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Critique du Film : Ted
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Critique du Film : Ted

Avis critique rédigé par Vincent L. le lundi 21 janvier 2013 à 1553

Une comédie réussie...

Principalement connu pour avoir créé diverses séries animées devenues cultes (Les Griffins, American Dad), Seth MacFarlane passe désormais au cinéma et fait ses premières armes de réalisateur avec un long-métrage live, Ted. Comédie-romantique doublée d'une thématique plutôt banale sur ces adultes qui refusent de grandir, le film aurait facilement pu être une oeuvre formatée sans grand intérêt si ce n'était a volonté de son créateur de tendre vers un côté quelque peu subversif. Ainsi, l'affiche du film, qui montre Mark Wahlberg boire une bière avec un ours en peluche, tout comme les diverses bande-annonces mettant l'accent sur le côté toxico et sur le langage "fleuri" du personnage de Ted, démontraient une volonté de détourner ces symboles liées à l'enfance pour proposer une comédie bien regressive.

Le concept avait donc tout pour aboutir à un résultat final absolument pénible. En effet, contrairement à ce que peuvent penser les frères Wayans, il ne suffit pas de placer un pétard entre les mains de ses personnages, d'enchainer les pets en série ou de mettre un fuck dans chaque réplique (ce sur quoi se focalise tout de même beaucoup le trailer du film) pour automatiquement déboucher sur de la comédie. Encore traumatisés par Scary Movie 2 ou Spoof Movie, c'est donc avec une certaine appréhension que nous sommes allés découvrir Ted, nounours vulgaire, drogué, macho et totalement porté sur le cul. Et au final, force est de constater que le film s'est avéré être une excellente surprise, dont l'humour percutant a fait mouche pratiquement à tous les coups. Il faut dire que le scénario de Seth MacFarlane a, en terme d'humour, impeccablement été pensé.

Ainsi, ces différents traits qui caractérisent Ted ne sont jamais une fin en soi, et ne portent pas en eux les seuls gags du film. L'intelligence de MacFarlane a été de les utiliser en soutien à d'autre gags nettement plus futés, rendant son long-métrage hilarant. Ainsi, le potentiel humoristique du film s'appuie sur deux éléments particulièrement bien utilisés : d'une part un aspect référentiel lié à la culture cinéma des années 80 absolument génial (Flash Gordon, E.T., Indiana Jones et tous ces long-métrages désormais inscrits dans la culture populaire), d'autre part des dialogues impeccablement travaillés (le côté vulgaire de l'ours en peluche apporte certes un plus non négligeable, mais même sans cet aspect, les répliques seraient restées très drôles). Au final, même si le côté subversif du long-métrage est quelque peu survendu (Ted n'est pas à proprement parler politiquement incorrect), le tout réussit sa mission première : faire rire de bout en bout.

Cela passe d'autant mieux que Seth MacFarlane a réussi à justifier l'absurdité de son point de départ, et parvient à le tenir jusqu'au bout de son long-métrage. Ainsi, le côté neuneu de la naissance de Ted (un voeu de noël) donne un léger côté poétique au film, et se trouve conforté par la construction formelle de ce protagoniste, tout simplement remarquable. En effet, au delà des effets spéciaux, l'ours en peluche est un véritable personnage doté d'un caractère et d'une personnalité qui le rendent véritablement attachant (plus, d'ailleurs, que tous les autres personnages du film). Cela permet d'ailleurs au long-métrage de constamment se renouveler en ne s'appuyant pas uniquement sur son pitch de départ, et de réussir à sans cesse surprendre. Ainsi, même si le dernier tiers s'avère nettement moins percutant (parce que beaucoup plus convenu), on y trouvera malgré tout un certain nombre de gags toujours aussi hilarants.

Si Ted est donc une comédie indéniablement réussie, on regrettera cependant qu'il ne soit pas plus que ça. Bien que l'on sente clairement que Seth MacFarlane ait voulu faire un film sur les trentenaires qui refusent de grandir, le manque de rigueur dans l'écriture du scénario l'empêche de s'avérer réellement pertinent. Cela apparaît surtout dans la construction des personnages féminins, particulièrement caricaturale (en gros, les femmes sont soit 1/Intelligentes donc castratrices 2/Idiotes, donc des salopes), qui rend notamment la rélation amoureuse Mark Wahlberg/Mila Kunis pas crédible du tout. De même, dans sa dernière partie, le film part dans des péripéties convenues, prévisibles, et se termine par un final qui ne parvient pas à convaincre une seule seconde. Le tout n'en rend pas le film moins drôle, mais l'empêche cependant d'être d'accéder à une vraie profondeur (ce qu'il aurait pu être étant donné la richesse des éléments mis en place).

On remarquera également que le film aurait pu être bien plus fun si le premier rôle avait été confié à un véritable acteur. Ainsi, si Mark Wahlberg n'est pas à proprement parler mauvais (on l'a vu bien pire ailleurs), il n'en demeure pas moins fadasse et, comme on avait déjà pu le remarquer dans le récent Very Bad Cops, son potentiel comique est aussi nul que son potentiel dramatique (ajoutons qu'il n'est physiquement pas du tout crédible en trentenaire). A ses côté, Mila Kunis n'a pas grand chose à faire dans un rôle sans aucune épaisseur (dommage de sous-exploiter une actrice comme elle). On retiendra donc, outre Ted, les seconds rôles hilarants : Giovanni Ribisi en psychopathe, Joel McHale en dragueur lourdingue ou, surtout, l'apparition absolument délirante de Sam Jones. Tous sont bien mis en valeur par une mise en scène qui connaît bien les rouages de la comédie et qui, sans être exceptionnelle, assure correctement sa partie.

La conclusion de

Ted s'impose comme une comédie fantastique franchement hilarante, parvenant à tenir avec une certaine maestria l'absurdité de son concept de bout en bout. De ses dialogues ciselés à ses nombreuses références cinéphiles en passant par la constructon du personnage de Ted, le premier long-métrage de Seth MacFarlane s'avère donc être une belle réussite, à la fois drôle et divertissante. Il est simplement dommage que l'écriture du scénario souffre d'un vrai manque de rigueur, empêchant le film d'aller au delà de ses simples qualités humoristiques.

Que faut-il en retenir ?

  • Un film hilarant,
  • L'aspect regressif de l'ensemble,
  • De très bons dialogues,
  • Le personnage de Ted,
  • Une mise en scène efficace,
  • Des références bien utilisées,
  • Un concept absurde qui fonctionne.

Que faut-il oublier ?

  • Une dernière partie très commune,
  • Les personnages féminins,
  • Des thématiques sous-exploitées,
  • Un film faussement subversif,
  • Mark Walhberg.

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