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Critique du Film : Battleship
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Critique du Film : Battleship

Avis critique rédigé par Vincent L. le vendredi 8 mars 2013 à 1755

Il a coulé mon long-métrage !...

Les adaptations cinématographiques ont tellement le vent en poupe qu'il devient apparement de plus en plus difficile pour les producteurs de savoir quoi adapter. Ainsi, après les livres, les BD, les jeux vidéos, les attractions ou les jouets, Battleship inaugure aujourd'hui un nouveau concept : les adaptations de jeux de société. Si les amateurs de jeux de plateau savent d'ores et déjà que nombres d'objets ludiques ont un univers suffisamment consitant pour servir de base à une transposition cinéma, les producteurs hollywoodiens ne se sont évidemment pas ennuyé à aller chercher dans ces produits certes qualitatifs, mais uniquement connus d'un public spécialisé. Au contraire, dans leur optique de viser le plus de spectateurs possible, ils ne pouvaient aller chercher que des jeux archi-connus, en l'occurence ici La Bataille Navale.

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il fallait des couilles - ou un grain, ou les deux - pour investir deux cent millions de dollars dans un long-métrage basé sur du "Touché-Coulé", et ce d'autant plus que les films de guerre ne sont a priori pas à vraiment la mode en ce moment. Mais ce n'est pas ce point de détail qui va géner la production, laquelle va détourner le concept de la bataille navale proprement dite pour offrir aux spectateurs un long-métrage mélangeant tout ce qui a pu fonctionner dans l'histoire du blockbuster bas de plafond : une invasion extra-terrestre reprenant le script d'Independence Day, des véhicules typés Transformers, une histoire d'amour à la Armageddon, un casting de choc (Liam Neeson, l'action star du moment, Taylor Kitsch, l'icone des midinettes) et une star branchée de la chanson (Rihanna, qui débute ainsi da carrière de "comédienne").

Le résultat final est plus ou moins à la hauteur des attentes - ou des craintes, tout dépend de ce que l'on pouvait mettre comme espoir dans le film - à savoir une espèce de gloubi-boulga sans aucune saveur recyclant nombres de succès publics sans proposer quoique ce soit d'un tant soit peu nouveau. Alors oui, techniquement, il n'y a pas grand chose à reprocher à Battleship, mais avec un budget se comptant en centaines de millions de dollars, c'est un peu la moindre des choses que d'avoir des effets spéciaux réussis ou une photographie correcte. Passé cela, force est malheureusement de constater que l'on se trouve au beau milieu du tiers-monde de l'imagination, ce qu'Hollywood peut faire de pire dès lors qu'il prend le public pour de parfaits crétins (et sincèrement, il ne faut pas être un grand cinéphile pour reconnaître tous les films que Battleship a pompé).

Le tout est d'autant plus insupportable que le long-métrage ne se contente pas des quatre-vingt dix minutes syndicales, mais s'étale sur près de deux heures dix ! Les enjeux étant tous joués dès le pitch (les extra-terrestre envahissent la Terre et, devinez quoi ? Ils vont perdre... si, si !), tous les poncifs étant repris un à un (le beau héros ténébreux amoureux de la fille du chef), les motivations du scénarios étant gentiment passés sous silence (mais pourquoi sont-ils si méchants ? Parce que...), on n'a finalement pas grand chose à se mettre sous la dent, et ce d'autant plus qu'ici, humains et aliens partagent le même Q.I. d'huitre. Et en dépit d'un rythme malgré tout correctement maintenu, l'illusion du cinéma ne réussit pas à masquer l'extrême vacuité de l'ensemble, qui échoue assez lamentablement dans sa simple mission de divertissement pétaradant.

La chose est d'ailleurs d'autant plus visible que même les acteurs incarnent leurs rôle sans convictions. Passé le toujours sympathique Liam Neeson, venu cachetonner dans un rôle sans importance (et sans envergure), Taylor Kitsch tend à confirmer son statut de belle-gueule bien fadasse (après Wolverine, John Carter et Savages, on finit par se dire que Friday Night Lights n'était qu'un accident de parcours dans sa filmographie). Côté féminin, Brooklin Decker est une blonde aux gros seins qui interprète aussi bien que possible une blonde aux gros seins (actor studio !), et Rihanna s'enfonce quant à elle dans le ridicule en tentant de se la jouer badass à la Michelle Rodriguez (déjà pas une référence). Bref, Battleship dispose d'un casting plastiquement parfait, mais qui ne parvient pas une seule seconde à faire rêver ou à nous emporter dans une histoire peu trépidante.

Reste qu'en dépit de tout cela, Battleship s'avère tellement nul qu'il finit par en devenir drôle. Certaines séquences, bien débiles, provoquent une véritable hilarité, et ce à l'image de cette séquence où les anciens combattants remettent à neuf un vieux cuirassé de la seconde guerre mondiale sur fond d'AD/DC (tellement grotesque que ça en deviendrait presque culte). On pourrait mettre ça sur le compte de l'incompétence du réalisateur, mais vu le passif de Peter Berg (qui a démontré une certaine aisance dans la comédie avec Very Bad Trip ou Hancock), on finit par se demander si ce dernier n'a pas volontairement insisté sur le côté ridicule de son film. Impossible de savoir, au final, ce qui ressort vraiment d'une volonté (celle de rendre encore plus débile un spectacle déjà crétin) de ce qui est juste dû à de l'incompétence (filmer sans conviction un scénario sans intérêt en y allant à fond sur les figures imposées).

La conclusion de

Peter Berg a t-il volontairement réalisé une comédie, ou s'est-il laissé prendre au piège du blockbuster ringard ? Au final, il est bien difficile de répondre à cette question tant l'extrême crétinerie dans laquel baigne ce scénario confine au ridicule le plus total. De la part du réalisateur de Very Bad Things et de Hancock, le doute est certes permis, mais il ne sauve malheureusement pas ce long-métrage peu trépidant, qui se contente de recycler sans aucune ambition nombre d'éléments trop de fois vus ici et là (et à la base déjà pas franchement inventifs). On finit donc par s'ennuyer devant ce long-métrage, et ce ne sont pas les effets spéciaux, réussis mais sans une once d'originalité, qui sauvent le tout du naufrage.

Que faut-il en retenir ?

  • Techniquement correct,
  • Volontairement drôle ? Peut-être bien...

Que faut-il oublier ?

  • Aligne les pires poncifs hollywoodiens,
  • Pas une once d'originalité,
  • Prévisible à mourir,
  • Long, très long,
  • Un casting fade.

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