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Critique du Jeu de rôle : Wastburg
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Critique du Jeu de rôle : Wastburg

Avis critique rédigé par Vincent L. le mercredi 17 avril 2013 à 1655

Bienvenue à Wastburg !...

Nouvel ouvrage à sortir dans la collection Aventures dans... des XII Singes, Wastburg poursuit la ligne éditoriale de la gamme en proposant l'adaptation ludique d'un ouvrage paru chez un éditeur tiers. Ainsi, après Abyme - Aventures dans la Cité des Ombres et Kadath - Aventures dans la cité inconnue - respectivement tirés des romans de Mathieu Gaborit et H.P. Lovecraft et, surtout, de Abyme, le guide de la cité des ombres et Kadath, le guide de la Cité Inconnue parus chez les éditions Mnémos - Wastburg propose un jeu de rôle complet issu du roman éponyme de Cédric Ferrand (édité par Les Moutons Electriques). Le matériau de base étant différent - deux romans et deux guides pour les deux précédents jeux, un roman unique ici - ce nouveau jeu prend donc une forme différente qui, au final, le rapproche plus de ce qui se fait d'habitude dans la collection Intégrales des XII Singes (où l'on trouve notamment Khaos 1795, Mahamoth ou Mississippi).

En effet, là où Abyme et Kadath ne proposaient que des scénarios (l'achat complémentaire des guides étant indispensable), Wastburg se présente sous la forme de livrets réunis entre eux par un écran souple (étonnament plié dans le mauvais sens) contenant à la fois une description du background, un système de jeu complet et un gros scénario d'introduction. La nuance peut sembler mineure au premier abord, elle ne l'est cependant pas dans la construction du jeu. Ainsi, si les deux précédents ouvrages s'appuyaient sur des livres au contenu très conséquent qui fournissaient des descriptions complètes (exhaustives même !), le roman Wastburg ne dispose quant à lui pas de cette pléthore de détails (car là n'était pas son but). Il a donc fallu le compléter afin de pouvoir le rendre jouable, en conséquence de quoi le nombre d'aventures fournies s'avère ici nettement moins important (un seul gros scénario contre dix dans Abyme par exemple).

Ne pouvant donc pas s'appuyer sur un ouvrage complémentaire plus complet, le jeu subit les défauts intrinsèquement liés à ses contraintes éditoriales, à savoir le peu de place laissé à l'univers pour se déployer. Ainsi, le background, le système de jeu et le scénario d'introduction ne disposent que d'une petite centaine de pages format A5 pour être développés. En terme de complétude, autant dire que le compte n'y est pas et qu'il repose sur les épaules du meneur de jeu du travail pour agrémenter l'univers - ici développé a minima - à partir du moment où il souhaite jouer au delà d'un simple format one-shot. Mis en relation avec le prix de vente (30€), avouons que jeu paraît un peu cher vis à vis de la préparation complémentaire qu'il est nécessaire d'abattre.

Ceci étant dit, Wastburg s'avère aussi riche que plaisant. Plaisant à lire pour commencer, et ce dans le mesure où la plume de Cédric Ferrand nous gratifie d'une description de l'univers absolument délicieuse. La cité de Wastburg est ainsi décrite via un guide touristique bien dégoulinant de bons sentiments, anoté et complété par des remarques de membres de la Garde qui permettent de saisir immédiatement l'écart entre ce qui est présenté et la réalité concrète du terrain. Ce style, loin d'être accessoire, permet ainsi de poser l'ambiance qui peut régner dans les rues et autour de la table de jeu : résignée, désabusée, mais non sans se départir de cet humour qui permettra aux personnages de mieux supporter leur quotidien, et ainsi de mener au mieux leurs missions ingrates (car à Wastburg, ils ne seront à proprement parler personne).

Si Wastburg est donc très plaisant à lire, son propos s'avère en plus suffisamment riche pour le doter d'une bonne rejouabilité. Véritable C.O.P.S. sauce médiévale-fantastique, le jeu se rapproche ainsi d'une série télévisée à la New-York Police Judiciaire, les inspecteurs étant ici remplacés par des gardes, et la Grande Pomme par une cité imaginaire tout aussi gangrénée par le crime et la violence. Le scénario proposé pour débuter, signé Tristan Lhomme et Cédric Ferrand, sert à la fois de première aventure et de didactitiel façon jeu vidéo. Il a ainsi la bonne idée d'intégrer la création de personnage comme introduction (parfait pour amener les joueurs à prendre leur poste) avant de partir dans une enquête dans la plus pure tradition des séries policières américaines. A noter que l'aspect ouvert de l'ensemble tend ici à adresser le jeu aux meneurs ayant un minimum de bouteille (il n'y a pas vraiment de découpage en "scènes" mais juste une description de lieux et de PNJ).

Le tout est motorisé par des mécaniques originales. Adapté du Free Universal Roleplaying System (FURS), le jeu propose un système basé sur du narratif, les actions des joueurs étant résolues par des "oui", "oui et...", "oui mais..." et "non", "non et...", "non mais...". La création de personnages propose quant à elle de définir les protagonistes par des traits qui ne sont pas figés, inventés par les joueurs selon leurs envies. Indéniablement efficace grâce à à l'aspect quelque peu imprévisible qu'il apporte, le système sera cependant mieux utilisé si le meneur est expérimenté. Pour les débutants, la prise en main risque ainsi d'être plus difficile, le FURS demandant clairement une certaine aisance avec l'improvisation. Ici aussi, l'accès ne s'avère pas si facile que cela ce qui, finalement, tend à éloigner Wastburg du statut de simple jeu apéritif que son format pouvait implicitement suggérer.

La conclusion de

Adaptation ludique du roman éponyme, Wastburg est un jeu de rôle très plaisant qui, en dépit d'un postulat de départ a priori simple, s'avère au final riche et bourré de toute sorte de possibilités. Sorte de C.O.P.S. à la sauce moyen-âgeuse, le jeu de Cédric Ferrand se pose donc comme un excellente surprise, malgré tout limitée par un format éditorial qui, à cause des contraintes de place, empêche un développement complet. En l'état, il reste donc du travail pour le maître de jeu afin de rendre exploitable tout cela, mais les bases sont quant à elles bien présentes, suffisante pour accueillir de premières aventures.

Que faut-il en retenir ?

  • Postulat de départ sympathique,
  • Possibilités de scénarios nombreuses,
  • Système de jeu original,
  • Une lecture très plaisante,
  • Les illustrations de Gary Chalk.

Que faut-il oublier ?

  • Nécessite un travail de développement,
  • Plutôt pour des meneurs expérimentés,
  • Rapport quantité/prix moyen.

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