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Critique de la Série Télé : Terra Nova

Avis critique rédigé par André C. le lundi 25 mars 2013 à 11:22

Perdus à Jurassic Park

De la saison 2011/2012, elle fait partie des flops les plus retentissants. La question est maintenant de savoir si Terra Nova méritait une telle déroute. On peut trouver plusieurs facteurs à cela qui n'ont rien à voir avec la série en elle-même, comme la période de diffusion et son créneau horaire. Il faut savoir que cette production de Steven Spielberg (je ne vous fais pas l'injure de vous présenter le bonhomme) a connu moult problèmes de production, en particulier au niveau des finitions. Cela a conduit à repousser la diffusion de la rentrée 2010 à l'été 2011, pour finalement prendre l'antenne en fin septembre 2011, juste en face de Dancing With The Stars qui rassemble plus de 15 Millions de téléspectateurs.

Ces multiples retards ont été à double tranchant sur nos attentes. D'une part, ces rallonges témoignaient d'un soin particulier que les auteurs voulaient apporter à cette production, nantie d'un budget de 20 Millions de Dollars pour le seul pilote tout de même : par comparaison, un épisode d'une série lambda coûte en moyenne dans les 2 à 3 Millions. D'autre part, si au cinéma, Spielberg a depuis longtemps fait ses preuves en tant que producteur (Les Goonies, Gremlins, Retour vers le Futur et j'en passe), dans le milieu télévisuel en revanche, on ne peut pas dire que son parcours a été des plus glorieux. Du moins au niveau de la Science-Fiction, puisqu'il est l'un des producteurs du feuilleton médical Urgences, avec ses 15 saisons au compteur. Mais, si SeaQuest bénéficie d'un capital sympathie en raison de la nostalgie, Earth 2 est tombé dans l'oubli et, plus récemment, Falling Skies a bien du mal à s'installer. Ce coup-ci, Spielberg confit les rênes de sa nouvelle tentative au binôme René Echevarria et Brannon Braga, déjà producteurs exécutifs sur Star Trek : Deep Space Nine, l'une des meilleures incarnations de la franchise.

Sur le papier, Terra Nova dégage plusieurs attraits excitants en soi. Le premier épisode nous dévoile une planète Terre inhabitable en l'an 2149, un état des lieux que l'on perçoit à travers la situation de la famille Shannon et, particulier le père, Jim (Jason O'Mara). Cette famille a été choisi pour rejoindre une expédition vers une colonie appelée Terra Nova. Pour gagner ce camp, il faut prendre une porte spatio-temporelle, la colonie se trouvant... à l'époque de la Préhistoire. En cela, les promesses de cette production sont très ambitieuses, puisqu'il est question de vie en communauté (avec de multiples possibilités de tensions au sein du groupe), de probables paradoxes temporels (avec ce lien entre le futur et le passé) et d'un choc entre l'humanité réduit à un groupuscule et les dinosaures. Sur ce dernier point, la série évoque volontiers un Jurassic Park à la puissance 100, puisque le concept est inversé : ici, ce ne sont pas les animaux qui sont parqués dans un endroit isolé, mais les humains. En somme il y avait de quoi donner une saga au croisement entre Terminator et Jurassic Park.

Donc, nous parlons là du concept sur le papier. À l'écran, c'est une tout autre affaire. En fait, il semblerait que les auteurs du projet n'avaient aucunement l'intention de faire avec Terra Nova une production capable de satisfaire les aficionados du genre. Ainsi, dans un premier temps, l'ambiance conflictuel est très vite désamorcée. Dès l'ouverture, Jim Shannon, déjà en prison, s'évade pour suivre sa famille jusqu'à Terra Nova. Il y est très vite accepté par le chef de la colonie, Nathaniel Taylor (Stephen Lang, qui nous fait une version light de son Colonel Quarritch de Avatar) qui le promu, je vous le donne en mille, chef de la sécurité. L'ambiance est d'ailleurs si gentillette qu'on se croirait dans un camp de vacances : finalement, les colons se sont bien installés et ont même réussi à cohabiter sans heurts et sous réserve de précaution avec la faune locale. Sur ce dernier point, ceux qui s'attendait à un déferlement de dinosaures en tout genre en seront pour leur frais, leurs apparitions se comptant sur les doigts d'une main. Le plus déconcertant est même de voir à quel point les scientifiques sont souvent relégués en personnages secondaires, les récits se focalisant avant tout sur les Shannon et leur petit tracas : on aura même droit à une amourette entre la plus âgée des filles et une jeune recrue du camp. Et si un groupe de rebelles est introduit dès le pilote, ils nous faut attendre la seconde moitié de la saison pour qu'il commence à s'activer.

Néanmoins, Terra Nova parvient à cultiver un capital sympathie non négligeable. Il faut reconnaître une dynamique de jeu qui fonctionne au sein des acteurs. Une dynamique qui provient de la comédie (certaines situations sont même proche d'une sitcom), ce qui a dû décevoir la majorité du public, qui s'attendait à voir une saga ambitieuse et non un feuilleton familial. De plus, si les intrigues sont simplistes et ne font que rabâcher les mêmes thématiques mille fois vues et revues, le visuel procure un exotisme bienvenu, celui d'un Jurassic Park, où la naïveté de l'ensemble confère un parfum de bande dessinée, de pulp plus précisément, en chair et en os. En fait, le concept de la série apparaît comme un prétexte à ce visuel justement : qu'importe les enjeux et les motivations des personnages, l'important est de voir des humains se battre au milieu des dinosaures. À ce titre, le choix de Stephen Lang en Nathaniel Taylor est impeccable. Avec son regard d'acier, il est un chef charismatique qui semble sorti tout droit d'une case de ses ancêtres des comics. Tellement imposant qu'il efface ses partenaires qui ont déjà du mal à exister.

55

Il est dommage que l'on ait nourrit des attentes démesurées au sujet de Terra Nova. En l'état, il semble que les auteurs n'aient pas conçu autre chose qu'un délire pré-pubère. Ce n'est pas grave en soit, puisque l'on pourrait dire la même chose d'un George Lucas avec Star Wars (ou d'un James Cameron avec Avatar). Le plus fâcheux, en revanche, est de ne pas avoir appliqué un savoir-faire de dramaturge plus soigné ou capable de donner un peu de sang-neuf. De cette manière, Terra Nova a plutôt des allures de production estivale, et non d'événement télévisuel.

Critique de publiée le 25 mars 2013.

Que faut-il en retenir ?

  • - Une ambiance de bande dessinée réussie ;
  • - Des effets spéciaux convaincants.

Que faut-il oublier ?

  • - Une thématique globale inintéressante ;
  • - Des épisodes au rythme poussif ;
  • - Des histoires qui sentent le déjà-vu.

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