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Critique du Film d'animation : Numéro 9

Avis critique rédigé par Vincent L. le samedi 8 octobre 2011 à 18:38

Somptueux, mais dénué d'âme...

Court-métrage nommé aux Oscars en 2006, 9 eut tôt fait de braquer les projecteurs sur son metteur en scène, Shane Acker. Ce film de onze minutes, qui était l'aboutissement de son projet de fin d'étude, tapa ainsi dans l'oeil de Tim Burton qui lui proposa par la suite de transformer son essai en long-métrage. Avouons qu'il y a pire que d'avoir Tim Burton comme parrain, et ce surtout lorsque ce dernier met à votre disposition une partie de son staff (Pamela Pettler au scénario, Danny Elfman pour superviser la musique) ; cependant, vu la notoriété du réalisateur, le revers de la médaille aurait pu être une vampirisation de la paternité de l'oeuvre finale (L'étrange noël de Monsieur Jack est attribué à tort à Burton dans l'esprit d'une grande partie du public, relégant implicitement le talentueux Henry Selick dans le rôle ingrat du simple faiseur). La carrière de Shane Acker aurait pu être tuée dans l'oeuf, écrasée par le prestige colossal de son producteur.

Pourtant, il ne faut que quelques minutes pour se rendre compte que l'univers visuel et graphique de Shane Acker possède ses spécificités propres, lui conférant de fait une identité bien particulière, et ce même si des similitudes existent entre ses travaux et ceux de Tim Burton. Si l'on retrouve des ingrédients typiquement burtonnien dans Numéro 9 (notamment dans le concept même de ces héros freaks, en quête d'identité et de reconnaissance), le tout est enveloppé dans un univers visuel bien particulier, fruit d'une somme de références que le réalisateur a condensé, mixé et retranscrit avec talent, et qui n'a au final - et c'est tant mieux - plus grand chose à voir avec les créations de Tim Burton. Il apparaît même que le film se rapproche plus de la patte de Timur Bekmambetov, également producteur, par son côté ouvertement bourrin. Parce qu'au final, Numéro 9 s'avère être très orienté action dans son traitement. Un peu trop d'ailleurs...

Techniquement parlant, il n'y a pas grand chose à reprocher au travail de Shane Acker. Esthétiquement, le monde dans lequel prend place le scénario est très bien travaillé, foisonnant de détails et de tableaux picturaux visuellement remarquables. Graphiquement, au niveau de l'animation et des textures, Numéro 9 n'a rien a envier aux productions issues des grands studios ; si l'on n'atteint pas la qualité d'un Pixar, reconnaissons que celle-ci est frôlée à de nombreux moments (le long-métrage n'a pas à rougir de la comparaison avec le magnifique Wall-E, sorti quelques temps auparavant), et que le film se situe à un niveau technique nettement supérieur à celui d'oeuvres issues des studios Dreamworks. Visuellement, Numéro 9 est donc un bonheur de tous les instants, les neuf personnages bénéficiant de plus d'un design vraiment original (on n'en dira malheureusement pas autant du méchant, dont le visuel est bien plus convenu).

Mais au delà de cela, ce qui fait la force de Numéro 9, c'est que Shane Acker ne s'est pas contenté de s'appuyer sur ces performances techniques. Ce premier film bénéficie d'une mise en scène travaillée, notamment dans ce qui ressort de l'ambiance dans laquelle baigne le long-métrage, impeccablement travaillée et tirant merveilleusement parti du contexte post-apocalyptique qui sert de cadre à l'histoire. De plus, dès que les choses commencent à bouger, Acker démontre également une maîtrise indéniable, réalisant des scènes d'action claires, lisibles et impeccablement rythmées. Niveau suspens, rien à redire non plus, Acker appliquant les formules traditionnelles des thrillers avec un certain succès, et ce d'autant plus que le scénario n'hésite pas à sacrifier certains personnages au cours de son déroulé. Bref, Numéro 9 est globalement très plaisant, et s'avére être un spectacle aussi distrayant que formellement efficace.

Malheureusement, en dépit de ces très bons aspects, Numéro 9 se trouve plombé par deux aspects qui tendent à amoindrir sa qualité globale. D'une part le scénario, archi-basique, n'exploite pas suffisamment les possibilités de l'histoire pour s'avérer vraiment intéressant sur la durée. En effet, dans Numéro 9, tout est sacrifié sur l'autel de l'action. Alors certes, ces scènes sont réussies, mais leur omniprésence empêche un développement correct de l'histoire racontée, certes pas terriblement complexe, mais qui aurait mérité un traitement plus approfondi. La chose est d'autant plus dommage qu'avec une durée réelle de soixante-six minutes, le film aurait pu se permettre l'ajout de scènes supplémentaires pour développer l'histoire, l'univers, les personnages et les relations qui les unissent, et ainsi permettre à Numéro 9 d'être autre chose qu'un tableau certes magnifique, mais malheureusement terriblement creux.

D'autre part - et surtout - il manque à Numéro 9 le petit supplément d'âme qui l'aurait transcendé et en aurait fait une oeuvre vraiment remarquable. Le premier film de Shane Acker manque ainsi cruellement de poésie, ingrédient essentiel dont l'histoire - classique mais tout de même sympathique - avait besoin pour fonctionner de manière optimale. Ainsi, si le film ne parvient jamais à atteindre le même niveau qualitatif que Wall-E (avec lequel il partage énormément de points communs), c'est notamment à cause de cette absence d'émotion qui flingue le potentiel dramatique du long-métrage. Le fait que les neuf personnages mis en scènes soient fades et insipides n'aide de toute façon pas à s'attirer l'empathie du public ; basés sur des clichés (comme le voulait le postulat de base de l'histoire), il n'arrivent par la suite jamais à sortir de ces stéréotypes pour réussir à s'attirer la sympathie du public, lequel reste indifférent au sort qui peut les attendre.

65

Nommé aux oscars pour la version courte de Numéro 9, Shane Acker aurait pu se reposer sur ses lauriers et se faire écraser par le prestige de ses deux célèbres parrains, Tim Burton et Timur Bekmambetov. Mais il n'en est rien, le jeune réalisateur réussissant à imposer un produit hors-norme, doté d'une esthétique somptueuse, d'une ambiance soigneusement travaillée, ainsi que d'une mise en scène particulièrement efficace. Pourtant, en dépit de ses qualités formelles indéniables, Numéro 9 ne décole pas, et ne parvient jamais à aller au delà de son pitch de départ. On pourrait blamer le scénario, certes basique, mais il apparaît surtout que c'est le déficit en âme de ce produit, aussi beau que creux, qui l'empêche d'être doté de la poésie nécessaire pour que l'histoire puisse fonctionner. Tel quel, Numéro 9 n'en demeure pas moins être un spectacle très plaisant, mais jamais plus que ça.

Critique de publiée le 8 octobre 2011.

Que faut-il en retenir ?

  • Univers graphique somptueux,
  • Ambiance bien travaillée,
  • Réalisation efficace,
  • Histoire sympathique,
  • Techniquement irréprochable.

Que faut-il oublier ?

  • Manque sérieusement d'âme,
  • Personnages peu attachants,
  • Scénario basique.

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