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Critique du Roman : Mimosa
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Critique du Roman : Mimosa

Avis critique rédigé par Amaury L. le jeudi 24 janvier 2013 à 1155

Un mimosa à la floraison complexe...

« Ed Harris arrache l’imbiant et le jette sur la table, où il rebondit et s’immobilise. Il observe la chose noire, fine et bosselée, qui était connectée à sa boucle neurale entre la tempe et l’oreille. Quelques grammes de silicone et de carbone piégeant les souvenirs d’un autre, avec en guise de gardien les pires suggestions hypnotiques, scènes d’atrocités entrelacées à la texture des données, impossibles à extraire sans d’infinies précautions. Alors Ed essaie de rester stoïque. « Mais quelle bande de tarés ! »

Il inspire l’air violemment, le visage inondé de sueur, les yeux aux abois cherchant dans l’aménagement sobre de la pièce une logique simple et apaisante, dans les regards de ses vis-à-vis un peu de chaleur amie.

« Mais quelle bande de tarés !

Tu l’as déjà dit.

Eh bien… Je le redis ! »

Ce nouveau roman de Vincent Gessler, après le convaincant Cygnis (lire la critique ici), développe les aspects tortueux et sibyllins d'une héroïne en quête de sa « vraie » identité. L'auteur jongle élégamment avec cette recherche autant philosophique que salutaire pour Tessa, une jeune femme atypique dans un monde en proie à des changements sociétaux brutaux, la faune et la flore quasi inexistantes, les armes abondantes, l'humanité à cheval entre régression scientifique et fornication virtuelle.

L'univers de Tessa balance constamment entre réalité et virtualité, ce qui parfois, sème le trouble chez le lecteur distrait, l'obligeant à reculer de quelques paragraphes afin de saisir concrètement le déroulement plutôt chaotique d'un récit épousant les lignes sinueuses et parfois absconses de la psychologie humaine, homme et femmes compris.

Santa Anna, une ville accablée autant par sa chaleur estivale que par sa misère humaine, sert de toile de fond à Tessa et ses acolytes qui ont fondé une agence privée d'investigations. Recrutés pour mener une enquête semblant similaire à moult péripéties policières, ils découvrent peu à peu un enchevêtrement inquiétant de mystères liés les uns aux autres. L'auteur peint une ville blessée par des guerres, des régimes totalitaires, où les repères habituels de socialisation s'effondrent progressivement vers une anarchie violente et sanglante. Surtout, la mode du moment est de ressembler à un personnage célèbre du passé. Aux détours de ruelles surchauffées, on tombe nez à nez avec James Brown, Philippe Katerine, Lambert Wilson, Gary Coleman, toujours couplés avec une philosophie propre et distincte, parfois confuse ou cruelle, sans états d'âme ou inversement.

Le romancier louvoie intelligemment entre un humour décalé et un évolution scénaristique cohérente. On savoure les tribulations drolatiques, virtuelles, réelles de cette bande d’hurluberlus déjantés qui pourtant font preuve d'une sagesse et d'un dévouement envers autrui étonnants. Vincent Gessler, progressivement, emmène le lecteur aux frontières de l'abstrait, de la quintessence existentielle, ce qui donne une force supplémentaire à son œuvre. Toutefois, en s'écartant d'une histoire conventionnelle et en ajoutant des références musicales, cinématographiques nombreuses, on flirte avec une indigestion neuronale et une concentration qui se volatilise tant chaque paragraphe, surtout vers le final, requiert, exige une attention de chaque instant. Sans tomber dans une loufoquerie exagérée et un fil discursif outrancièrement complexe, le style développé par l'auteur ne s’assujettit pas de quelques passages moyennement passionnants.

Mimosa s'inscrit dans une littérature fantas(ti)que (science fiction exactement) intéressante, avec des agencements surprenants, laissant la part belle à l'humour décalé, l'action et le questionnement troublant du ressenti (intelligence, âme, sentiments...)en tant que tel.

Pour les plus curieux, une mini-site internet du roman existe (cliquez ICI) avec entre autres, la liste exhaustive des titres de chansons et des compositeurs présents dans le livre.

La conclusion de

Ce deuxième roman de Vincent Gessler se différencie par beaucoup d'aspects de Cygnis (lire la critique ici), principalement grâce à l'introduction pertinente d'un humour complètement déjanté dans un univers qui ne laisse pas de place à la poésie autre que celles des armes. Cette sarabande où des sosies hétéroclites se côtoient dans une cité urbaine sud-américaine brûlée par un soleil impitoyable mêle adroitement action, réflexion existentielle sur le « moi », références musicales riches dans un cocktail détonnant et surprenant. Un mimosa à la couleur rare.

Que faut-il en retenir ?

  • Belle écriture.
  • Histoire originale.
  • Univers intriguant.
  • Humour déjanté.
  • Les interviews des personnages.

Que faut-il oublier ?

  • Quelques méandres nébuleux.

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