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Critique de Battlestar Galactica : Blood & Chrome [2013]

Ecrit par Sylvain T. le dimanche 6 janvier 2013 à 17:53

Un coup d'épée dans l'eau

L’univers du Galactica rouvre ses portes pour nous proposer un aperçu de la toute première guerre contre les Cylons. Faut-il s’y engouffrer pour autant ?

Après Caprica qui donna sans aucun doute ses lettres de noblesse à l’univers remis au gout du jour par Ronald D. Moore à travers Battlestar Galactica, la chaine Syfy avait commandé il y a maintenant plusieurs mois une série intitulée Blood & Chrome et qui avait la particularité de se dérouler en pleine première guerre contre les Cylons ? Celle-là même que l’on n’avait encore jamais vraiment vue, que ce soit dans Caprica (qui se déroule 58 ans avant la destruction des Douze Colonies) ou dans la série d’origine, Battlestar Galactica. Mais la crise et la nouvelle politique de la chaîne n’aidant pas, la commande d’une série fut annulée au profit d’un simple pilote diffusé en première exclusivité sur le web à travers 10 webisodes, la chaîne américaine se réservant une version « unrated » pour février 2013, en même temps que la sortie en Blu-ray. Il n’y a donc aucune chance de voir une série débarquer.

Mais si la première bande-annonce du projet avait de quoi faire froid dans le dos, il faut bien admettre que ce pilote diffusé sous forme épisodique a tout de même de quoi surprendre dans le bon sens du terme. Le scénario de départ nous entraine au côté du légendaire William Adama (Luke Pasqualino), qui n’est à cette époque qu’un jeune rookie qui doit encore faire ses preuves. Malgré son petit grain de folie et ses excellentes notes en pilotage, il hérite d’un simple Rapace et d’un coéquipier peu coopératif, en la personne de Coker (Ben Cotton). Ils sont affublés du Docteur Becca Kelly (Lili Bordan) qui est prend les commandes de l’appareil pour partir à la recherche d’un groupement de vaisseaux coloniaux caché dans les profondeurs de l’espace contrôlé par les Cylons. Un scénario de pilote qui va toutefois être bourré de références en tout genre. Pour ceux ayant découvert Caprica, on découvre à certains moments les résultats de certains évènements de cette série, des références à des personnages. Pour ce qui est de Battlestar Galactica, les références sont très peu nombreuses, le scénario se contentant de quelques clins d’œil, comme notamment le « Are you alive ? » (et la musique qui va avec) prononcé par Numéro 6 - Tricia Helfer faisant d'ailleurs un petit caméo - au tout début de ce qui a servi de très long pilote à la série originale.

Mais comme tout pilote, comme notamment celui de Virtuality, on sent bien que les scénaristes auraient voulu aller plus loin et les graines qu’ils sèment sont nombreuses. Car si l’énigmatique personnage du Docteur Becca Kelly a beaucoup de potentiel, il reste toutefois bien mystérieux, et le découpage en 10 webisodes n’aide clairement pas à apprécier les évènements à leur juste valeur. L’action est soutenue, on se plait à vraiment apprécier les combats dans l’espace et les acrobaties qui ont avec, mais dès que l’on commence à toucher à l’univers que tente de nous inculquer Blood & Chrome, on est un peu perdu. On voit bien qu’il y a quelque chose, mais contrairement à Caprica qui avait réussi l’exploit de devenir vraiment complémentaire avec la série originale, on n’a un peu de mal à réellement comprendre l’intérêt de la diffusion de ce pilote tant il apporte peu de choses à la compréhension générale de la licence et notamment de la création de Cylons humanoïdes.

Comme énoncé plus haut, repartir pour de nouvelles batailles galactiques est évidemment un vrai plaisir, surtout que visuellement, le pilote en jette quand même pas mal même si on peut parfois percevoir l’écran vert, notamment à l’intérieur des gros vaisseaux de la flotte. Les phases dans l’espace sont toutefois à retenir, et l’excellente bande originale rappelant celles de Battlestar Galactica permet d’apprécier cette aventure malheureusement bien trop courte pour faire avancer quoi que ce soit. Le pilote se termine de façon abrupte, de sorte que l’on s’attend bien évidemment à plus, mais non, ce ne sera pas le cas, en tout cas pas dans un avenir proche, et c’est ce qui rend le visionnage frustrant. Quant au jeu d’acteur, étant donné que la majorité des scènes tournent autour du trio de personnages cités plus en amont de ce bilan, on remarquera qu’en dépit d’un héroïsme un peu trop surjoué, Luke Pasqualino s’en sort pas mal et incarne plutôt bien ce William Adama très jeune. Ben Cotton, alias Coker, est horripilant, non pas à cause de l’acteur, mais à cause de dialogues caricaturaux. Il reste donc Lili Bordan, le Docteur de cette aventure, qui, sans sauver la mise, rend le trio solide.

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