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Critique du Film : Conan
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Critique du Film : Conan

Avis critique rédigé par Vincent L. le vendredi 16 décembre 2011 à 1334

Sang, sexe, violence... Conan !

Faire un nouveau film sur Conan, ce n'est pas simplement se heurter à la difficulter d'adapter au cinéma les nouvelles de Robert Howard ; non, faire un nouveau film sur Conan, c'est avant tout prendre le risque d'être comparé au Conan le barbare de John Milius, oeuvre ayant traversé le temps pour se bonifier au fil des années, et revêtue d'une aura culte pour quelques générations de fans. Face à un tel public difficile, une nouvelle incarnation du barbare cymérien avait-elle une quelconque chance de faire l'unanimité ? Clairement, cela aurait de toute façon été très difficile. Il faut bien avouer que l'adaptation de John Milius, toute éloignée soit-elle de l'esprit des écrits d'origine, possédait d'énormes qualités parvenant à faire passer son aspect kitchouille (voire le transformer en qualité), à commencer par une réalisation de qualité, une musique exceptionnelle indissociable de l'ambiance du film, ainsi qu'un comédien principal ayant réussit à imposer sa silhouette dans l'imaginaire collectif lié à Conan.

Entre les mains de Nu Image, spécialistes es nanars devant l'éternel, les choses semblaient de prime abord particulièrement mal engagées. Toute la pré-production de ce nouveau Conan s'est d'ailleurs avéré particulièrement chaotique, entre la valse des réalisateurs (sont arrivés puis repartis Neil Marshall, Rob Zombie, John McTiernan, Christophe Gans, Robert Rodriguez, Juan Carlos Fresnadillo, James McTeigue ou encore Neveldine et Taylor, est finalement resté Marcus Nispel), le choix difficile du scénario (deux scripts ont longtemps été envisagés : l'un sombre, violent et sans humour écrit par l'équipe d'Outlander, l'autre - retenu - avec des sorcières, des femmes nues, de la débauche et des créatures), et l'annonce accueillie tièdement du successeur de Schwarzy (Jason Momoa, en provenance directe du monde des séries télévisées). On sentait bien que l'équipe de Boaz Davidson souhaitait prendre le moins de risque possible ; mais c'est oublier qu'à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire...

Cette maxime peut ainsi parfaitement résumer ce qu'est ce Conan version 2011, à savoir un produit convenable pour les fans, mais un long-métrage tout simplement indigeste pour les autres ; il faut bien dire que ce Conan est un spectacle franchement basique, au point qu'à côté de lui, Transformers pourrait presque passer pour une oeuvre intello. Des nouvelles d'origine, Thomas Dean Donnelly, Joshua Oppenheimer et Sean Hood n'ont repris que ce qu'il y a de plus primaire (à savoir la violence, l'érotisme et l'exotisme), écartant ce faisant tout élément qui pourrait développer et approfondir l'univers mis en place. Il en résulte un long-métrage primitif, à la fois très très con et bourré de testostérone, finalement apte à plaire à trois catégories de personnes : les fans du personnage, les amateurs de spectacles violents et décérébrés, et les esthètes appréciant la beauté des corps dénudés (hommes et femmes). Si vous êtes les trois à la fois, Conan est surement pour vous le film de 2011 !

En revanche, si ce genre de programme vous laisse de marbre, nul doute que vous risquez de passer un moment assez désagréable devant ce film. En effet, au delà d'un simple plaisir régressif, Conan n'apporte vraiment pas grand chose au genre, et ne sort jamais de l'ombre de son aîné, nettement plus ambitieux quant à l'envergure à donner à ce personnage et à l'univers dans lequel il évolue. Ainsi, si la mise en scène de Marcus Nispel est dotée une indéniable efficacité formelle (on sent que le metteur en scène est très à l'aise lorsqu'il s'agit de réaliser des scènes d'action, bien plus que ne pouvait l'être John Milius), elle ne propose malheureusement rien d'autre qu'un simple film d'action, ne parvient jamais insuffler à son film le moindre souffle épique, et n'exploite qu'a minima les décors (plutôt réussit d'ailleurs) pour donner une consistance à l'univers. On reste donc dans le carcan de la série B sans ambition, ce qui, finalement, aurait pu être acceptable si le scénario avait été un minimum correct.

Mais si ce scénario reprend bon nombre des ingrédients pulps qui caractérisent les nouvelles, ainsi que cet esprit assez plaisant d'aventure mêlé d'exotisme, il s'avère tout de même difficile de s'intéresser un tant soit peu à l'histoire racontée, primaire (le méchant veut trouver un artefact surpuissant pour devenir le maître du monde, et Conan veut se venger du dit méchant qui a tué son père), et qui s'étale sur plus de deux heures (occasionnant donc de régulières chutes de rythmes). Doté d'un prologue grotesque (l'accouchement de la mère de Conan sur le champ de bataille est à mourir de rire) et d'un final ridicule (le méchant qui ne pense pas à ce servir de son puissant artefact), entrecoupé de saynètes plus ou moins utiles (pour caser des scènes d'actions ou des "plans seins" gratuits) et d'une galerie de personnages pas travaillés (c'est à peine s'ils ont un nom), Conan ne semble donc vraiment destiné qu'à un public de fans finalement peu regardant.

Au final, c'est la prestation de Jason Momoa qui parvient à faire passer la pillule. A l'opposé de l'interprétation binaire d'Arnold Schwarzenegger, il campe ici un Conan plus crédible, et bien plus fidèle à ce que le personnage peut être dans les romans d'Howard. Loin de n'être qu'une montagne de muscle qui peine à se mouvoir, le nouveau Conan est plus souple, plus agile, plus rapide, tout en faisant preuve d'une certaine bestialité (Conan n'embrasse pas, il viole la bouche !) et, parfois, d'un humour bienvenu. Dommage qu'en guise d'adversaire, Stephen Lang nous reserve (encore) une prestation dénuée de toute subtilité, tendant à aller vers le grand-guignol de pacotille. Le reste du casting s'avère quant à lui fade et plutôt effacé, qu'il s'agisse de Rose McGowan (malgré un maquillage réussi), de Rachel Nichols (la potiche de service), de Saïd Taghmaoui (encoire coincé dans le rôle d'un sidekick comique) ou de Ron Perlman (venu nous resservir une prestation de vieux sage devenue trop habituelle).

La conclusion de

Si l'on prend Conan pour ce qu'il est - à savoir une adaptation basique des écrits de Robert Howard - le film de Marcus Nispel se pose comme une adaptation correcte, à la fois primaire et bourrine, apte à amuser le spectateur en quête de divertissement décérébré. Pris dans cette optique, cette nouvelle transposition de Conan au cinéma s'avère donc être un spectacle pulp amusant, réunissant les ingrédients nécessaires à ce que la tambouille prenne, à savoir de l'action, de la violence, du fun, des femmes dénudées et des paysages exotiques. Malgré cela, on pourra tout de même être déçu du fait que le long-métrage ne soit jamais plus que ce simple postulat de départ, qu'il ne supporte absolument pas la comparaison avec ses ainés (Conan le barbare en premier lieu), et qu'il suppose vraiment une certaine tolérance du spectateur vis à vis de ses nombreux défauts.

Que faut-il en retenir ?

  • Basique, bourrin et très con,
  • Une mise en scène efficace,
  • Jason Momoa, convaincant,
  • Des décors exotiques,
  • Esprit fidèle aux nouvelles,
  • Du sang, des seins et des fesses.

Que faut-il oublier ?

  • Basique, bourrin et très con,
  • Ne dépasse pas son postulat de départ,
  • Aucun souffle épique,
  • Prologue et final catastrophiques,
  • Stephen Lang, ridicule,
  • Casting fade.

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