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Critique du Livre : Persistances gothiques dans la littérature et les arts de l'image
Persistances gothiques dans la littérature et les arts de l'image >

Critique du Livre : Persistances gothiques dans la littérature et les arts de l'image

Avis critique rédigé par Vincent L. le vendredi 23 mars 2012 à 1344

Un ouvrage de référence...

« C'est la différence qu'il y a entre la création d'effets du Wunderlich et du Wunderbach, en anglais le Marvellous et le Miraculous, et en français ce que traduit respectivement l'excellent Phillipe Forget par "Singulier" et "Merveilleux : "Le dictionnaire des synonymes d'Eberhardt t'apprendra qu'on appelle "Singulière" (Wunderlich) toute les manifestations de la connaissance et du désir qui ne peuvent se justifier en raison, mais qu'on dit "merveilleux" (Wunderbach) ce que l'on tient pour impossible, pour incompréhensible, ce qui semble dépasser les forces connues de la Nature, ou, ajouterai-je, ce qui va à l'encontre de leur marche courante." »

Ces dernières années, le “gothique” est revenu à la mode dans sa forme la plus commune et la plus répandue (le mythe du vampire avec Twilight ou les adaptations cinématographiques et télévisuelles de Sherlock Holmes pour ne citer que les plus bankables). Ce mouvement particulier, qui possède son esthétique et ses codes méritait donc un ouvrage consacré afin que l'on puisse en comprendre la richesse et la complexité. L'initiative de Bragelonne d'éditer des actes de colloque dans lesquel des universitaires éclairent cette notion apparait donc comme bienvenue, permettant ainsi à un public néophyte de découvrir le véritable sens du gothique.

Persistances gothiques dans la littérature et les arts de l’image est un ouvrage qui rassemble vingt-six articles universitaires consacrés à la notion du gothique. Tous les textes ont été rédigés à l'occasion d'un colloque à Cerisy-la-Salle, dans la Manche, en juillet 2008. Ce dernier portait sur l’évolution du concept de "gothique" depuis ses origines (fin XVIIIème – début XIXème) jusqu'à aujourd’hui, la thèse de départ consistant à montrer que l’indicible cauchemar qui caractérise cette notion persiste et continue de s’exprimer à travers d’autres modes de représentation que la littérature, à l'instar du cinéma, de la bande dessinée, de la photographie et de la peinture.

L'ouvrage se découpe en trois grands chapitres. Les deux premiers permettent de reposer la définition du concept de gothique à travers son histoire, des sources du mouvement à ce qui est défini aujourd’hui comme le néogothique. Le dernier chapitre, consacré aux arts de l’image, permet quant à lui de montrer les persistances de ce concept dans l’art contemporain. Ainsi, loin des images classiques souvent associées à cette notion, les auteurs nous font découvrir que le gothisme peu apparaître au sein d’œuvres cinématographiques parfois inattendues (Massacre à la Tronçonneuse 2, Hostel, Mulholland Drive, Eyes Wide Shut, etc.).

Les références pointues et les arguments fouillés de chaque article font véritablement de l’ouvrage un document de référence permettant d'approfondir la notion de gothique, de saisir toute la richesse du concept, d'aborder ses ramifications dans les différents arts, et de pointer son évolution et sa contemporanéité. Persistances gothiques dans la littérature et les arts de l'image soulève même quelques questions d'ordre philosophique qui permettent au lecteur de s'interroger sur des thématiques liées au sujet. La richesse et l'ecclectisme de cette petite trentaine d'article rend l'ouvrage en tout point passionnant, indispensable même, dès lors que l'on se consacre à l'étude de cette notion.

Ces actes de colloque s'avèrent en effet être très complets, et s’adressent visiblement à des dilettantes ou a des personnes souhaitant acquérir des connaissances très fouillées sur la notion. En effet, Persistances gothiques dans la littérature et les arts de l’image n’est pas une vulgarisation tout public - il n'est absolument pas didactique dans ses propos ! - mais bel et bien un ouvrage d’universitaires spécialistes, écrit dans un langage soutenu, et faisant référence à des auteurs parfois méconnus du grand public. S'il est suffisamment complet pour servir de base à une étude poussée de la notion du gothisme, il n'est cependant pas aisément abordable par celles et ceux qui sont peu (ou pas) habitués à ce style d'écrit.

On pourra cependant reprocher à cet ouvrage une certaine pauvreté en illustrations, notamment pour étayer la troisième partie dédiée à l'art des images. Si le chapitre consacré à la bande-dessinée offre quelques exemples de planches (notamment tirées de Frankenstein, de Mary Shelley et Dracula : Le mythe raconté par Bram Stocker), l'ouvrage souffre malgré tout soit d'une quasi-absence de reproduction d'oeuvres des artistes étudiés (Richard MirashLouis de Borcquy, etc.), soit de reproductions de mauvaise qualité (en noir et blanc sur du papier livre, la lisibilité n'est pas optimum).

Au delà d'un simple aspect esthétique, le détail a toute son importance. En effet, une utilisation plus fréquente d'images extraites aurait permis au lecteur de restituer l'argumentation dans son contexte. Ainsi, s'il est aisé de se souvenir des oeuvres cinématographiques citées (souvent très connues), il est moins fréquent de connaître tous les artistes contemporains abordés, notamment lorsque l'on ne possède pas une culture poussée des arts plastiques. De plus, la littérature classique gothique engendrant des images mentales différentes et personnelles à chacun, il aurait été judicieux de fournir des exemples visuels pour permettre aux lecteurs de mieux appréhender l'argumentation des auteurs.

La conclusion de

Persistances gothiques dans la littérature et les arts de l’image – Colloque de Cerisy 2008 est un ouvrage très détaillé et très complet qui fournit un panorama très pointu d'une notion extrèmement riche. Au travers de vingt-six articles aussi divers que passionnants, il offre au lecteur un traitement solide ainsi que de multiples références, s'avérant être totalement incontournable pour celles et ceux qui se passionnent pour la notion de "Gothique". S'il bénéficie de la chance d'être édité par un éditeur de l'envergure de Bragelonne (ce qui lui permet de sortir des rayonnages destinés aux universitaires et aux chercheurs, et ainsi de toucher un plus large public) il ne fait cependant preuve d'aucun didactisme, s'appuyant sur des références préalables nécessitant un certain bagage de connaissances, ou appelant à de nombreuses recherches en parallèle de la lecture dès lors que l'on en est dépourvu.

Que faut-il en retenir ?

  • Un ouvrage riche et complet,
  • Un excellent traitement de la thématique,
  • Des articles qui touchent à tous les arts de l'image,
  • Des références pointues et détaillées,
  • Une publication par un éditeur plus grand public.

Que faut-il oublier ?

  • Un ouvrage pas du tout didactique,
  • Peu d'images illustrant les propos.

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