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Critique du film : Phase 7 [2013], par Vincent L.

Avis critique rédigé par Vincent L. le lundi 25 février 2013 à 10h16

Pire que la fin du monde : la guerre de voisinnage !...

Prix du meilleur scénario au festival du film fantastique de Sitgès en 2010, Phase 7 débarque en France sur le marché vidéo plus de trois ans après la fin de sa production. Nouvelle preuve que les longs-métrages qui ne disposent pas d'un potentiel commercial mettent énormément de temps à sortir (Triangle ou Black Death par exemple), voire ne sortent pas du tout (le très bon Transfer, toujours inédit chez nous alors qu'il date de 2009), ce long-métrage argentin débarque en France par la petite porte, via une exploitation DTV confidentielle, et ce alors même qu'il dispose intrinsèquement de bien plus d'atouts que bon nombre d'autre oeuvres mieux nanties financièrement. La loi du marché est redoutable pour ce style de production à petit budget basant leurs atouts plus sur l'intelligence de leur propos que sur un traitement tape à l'oeil. Enfin, avec le temps, on s'est habitué à ça...

Premier film du monteur Nicolás Goldbart, Phase 7 se présente a priori comme une énième ressucée de [REC.] (ce qui, avouons le, ne le rend a priori pas très attractif). Les éléments de base du pitch sont pour ainsi dire identiques : une contagion dont on ne sait pas grand chose, un immeuble en quarantaine, des résidents qui s'interrogent et une situation qui va progressivement dégénérer. Ceci dit, au delà de ce point de départ très similaire, [REC.] et Phase 7 ne partagent absolument rien, s'avérant fondamentalement différents dans leurs traitements respectifs. Ainsi, en lieu et place d'un nouveau film de "contaminés", nous avons ici le droit à un véritable thriller s'appuyant principalement sur les relations de voisinages entre les protagonistes coincés à l'intérieur du bâtiment. Du virus proprement dit, nous ne saurons jamais rien, car là n'est pas le propos de Phase 7 (et c'est tant mieux).

En effet, c'est la manière atypique de traiter le sujet qui fait toute la saveur de ce long-métrage. Bien loin d'une approche spectaculaire ou d'un traitement horrifique, Phase 7 s'intéresse avant tout à la vie pendant la quarantaine, prenant le temps de petit à petit amener les choses. Ce faisant, toute la première partie du film ne se focalise que sur l'emploi du temps ennuyeux de ces personnes coincées dans leurs appartements, alternant entre des moments de vie courante (les deux héros qui jouent au jeu de société pour passer le temps) et l'évolution de la situation présentée par les divers journaux (Phase 7 étant en effet un huis-clot, le spectateur n'entraperçoit l'extérieur qu'à travers le prisme de la télévision). Amené de manière intéressante, cela permet donc de poser un regard quelque peu hors-normes sur tout un panel de personnages originaux et hauts en couleurs, amenant une dimension humoristique bienvenue.

C'est ainsi dans cette dimension comique que Phase 7 est le plus convaincant. Point de gags potaches ici, seulement un humour noir et grinçant qui ne manque pas de rappeler celui d'Álex De La Iglesia (à un niveau moindre tout de même). A la candeur des deux héros (Coco et Pipi, c'est dire si leurs petits noms sont déjà bien niais) va s'opposer la folie de leurs voisins, parfois complètement furieuse (Federico Luppi, complètement déchaîné, est absolument savoureux) dans des situations toutes plus bizarres les unes que les autres, le tout ponctué de dialogues jouant la carte de l'absurde (la menace du virus est estimée à "7" sur une échelle qui n'a que six niveaux !). En faisant dégénérer cette situation de départ sans faire intervenir d'infectés, Goldbart opte pour un traitement original, laissant partir son film vers des sentiers nettement moins balisés que ce qu'il pouvait sembler au premier abord.

Il s'avère donc particulièrement dommage que l'originalité du script ne soit pas correctement exploité par la mise en scène. Ainsi, en dépit d'un point de départ intriguant et prenant, Phase 7 souffre d'un véritable essouflement qui va crescendo, et ce jusqu'à un final aussi plat que sans grand intérêt (la sortie de l'immeuble n'apporte pour ainsi dire rien à l'histoire). La chose est d'autant plus vraie que le scénario ne prévoit pas de climax permettant de remobiliser les divers éléments du films et de relancer l'intérêt des spectateurs. Passé la première heure, on commence donc à se désintéresser du sort des divers protagonistes et, en dépit des situations amusantes que doit affronter le héros, Phase 7 se fait de moins en moins intéressant, rendant les artifices formels du thrillers pratiquement inefficients.

Cela est notamment dû au fait que
Nicolás Goldbart n'arrive jamais à installer de manière convaincante et durable de véritable sensation de malaise. Prisonnier des murs (comme les personnages), il ne parvient pas à retranscrire l'urgence de la situation, voire le désespoir ambiant qui devrait se faire de plus en plus en plus poignant. Malgré nombre d'aspects positifs (des personnages qui parviennent à exister, des effets bien dosés, l'utilisation d'une musique oldschool ne manquant pas de rappeler celle des scores de John Carpenter), le constat est sans appel : si Phase 7 reste intéressant jusque dans son dénouement, l'absence de maîtrise en terme de réalisation le fait souffrir de chutes de rythme conséquentes l'amenant, au final, à être quelque peu ennuyeux. Dommage.

La conclusion de à propos du Film : Phase 7 [2013]

Vincent L.
60

Si, au premier abord, Phase 7 n'évoque qu'un [REC.]-like de plus, son visionnage s'avère finalement plutôt surprenant. Ainsi, en lieu et place d'un film d'infectés classique, Nicolás Goldbart nous propose un véritable thriller mettant en scène des personnages forts et bien écrits, partant parfois dans des envolées humoristiques très réussies qui ne manquent pas de rappeler les délires d'Álex De La Iglesia. Le long-métrage souffre cependant d'un essouflement qui va crescendo, d'autant plus génant qu'aucun climax ne vient conclure ce récit de plus en plus plat. Au final, si Phase 7 réussit rapidement à capter l'attention des spectateurs, il finit par petit à petit la perdre dans les méandres d'une réalisation somme toute mal maîtrisée. Dommage, car la matière est, sur l'ensemble, intéressante.

Que faut-il en retenir ?

  • Traitement atypique du sujet,
  • Personnages hauts en couleur,
  • Aspect humoristique plaisant,
  • Casting de qualité,
  • Musique oldschool sympathique.

Que faut-il oublier ?

  • Sujet qui s'essoufle,
  • Un rythme mal entretenu,
  • Pas de climax,
  • Aucune sensation de malaise.

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