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Critique de La Nuit des Démons [#1 - 1989]

Ecrit par Nicolas L. le samedi 5 janvier 2013 à 17:44

Fatale séduction

Une morgue abandonnée, sous laquelle s’écoule un fleuve d’esprits maléfiques. Des entités démoniaques qui n’attendent qu’une occasion pour s’échapper de leur prison et rejoindre le monde des vivants. Histoire de leur pourrir la vie. Comme ça, parce qu’ils sont méchants. Cette opportunité, elle va leur être offerte quand, la nuit d’Halloween, une bande de post-ados dévergondés s’installe dans la demeure pour y organiser une fiesta - au programme : musique rock, alcool et parties de jambes en l’air. Un miroir brisé et quelques imprudentes invocations vont suffire. Et voilà la fête doté d’invité(e)s inattendu(e)s…

Pour le second film de sa carrière, deux ans après Ouija (avec la belle Tawny « Gwendoline» Kitaen), Kevin Tenney renoue avec le spiritisme horrifique avec ce métrage qui emprunte autant à Evil Dead qu’aux bons vieux films de manoirs hantés. Par contre, pour son aspect cosmétique, par le choix de son casting (avec ses comédiens presque trentenaires interprétant des ados), de son scénario et de son style de traitement, La nuit des démons s’inscrit dans la veine du teen-movie horrifique des eighties, avec son lot d’adolescents males débiles et de jolies scream queens peu frileuses, et une efficacité reposant sur les effets gores et les plans racoleurs.

Prisonniers dans The Hull House, les jeunes gens vont se voir exterminés par Angela et Suzanne, deux de leurs copines rapidement possédées via un lipstick maudit (si, si !). Pour matérialiser le nouvel état des deux jeunes femmes, élément esthétique indispensable à la réussite de l’œuvre, Kevin Tenney s’est vu apporté l’aide du aujourd’hui célèbre Steve Johnson. Le maquilleur nous offre ici quelques très jolis travaux, les personnages sous l’emprise des démons se voyant attribuer des faciès horribles et des mâchoires garnies de crocs. Les visages monstrueux d’Angela et Suzanne apparaissent d’ailleurs aujourd’hui comme des exemples de ce que l’on pouvait offrir dans les années 80 en matière de maquillages spéciaux. A noter que d’autres effets (maquillages et effets gore) viennent s’y ajouter, les victimes des deux « démones » se transformant en des zombies très agressifs. Bras coupés, énucléations, arrachages de langues, incinérations sont donc aussi au programme de ce film au rendu visuel assez réussi… Et assez adulte, les actrices dévoilant assez souvent leurs charmes (comme dans Le Retour des morts-vivants, film qui l’a rendu célèbre, on peut voir Linnea Quigley en nu intégral).

Cependant, si dans le premier tiers du métrage, Kevin Tenney ne s’appuie que sur la plastique de ses jeunes actrices, il le fait avec habileté. En effet, dans le domaine du film de genre, La nuit des démons ne possède pas moins de trois scènes cultes. Dans la première, Suzanne (Linnea Quigley) fait diversion en usant de son charmant postérieur pendant qu’Angela (Amelia Kinkade) dévalise un magasin. La seconde consiste en une danse très subjective d’Angela filmée sous lumière stroboscopique (une excellente idée). Dans la troisième, on retrouve Suzanne qui s’introduit un bâton de rouge à lèvre dans le sein gauche. Un plan à la teneur fantasmagorique qui pourrait avoir sa place dans une séquence des griffes de la nuit.

Techniquement, empruntant ses méthodes dans les films à succès de la période, Kevin Tenney se débrouille assez bien, même si, par conséquent, il n’innove en rien. Les spectateurs les plus avertis reconnaîtront dans sa manière de filmer les styles comico-gore de Dan O'Bannonet Sam Raimi (dans les couloirs de la baraque, on a droit aux mêmes effets de caméra vertigineux que ceux découverts dans Evil Dead) ainsi que les réalisations brutales de Sean S. Cunningham et Steve Miner. Cela donne au film une identité très eighties, d’autant plus que cette réalisation marquée par son époque est appuyée par la bande originale de Dennis Michael Tenney (qui sonne comme du Harry Manfredini) et les quelques chansons rock qui y figurent (comme Stigmata Martyr, de Bahaus).

De tout le casting, seule Linnea Quigley était, à l’époque, connue du public. En 1988, malgré son jeune age (elle n’est alors âgée que de 30 ans), la comédienne a une sacrée carrière derrière elle et, bien entendu, la production compte sur sa notoriété pour attirer les fans. Elle lui a donc proposé Suzanne,  le personnage le plus présent à l’écran (et le plus osé). Après Amelia Kinkade. Interprétant le personnage récurrent d’Angela, cette magnifique brune, à la plastique irréprochable, n’avait jusqu’alors participé qu’à quelques épisodes de séries télé. On peut donc dire que Tenney et Jeff Goeffrey, le producteur (les franchises Leprechaun et Les Enfants du Maïs), ont eu le nez fin tant l’actrice est parfaite dans le rôle. La présence d’Amelia Kindade au casting donne d’ailleurs un niveau d’intérêt supplémentaire au film, la comédienne ayant décidé d’abandonner le cinéma pour se consacrer aux animaux (elle est psy pour animaux domestiques). Jill Terashita, une eurasienne à la poitrine avantageuse, Allison Barron et Cathy Podewell (dans le rôle de l’ingénue de service… mais dont on voit les confortables fessiers) achève de compléter la distribution féminine.

à retenir

  • Une réalisation correcte
  • Des effets spéciaux assez réussis
  • Les présences de Linnea Quigley et Amelia Kindade
  • Un pur produit des eighties

à oublier

  • Un scénario basique
  • Une réalisation peu innovante

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