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Critique du Film (Direct to Vidéo) : Dead Season
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Critique du Film (Direct to Vidéo) : Dead Season

Avis critique rédigé par Vincent L. le mardi 19 mars 2013 à 1649

Ile paradisiaque pour zombies infernaux...

Revenus à la mode depuis près d'une décénnie, avec un pic allant crescendo ces dernières années, le zombie envahit absolument tous les médias. BD, jeux, littérature, cinéma, télévision, on ne peut aujourd'hui plus échapper à ces histoires de morts-vivants, certaines se trouvant parmi ce qui est sorti de plus excitant ces dernières années (citons simplement les réussites que sont les comics Walking Dead et le roman World War Z). D'un point de vue cinématographique, cependant, il faut bien avouer que cela fait quelques temps que les studios n'ont pas livré un produit véritablement convaincant ; certes, Bienvenue à Zombieland et Shaun of the Dead étaient des comédies aussi respectueuses du matériau que très réussies dans leurs effets comiques, mais si l'on cherche un vrai bon film de zombies sérieux qui soit sorti dans les salles obscures, il faut revenir à [REC.] ou à 28 semaines plus tard il y a maintenant six ans.

Mais si le cinéma s'est clairement tourné vers la versant humoristique du sujet (Warm Bodies), ou s'est bien malheureusement égaré dans le nanar honteux (la saga Resident Evil), nombre de petites productions se sont quant à elle emparées de ces monstres cinégéniques pour construire des histoires convaincantes et ainsi exploiter des thématiques plus adultes, plus sérieuses, plus passionnantes. C'est ainsi du côté du marché vidéo qu'il faut aujourd'hui se tourner pour profiter des plus belles pépites de ces dernières années (Pontypool, Siege of the Dead, Mutants ou The Children, qui exploitent chacun à leur façon le thème). De fait, le problème qui se pose est que ces longs-métrages particulièrement intéressants se trouvent mélangés à des bouses immondes (Zombie Planet, Autumn, Fin du monde). Conséquence : aujourd'hui, lorsque l'on ouvre un DTV traitant des zombies, c'est la roulette russe : le meilleur comme le pire peut nous attendre au tournant.

Dead Season appartient à la première catégorie, celle des DTV aussi fauchés que très intéressants dans leur propos. Certes, le film souffre de quelques défauts génants : le microbudget se voit constamment (les doublages français, de faible qualité, n'aidant vraiment pas à ce niveau), quelques éléments frôlent le ridicule (on voit vraiment que les armes à feu sont des jouets achetés dans le Shopi local) et, de manière plus globale, ce qui est raconté n'est en substance pas franchement nouveau (on est dans du classique pur et dur qui ne renouvellera par le genre). Mais à côté de cela, force est de constater que cela faisait un petit bout de temps que l'on n'avait pas eu le droit à un film de morts-vivants aussi réussi. Le traitement de l'histoire, résolument adulte, ne s'embourbe ainsi dans aucun mauvais manichéisme, et se permet quelques thématiques particulièrement bien exploitées que l'on aurait pas été surpris de voir dans un Romero de la bonne époque.

Ainsi, au delà de quelques effets de style permettant de bien poser le côté "adulte" (l'exécution d'un enfant par le héros, élément suffisamment rare pour être mentionné), les personnages bénéficient d'une bonne qualité d'écriture, notamment vis à vis de ce qui va concerner leurs motivations et ce qu'ils sont prêts à accepter pour rester en vie. Ce faisant, Dead Season se rapproche beaucoup de Walking Dead en ce qu'ici, le zombie n'est qu'un élément de décors permettant de mieux traiter des vicissitudes de l'être humain et des dérives survivalistes. Ainsi, les rôles de "gentils" et de "méchants", que l'on pense dans un premier temps bien identifiés, se mélangent petit à petit au gré des actes des uns et des autres, rendant les divers protagonistes plus crédibles et plus attachants (impression d'autant plus présente que les acteurs font correctement leur job, James C. Burns en tête dans le rôle du leader de la communauté).

Cela est au final d'autant plus important qu'Adam Deyoe axe avant tout sa mise en scène sur la mise en place d'une ambiance lourde et pesante. Si vous espériez regarder un Resident Evil-like, passez votre chemin, car Dead Season est avare en action, et, les quelques fois où il ne l'est pas, il ne s'avère pas terriblement convaincant. Si l'on pourra ainsi reprocher au long-métrage un vrai manque de punch dès lors que les choses se mettent à bouger, tout l'intérêt se trouve cependant hors de ces quelques séquences, lorsqu'il se concentre avant tout sur son atmosphère pesante. Ici, Deyoe montre une certaine maîtrise pour développer un aspect anxiogène, alors même que le film se déroule dans des décors paradisiaques et que l'absence de budget l'empêche de s'appuyer sur autre chose qu'une technique réduite au minimum syndical (la photographie, par exemple, sans être hideuse, n'a rien de réellement remarquable).

Question horreur - on est dans un film de zombie tout de même ! - Dead Season est globalement très sage, conséquence visible, là aussi, du manque de budget. Si les maquillages des morts-vivants tiennent la route (sans être transcendants non plus), l'aspect gore passe clairement au second plan. Les mises à morts sont sobres, rapides, et on passe très rapidement sur les éviscérations et autres amputations qui, d'ordinaire, constituent le cahier des charges de tout film de zombies. Ici aussi, cela n'est pas génant outre mesure, car le propos du film est bel et bien ailleurs : dans l'intelligence de son propos, dans le suspens sous-jacent aux nombreuses confrontations mises en place et dans la pertinence du traitement de ses thématiques. Rien que pour cela, le long-métrage d'Adam Deyoe s'avère nettement plus intéressant - et plus mature - que la majeure partie des films de morts-vivants qui sortent actuellement.

La conclusion de

DTV sans prétention sorti pour surfer sur la vague du film de zombies, Dead Season est au final une belle petite surprise. Si le manque de budget n'y est jamais correctement masqué, le scénario contient suffisamment de matière pour réussir à contourner ses nombreux défauts formels, et ainsi proposer un long-métrage aux thématiques survivalistes intéressantes. Doté d'une bonne ambiance, et porté par des comédiens solides, le film s'impose comme l'un des meilleurs zombies-movie sorti ces derniers temps. A découvrir !

Que faut-il en retenir ?

  • Ambiance bien travaillée,
  • Histoire intéressante,
  • Scénario bien construit,
  • Comédiens qui tiennent la route,
  • Maquillages corrects.

Que faut-il oublier ?

  • Rien de nouveau sous le soleil,
  • Scènes d'action sans punch,
  • Un manque de budget qui se voit.

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