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Critique du Roman : Sanctuaire

Avis critique rédigé par Amaury L. le samedi 15 septembre 2012 à 12:12

Abominations, batailles et amourettes...

"Tu crois savoir, mais tu ne sais rien. Hesophia, Celle Qui Observe... Celle qui a tout vu et tout interprété de travers ! Je vais te raconter, moi, comment les choses se sont vraiment passées. Je vais te raconter comment tout a commencé."

Il regarda le ciel qui se couvrait, et suivit des yeux les derniers oiseaux regagnant leur nid.

"Tout a commencé par la fin d'un monde."

Sanctuaire, premier volet de la trilogie du roi sauvage, est une œuvre de fantasy qui ne trouble pas les codes imposés depuis l'apparition de ce style. Malgré une entame d'une violence et d'une originalité jubilatoires, la suite ralentit le rythme sévèrement et tombe dans quelques clichés pompeux, avec des cheminements scénaristiques manquant de surprises. Heureusement, un des personnages principaux de cette saga, Memnon, impose une carrure littéraire ambivalente et gorgée de contradictions. On croit détenir un héros honnête, avec un cœur droit et pur, on se retrouve avec un homme aux desseins impitoyables, qui transgresse sans hésitation les lignes sociétales de la moralité bien pensante, ou tuer un innocent afin de se rapprocher de sa quête ultime n'engendre pas d'états d'âmes longuets ou de distorsion manichéenne de sa conscience. Il promène sa carcasse musculeuse tout du long de ce roman d'environ sept cents pages, où chacune de ses interventions glace les cognitions psychologiques du lecteur.

Les cinq autres personnages malheureusement font penser à un Club des cinq (des adolescents policiers créés par Enyd Blyton) qui par un concours de circonstances incroyables échouent dans une fresque épique et fantastique. Ces protagonistes créent une dichotomie préjudiciable à la cohérence même de l'ensemble. L'auteur Alexandre Malagoli promène ses lecteurs de passages sanglants, où l'éthique se noie dans une eau saumâtre et boueuse, avec un talent incontestable à des situations où on a l'impression de lire une bibliothèque verte pour adolescentes en mal de pâmoison. Certains chapitres présentent une mièvrerie sentimentale d'une platitude épouvantable, on dirait vraiment que l'on tient entre ses mains un exemplaire de la collection à l'eau de rose Harlequin.

Autant avouer que ses scénettes amoureuses d'adolescentes boutonneuses ne passionnent pas et nuisent à la dynamique globale, elles amputent le plaisir et l'envie de poursuivre les aventures de ses personnages caricaturaux, entraînant Sanctuaire dans des trames douloureusement prévisibles. Toutefois, Alexandre Malagoli parvient à susciter l'intérêt avec des rebondissements variés qui amènent de l'impromptu, de la tension et du suspense. Finalement, on se laisse amadouer, malgré des longueurs récurrentes, sur ces tribulations adolescentes épiques où la violence côtoie la grandeur d'âme, où la noirceur fraye avec la virginité (sentimentale comme sexuelle). On apprécie réellement quand l'écrivain malmène fortement ses jeunes pousses, quand il les confronte à des situations extrêmes, les fragilise et les humilie, favorisant envers ces derniers une empathie naissante, et ainsi facilite la digestion des temps morts de ce roman.

Sanctuaire se lit aisément grâce à une écriture accessible qui ne manque pas de charme et de talent. On baigne dans une atmosphère épique traversée d'instants de « vie » ordinaire. Les atermoiements et les questionnements les plus basiques d'adolescents à l'aurore de leur existence s'entremêlent avec les batailles dantesques, les entités maléfiques et surnaturelles, une lutte cosmogonique. Sanctuaire conserve une belle emprise sur le lecteur malgré quelques chapitres moyennement stimulants. On voyage dans une « fantasy » de belle facture et qui devrait donner satisfaction aux amateurs de ce style parfois sclérosé.


"Mais ce qu'il restait de leur crâne et de leur torse écrasés ne laissait aucun doute. Cette fois, le cri qui monta de la gorge de Rowena fut semblable à une longue plainte rauque, presque animale... Les lourds blocs de pierre du plafond s'étaient abattus sur eux, broyant leur os. Une quantité de sang absurde se mélangeaient aux gravats."

70

Sanctuaire est le premier tome de la trilogie du Roi sauvage. On navigue dans une fantasy sans bouleversement fondamental, la trame principale restant plutôt conventionnelle. L'auteur n'hésite pas à chahuter le lecteur en alternant les passages brutaux et d'autres proches du roman à l'eau de rose. On apprécie ou non ces écarts abyssaux, qui certainement ne conviennent pas forcément à tous les publics. Cette difformité stylistique occasionne quelques longueurs mais dans l'ensemble, on suit avec intérêt les péripéties de tous les protagonistes. Une fantasy sagement sauvage !

Critique de publiée le 15 septembre 2012.

Que faut-il en retenir ?

  • Univers bien présent.
  • Écriture maitrisée.
  • Des passages très réussis.
  • De bonnes idées.
  • Un suspense entretenu.

Que faut-il oublier ?

  • Quelques chapitres ennuyants.
  • Quelques ficelles scénaristiques très prévisibles.

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