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Critique du Film : Furia
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Critique du Film : Furia

Avis critique rédigé par Vincent L. le dimanche 21 août 2011 à 1123

Un premier long-métrage décevant...

Faisant actuellement partie des têtes de file du cinéma d'horreur US, Alexandre Aja a commencé sa carrière de réalisateur en France il y a maintenant plus de dix ans avec Furia. A l'époque âgé de dix-neuf ans, Aja adaptait - avec Grégory Levasseur - une nouvelle de Julio Cortazar, Graffiti, écrit se déroulant dans un monde futuriste où les libertés individuelles sont mises à mal par un gouvernement totalitaire. L'échec sévère que connut le film lors de son exploitation en salle - moins de dix mille entrées - explique probablement pourquoi, aujourd'hui, Furia est tombé dans un quasi-anonymat, et que les débuts d'Alexandre Aja comme réalisateur sont souvent assimilés au très réussi Haute Tension. Quatre films plus tard, avec une notoriété et une reconnaissance allant croissante chez le public et les critiques, il est donc intéressant de se plonger dans cette oeuvre qui marque les premiers pas d'un cinéaste particulièrement attachant.

Avec son budget extrêmement réduit - moins de deux million d'euros - il ne faut ici pas s'attendre à une débauche d'effets spéciaux ; le ton est d'ailleurs donné dès le départ, l'histoire est traité sur un ton minimaliste, intimiste même, mettant en retrait les caractéristiques inhérentes à ce monde futuriste pour s'attacher à une histoire d'amour, le tout sur fond de censure, d'abus gouvernementaux, de résistance et d'une réflexion sur la liberté de parole. Quelque part, ces contraintes matérielles ont permis à Alexandre Aja et Grégory Levasseur de construire un long-métrage respectant globalement l'esprit de la nouvelle de Cortazar, qui se voulait plus être une métaphore politique qu'un roman SF traditionnel. Pourtant, au final, Furia s'apparente à une grosse douche froide ; bardé de bonnes intentions, mais plombé par un nombre important de maladresses - tant au niveau de l'écriture que de la mise en scène - le long-métrage déçoit énormément.

Il est tout d'abord dommage que le contexte futuriste n'ai pas été exposé outre-mesure. Au délà du petit speach d'introduction, racontant qu'après des années de guerre la paix fut retrouvée et la société reconstruite par un gouvernement totalitaire interdisant les libertés individuelles, le spectateur n'en saura jamais plus sur les tenants et aboutissants de ce monde. Ainsi, si des milices fortement armées traquent sans relache tout ceux qui font preuve de velleités artistiques - et qui s'expriment notamment sur les murs de la ville - on n'a jamais d'explications plus concrètes sur le pourquoi de cette chasse au sorcières, et ce d'autant que les autres libertés ne semblent pas tant limitées que cela. Dans un contexte à la "Big Brother is watching you", l'anonymat du pouvoir est une force pour la portée du récit, mais dans Furia, cela s'apparente à une carence tant les agissements des miliciens sont difficilement explicables autrement que par un syndrôme Orangina Rouge.

D'autre part, une fois passé la déception de ce fond carencé, on s'aperçoit que l'histoire racontée est d'une banalité affligeante. Séparé en deux grandes parties, Furia va tout d'abord raconter la naissance d'une histoire d'amour entre deux graphistes résistants (se terminant, au surprise, sur la capture de l'un des deux), avant de s'attacher au relations fraternelles entre l'artiste encore en liberté et son frère fonctionnaire qui cautionne la répression gouvernementale (pourquoi ? parce que !!!!). Parti d'un point de départ joliment poétique - bien que bourré d'incohérences vu la compexité des oeuvres dessinées chaque nuit - le film ne va jamais réussir à concrétiser des thématiques au delà d'un propos relativement puéril (pour schématiser, l'oppression, c'est mal !). Bien souvent, on a l'impression d'être devant un sous-Bienvenue à Gattaca, avec lequel Furia partage quelques thématiques ; autant dire que la comparaison avec le film d'Andrew Niccol fait mal.

La mise en scène d'Alexandre Aja ne sauve pas les meubles, tombant presque à tous les coups dans les pièges de ce scénario plus que médiocre. On a du mal à reconnaître dans ce premier travail ce qui fait désormais le charme et l'efficacité du réalisateur. Ainsi, Furia est mou et dénué de véritable rythme, s'apparentant presque à un cliché du film d'auteur français : verbeux, pompeux et faussement intello. Au niveau des rapports humains, les choses ne sont pas beaucoup plus brillantes, les diverses interraction entre les personnages (amour, lien paternel ou fraternel) ont tendance à briller par leur artificialité. Il faut ainsi aller chercher les quelques scènes de torture, dans lequel on sent le réalisateur plus à l'aise, pour que le film décole quelque peu et parvienne à retenir un minimum l'attention du spectateur (d'autant que sans déferlante d'effets gores, Aja est obligé de tricher et de déployer de l'inventivité pour masquer son absence de budget).

Il ne reste donc pas grand chose à se mettre sous la dent, mais on retiendra volontier une direction artistique soignée. Dans son optique minimaliste, Furia se démarque par une excellente utilisation de décors naturels pour simuler ce monde apocalyptique. Dans le même ordre d'idées, la photographie de Gerry Fisher et la musique de Brian May offrent au film une ambiance sympathique et soignée permettant de donner corps au minimalisme de l'ensemble. Dommage, donc, que les comédiens ne livrent que des prestations fadasses qui, là encore, ne parviennent pas à contrebalancer les faiblesses de l'écriture et de la réalisation. Stanislas Merhar et Marion Cotillard font ainsi un couple principal bien fade, difficilement appuyés par les jeux caricaturaux de Wadeck Stanczak et de Pierre Vaneck, pris au piège de personnages inconsistants ; dans le lot, on ne retiendra que la prestation de Carlo Brandt, convaincant en vieux sage résistant.

La conclusion de

Premier film d'Alexandre Aja, Furia s'avère au final être une déception, ne révêlant qu'en de très rares moments des brides du talent que le réalisateur déploiera dans ses longs-métrages suivants. Plombé par un rythme neurasthénique, ainsi que par un scénario passant totalement à côté de son sujet, le film se suit avec ennui, se posant comme un véritable cliché du "film de SF français" : long, verbeux et faussement intello. Reste à se mettre sous la dent une direction artistique impeccable, ainsi que quelques scènes éparses qui parviennent à épisodiquement sortir du lot, soit globalement pas grand chose dans ce film interminable.

Que faut-il en retenir ?

  • Techniquement appliqué,
  • Point de départ intrigant,
  • Quelques petites bonnes idées de mise en scène.

Que faut-il oublier ?

  • De gros soucis de rythme,
  • Histoire convenue,
  • Personnages caricaturaux,
  • Thématiques sous-traitées,
  • Contexte futuriste mal utilisé,
  • Casting plutôt insipide.

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