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Critique du Film : The Day
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Critique du Film : The Day

Avis critique rédigé par Vincent L. le jeudi 21 février 2013 à 1450

Un ersatz de la Route ? Oui, mais un bon...

Douglas Aarniokoski, un nom aujourd'hui complètement tombé dans l'oubli... Mais revenons une décennie en arrière, en 2001 plus précisémment. Le bonhomme, qui avait jusqu'ici fait ses premières armes comme assistant réalisateur de Robert Rodriguez (sur The Faculty, Une Nuit en Enfer ou Spy Kids) et Alex Proyas (sur The Crow), enfilait pour la première fois la casquette de réalisateur afin de mettre en scène un nouvel opus de la saga Highlander. Le résultat, Highlander : Endgame, le fit immédiatement retomber dans l'anonymat le plus total, l'échec public et critique - totalement unanime - mettant un terme prématuré à sa carrière de réalisateur (il prit d'ailleurs un pseudonyme - Arnold Cassius - pour pouvoir réaliser son film suivant, Animals, destiné au marché vidéo). Il lui aura donc fallu attendre douze ans pour signer un nouveau long-métrage, The Day, sorti chez nous directement en vidéo.

A la vision de The Day, on perçoit très rapidement une parenté claire et évidente avec La route, l'adaptation du roman éponyme de Cormac McCarthy. Qu'il s'agisse d'éléments scénaristiques (une apocalypse dont on ne connaît pas exactement les tenants et les aboutissants, un monde à l'agonie dans lequel les êtres humains sont quelque peu retombés à l'état sauvage) ou de procédés de mise en scène (rythme languissant, images désaturées), cela tend, de prime abord, à n'appréhender The Day que comme un "sous-produit", un simple clone destiné à surfer sur le succès du film de John Hillcoat, le genre de métrage à micro-budget sans aucune autre ambition que celle de fournir le minimum syndical, avec un pitch "copié-collé" réutilisant des éléments similaires à ceux de son glorieux ainé. Au final, il apparaît que si The Day n'est effectivement que cela, il n'en demeure pourtant pas moins être un spectacle plutôt honnorable.

En effet, malgré le combo a priori catastrophique réalisateur pourri/DTV sans ambitions, The Day n'en demeure pas moins être un long-métrage très soigné. S'il n'est pas original, le scénario s'avère cependant bien construit : une entrée de matière violente qui capte immédiatement l'attention, une présentation appliquée des protagonistes afin de s'assurer de l'empathie des spectateurs, puis une montée en puissance allant crescendo jusqu'au final. Et si l'on peut reprocher au script ses personnages quelque peu caricaturaux (Cory Hardrict n'a le droit qu'à l'éternel "black de service", clichés à l'appui) et ses quelques incohérences (les réactions sont parfois tirées par les cheveux), ces faiblesses sont largement compensées par les prestations des divers acteurs, de Dominic Monaghan en leader utopiste à Shawn Ashmore en héros endeuillé en passant par l'excellente Ashley Bell dans un rôle quasi muet et pourtant très "iconique".

Bien loin des errances d'Highlander : Endgame, Douglas Aarniokoski dote de plus son film d'une mise en scène appliquée. Même si sans aucun génie - il se contente de reprendre le cahier des charges de La route - la réalisation privilégie ainsi l'ambiance et la dramaturgie à un quelconque traitement artificiel et tape à l'oeil (et ce même si quelques thématiques intéressantes, comme le rapport au cannibalisme ou les relations filiales, sont trop rapidement expédiées). Ce faisant, Aarniokoski dote son film d'une atmosphère appréciable, certes très proche de celle de son modèle, mais suffisamment bien entretenue pour au final emporter l'adhésion. Et si le rythme languissant des deux premiers tiers, calqué sur celui utilisé par Hillcoat, s'avère sur la durée péniblement entretenu (les chutes de rythme sont nombreuses), The Day bénéficie en contre-partie de suffisamment de qualités pour malgré tout maintenir l'attention du spectateur.

Ainsi, on pourra d'une part saluer la bonne utilisation du faible budget dont disposait très visiblement The Day. Si cet aspect fauché se devine aisément, il est cependant bien dissimulé par Aarniokoski et son équipe. L'image désaturée, signée par Boris Mojsovski, varie suivant les scènes entre un quasi noir et blanc et des teintes sépias, et donne à The Day un cachet visuel appréciable (même si, encore une fois, peu original car calqué sur celui de La route). De façon similaire, la mise en scène d'Aarniokoski s'avère précise, efficace, et se permet nombre de prises de vue bien pensée qui donnent au tout une certaine beauté formelle (la visite de la maison, notamment, est à ce niveau l'un des meilleurs moments du film). Le tout se pare donc d'un joli travail esthétique qui tend à transformer les contraintes du micro-budget en qualités appréciables, et à démarquer le film du commun des DTV qui débarquent chaque mois.

D'autre part, on remarquera qu'Aarniokoski est nettement plus à l'aise dès lors que les choses bougent et que l'action arrive au premier plan. Ainsi, le dernier acte (lorsque que The Day se transforme en film de siège façon La Nuit des morts-vivants) s'avère correctement réalisé et bénéficie d'un emballage plutôt convaincant. Alors que le film peinait quelque peu à mettre en avant un aspect émotionnel trop artificiel pour être véritablement touchant, le virage pris par le scénario permet de redonner un coup de fouet à une histoire qui commençait à un peu trop s'enfoncer dans le pathos maladroit. Le final bénéficie ce faisant d'un traitement efficace - même si plus conventionnel c'est vrai - donnant la part belle à l'action, au suspens et à la claustrophobie ambiante. Loin, très loin de la purge que pouvait être Highlander : EndgameDouglas Aarniokoski gagne désormais avec The Day le droit à une deuxième chance.

La conclusion de

De tous les films produits pour surfer sur le succès de l'adaptation de La route, The Day s'impose assez clairement comme l'un des meilleurs ersatz. La mise en scène appliquée, le scénario correctement construit et les prestations des divers comédiens permettent de contrebalancer les faiblesses structurelles dont souffre le film, notamment son véritable déficit en originalité. Au final, le long-métrage parvient donc sans mal à nous emporter jusque dans son dénouement et, s'il ne s'impose pas comme un chef d'oeuvre cinématographique, il n'en demeure pas moins globalement agréable à regarder.

Que faut-il en retenir ?

  • Mise en scène consciencieuse,
  • Ambiance sympathique,
  • Dernier acte efficace,
  • Scénario correctement construit,
  • Comédiens convaincants,
  • Bonne direction artistique
  • Un micro-budget bien utilisé.

Que faut-il oublier ?

  • Pas original du tout,
  • Un rythme mal entretenu,
  • Personnages caricaturaux,
  • Thématiques mal exploitées,
  • Emotion très péniblement amenée.

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