiques de cette première moitié d'année 2013. Nanti d'un budget assez confortable (soixante millions de dollars), il propose ainsi une variation ambitieuse de Roméo et Juliette accommodé à la sauce SF, se basant sur un idée graphique toute droit sortie des méandres d'Inception : et si notre ciel était un autre monde. Expliqué et justifé lors d'un générique très bavard, ce double monde semblait donc propice à une histoire et à un traitement que l'on espérait d'ores et déjà originaux et très ambitieux. Plus dure en fut la chute, donc, car au final, en dépit de son pitch somme toute inédit, Upside Down s'avère n'être qu'une gentille bluette de plus, n'exploitant jamais tous les embryons de bonnes idées contenus dans son concept.

Ainsi, si l'idée du double monde à gravités inversées donne lieu à un traitement esthétique et visuel d'une beauté à couper le souffle, il n'est jamais utilisé outre mesure dans le scénario et ses (trop) nombreux rebondissements. La scission sociale entre les pauvres (en bas) et les riches (en haut) permet en effet des envolées visuelles très appréciable (la mégapole illuminée dans le ciel par exemple), mais fait preuve d'un manichéïsme sommaire le coupant de toute forme de lecture transversale. De fait, le scénario d'Upside Down n'est finalement ni plus malin, ni plus astucieux, ni même plus original que n'importe quelle histoire d'amour basée sur la différence de classe sociale (même Titanic était déjà bien plus intéressant à ce niveau), seul son emballage SF le différenciant réellement du commun des love stories. Les bons sentiments et la guimauve sont donc légion, essayant tant bien que mal de masquer la vacuité de l'ensemble.

On sent également que nombre de pansements ont été appliqués sur ce scénario afin de dissimuler ses défauts. Les rebondissements sont de fait très nombreux, mais s'avèrent souvent peu pertinents et se trouvent généralement baclés dans leurs conclusions (le procédé est répété plusieurs fois : une chute, qui amène à un évanouissement, qui permet de conclure la scène sans vraiment la terminer). Dans le même ordre d'idées, certaines séquences ne se justifient que par leur intérêt formel, pour la beauté de l'ensemble ou le quota "action" (à l'instar de la dernière course-poursuite, aussi belle que sans intérêt). A ce niveau, la partie la plus frustrante d'Upside Down reste son épilogue, bâclé et torché à la va-vite, qui conclut le long-métrage sur une pirouette scénaristique aussi pauvre que peu convaincante, et laisse en bouche une véritable impression d'inachevé.

Esthétiquement parlant, Upside Down s'avère cependant inversement intéressant au maigre propos de son scénario. Juan Diego Solanas exploite ainsi son pitch sous toutes les coutures, peignant de magnifiques tableaux cinématographiques qui, on ne peut le nier, en collent plein les yeux en permanence. Que ce soit en terme de matte-painting, de décors ou de construction formelle des scènes, le principe des gravités inversées trouve dans le film un écrin de toute beauté. Locaux à double sens et paysages stellaires alternent, permettant de doter cet univers d'une poésie inhérente assez plaisante. Tout juste pourra t'on regretter la banalité des constructions architecturales de chaque monde dès lors qu'elles ne sont pas directement mises en relation les unes aux autres (celui d'en bas n'est qu'un champ de ruine, celui d'en haut se pose comme une mégapole futuriste finalement assez commune).

Là-dessus, Juan Diego Solanas met en scène son long-métrage de manière très appliquée, exploitant correctement cette double entrée. Certes, le tout se fait sans grand génie - on n'est jamais vraiment bouleversé par ce qui se passe - mais on lui est tout de même reconnaissant de ne pas avoir trop poussé les violons et l'aspect pathos de l'ensemble. Sans jamais chercher les pleurs faciles, cela lui permet de créer une histoire d'amour sympathique, sans véritable émotion certes, mais sans provoquer l'agacement du spectateur à force d'actionner des leviers faciles. C'est d'ailleurs dans ses quelques petits appartés humoristiques que le film se fait finalement le plus efficace, lorsqu'il s'appuie sur les spécificités de l'univers pour jouer la carte du comique de situation. Certes, le tout n'est pas follement inventif, mais s'avère suffisamment honnête pour provoquer quelques rires.

Mais au delà de tout cela, ce qui fait qu'Upside Down arrive à surnager et à garder la tête hors de l'eau est clairement son couple de comédiens vedettes. Talentueux, charismatiques, rayonnants, Kirsten Dunst et Jim Sturgess donnent corps à leurs personnages, de façon suffisamment solide pour réussir à s'attirer la sympathie du public et ainsi donner une consistance bienvenue à leur histoire d'amour (contrebalançant l'aspect très léger du scénario en terme de construction de personnages et de coïncidences faciles). Leur conviction est telle qu'ils donnent finalement envie d'y croire. A leurs côtés, les acteurs secondaires restent très effacés, presque inexistant même, à la notable exception de Timothy Spall qui, sans se fouler, livre une prestation assez amusante.

La conclusion de

Upside Down s'avère au final être une petite déception. En dépit de l'originalité de son point de départ et de l'indéniable réussite de son parti pris graphique, le film patine rapidement dans les méandres de sa bonne idée de base et ne parvient jamais à exploiter convenablement son postulat de Roméo et Juliette sauce SF. Le scénario s'avère ainsi trop faible pour vraiment emporter l'adhésion, entre un univers totalement sous-exploité et un épilogue expédié vite fait en seulement quelques minutes. La mise en scène - appliquée - et les deux comédiens - aussi talentueux que charismatiques - parviennent à maintenir ce que le long-métrage à un niveau correct, mais ne réussissent pas à faire oublier que derrière ce traitement basique pouvait exister un film bien meilleur. Dommage.

Que faut-il en retenir ?

  • Un postulat de base original,
  • Esthétiquement de toute beauté,
  • Réalisation appliquée,
  • Deux comédiens charismatiques.

Que faut-il oublier ?

  • Scénario très médiocre,
  • Un univers sous-exploité,
  • Des rebondissements poussifs.

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