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Critique de Le Dernier loup-garou [2013]

Ecrit par Manu B. le jeudi 6 décembre 2012 à 21:42

Wolfen

"- C'est officiel, dit Harley. Ils ont tué le Berlinois, il y a deux nuits. Tu es le dernier. Un silence puis: "Je suis désolé".
Hier soir. Dans la bibliothèque de l'étage, chez lui, à Earl's Court. Il se tenait légèrement penché en avant, crispé, entre la cheminée de pierre et le canapé sang-de-boeuf. J'occupais le fauteuil près de la fenêtre, un verre de Macallan de quarante-cinq ans d'âge et une Camel filtre à la main..."


Cette fois, Jake Marlowe est le dernier. Après la mort - le meurtre! - du Berlinois, il est le dernier des loups-garous. Sa race est sur le point de disparaître pour toujours, faute de relève. La faute à la Malédiction qui ne se transmet plus depuis plus d'un siècle. La faute aussi à l'OMPPO, une organisation secrète qui chasse les Lycanthropes depuis la nuit des temps. Mais Jake, qui a toujours su compter sur son contact et ami au sein de l'organisation, n'a plus l'énergie ni l'envie de survivre à l'ultime chasse qui aura lieu à la prochaine lune. Après 167 ans de symbiose avec son côté lupin, il est fatigué de vivre. Son dernier choix sera donc d'attendre les chasseurs à l'endroit même où il est devenu un loup-garou, au Pays de Galles. A moins que quelque évènement ne l'en empêche...

Glen Duncan s'est fait connaître de ce côté de la Manche grâce à son roman Moi, Lucifer, brillante critique sociétale et publié aux éd. Denoël coll Lunes d'encre. Dans la même collection paraît Le Dernier loup-garou début janvier 2013, le premier roman d'une trilogie dont le deuxième roman (Tallula Rising) est paru en VO en juin 2012 et dont le dernier volet, By blood we live paraîtra courant 2013.
Le coeur du roman est l'histoire d'un loup-garou, le dernier.

Le thème du loup-garou n'en finit pas d'inspirer les auteurs. Et ce n'est pas seulement pour ajouter une énième pierre à la pyramide de romans qui décrivent les errements d'une bête aux abois. Ce loup-garou est lessivé par la vie. A presque deux cents ans, il a tout vu, tout vécu, tout parcouru. Il n'a plus envie de rester en vie. Son statut d'ultime Lycanthrope est en fait une aubaine pour quitter la scène de la meilleure des manières. Affronter son destin et la mort en face. Bla bla bla.
Ce pitch seul ferait bailler d'ennui n'importe quel lecteur, même de Twilight.
C'est là que la patte de Glen Duncan intervient pour détourner le chemin tracé pour Jake Marlowe car ce n'est pas un rebondissement mais un bouquet d'évènements qui viennent troubler le chemin de croix du héros. L'intrigue s'épaissit, les pistes se brouillent et la fin reste incertaine.

Au delà de l'histoire, l'auteur se livre à quelques digressions savoureuses sur les us et coutumes de nos contemporains. Un pic ici, un autre là, parsemés tout au long du livre pour relativiser une histoire à la base dramatique. Il écorne également les stéréotypes et les images romantiques qui tournent autour du loup-garou (entre autres). C'est par exemple un être qui a besoin de sexe, beaucoup de sexe. On apprend aussi qu'il existe aussi d'hypothétiques louves-garou (ou garaches selon certaines sources). Il remonte enfin aux mythes, jusqu'au mythe de Lycaon.
Mais le plus important, c'est qu'on apprend que ces êtres ont une âme et un coeur. Même pendant la transformation. Ce qui fait une différence de taille par rapport à la croyance populaire.

On aimera dans ce livre les petits écarts de son héros, sa générosité et sa nonchalance passagère. Jake Marlowe est le parfait anti-héros blasé par des années de lutte. On aimera aussi la fluidité du style du roman lorsque le rythme s'accélère, et les passages empreints d'émotion. Enfin, on aimera le deuxième degré qui transparaît ici et là de manière flagrante. Une histoire simple et subtile à la fois.
Ce n'est donc pas par hasard que Ridley Scott en a acheté les droits pour le transposer au cinéma.

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