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Critique du Film : Shadow
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Critique du Film : Shadow

Avis critique rédigé par Vincent L. le mercredi 10 août 2011 à 1527

Un gros déficit en originalité...

Leader du groupe rock italien Tiromancino (assez peu connu en France), Federico Zampaglione est passé pour la première fois derrière une caméra en 2007 pour mettre en scène une comédie noire, Nero bifamiliare (à ce jour toujours inédit en France). Deux ans plus tard, il revenait pour cette fois s'attaquer à un film d'horreur pur jus, à mi-chemin entre un survival et un film de torture, Shadow. Sorti en Italie en 2009, il aura fallu attendre plus de deux ans pour voir le film arriver chez nous, directement en DVD, accompagné d'échos relativement élogieux (un soutien de Dario Argento, ça ne se refuse pas, même si il maestro n'est plus franchement au sommet de son art) et de quelques récompenses glanées dans divers festivals. Etant donné la bien piètre qualité des dernières productions "horreur" transalpines, on était donc curieux de voir ce que Shadow allait pouvoir proposer, et, surtout, comment il allait pouvoir se démarquer d'une concurrence de plus en plus nombreuse.

A priori, force est de constater que Shadow ne propose rien de franchement nouveau par rapport aux autres productions similaires ; assez clairement, il ne s'agit que d'un produit opportuniste surfant sur le succès actuel des slashers et des Saw-like, sans véritable effort sur l'histoire pour proposer ne serait-ce qu'un ingrédient différent. Perdu au milieu d'un océan de produits identiques, avec son pitch ultra-classique, son budget très réduit (600 000€), ainsi que le fait qu'il n'ait aucun acteur connu à son générique, Shadow s'apparente de prime abord à un énième nanar comme on en trouve tant sur le marché du DTV. Pourtant, au final, si un certain nombre de craintes sont justifiées - et empêchent donc le film de s'élèver au dessus de son postulat de base - Shadow s'avère malgré tout bien supérieur à nombre de productions du genre, s'apparentant à un spectacle sinon correct, tout au moins regardable sans ennui.

En effet, Shadow est un long-métrage somme toute distrayant, pour peu, bien sur, que l'on soit adepte de ce genre de cinéma. Certes, Federico Zampaglione ne fait preuve d'aucune véritable fulgurance dès lors qu'il s'agit de provoquer chez son auditoire la peur ou l'angoisse (au mieux un peu de stress, surtout chez les personnes les plus sensibles), il n'en démontre cependant pas moins un sens du rythme assez efficace. Ainsi, plutôt que de diluer inutilement la mayonnaise et d'embourber son histoire dans des faux-semblants vus et revus, Zampaglione a pris le parti de ne pas s'embarasser de faux suspens ou d'artifices inutiles. Il se passe donc toujours quelque chose qui retienne l'attention du spectateur devant son écran, les évènements s'enchainant suffisamment vite pour que l'ennui n'ait pas le temps de s'installer. Cela est d'autant plus appréciable que l'histoire du film n'est pas à proprement parler passionnante.

Parce qu'il faut bien reconnaître que le scénario de Shadow est on ne peut plus médiocre. Parti d'une idée de base correcte consistant à mélanger divers styles de films, le script ne réussit jamais à mixer correctement ces genres. Ainsi, Shadow est soit un survival, soit un slasher, soit  film de torture, mais jamais tout cela à la fois. On peut d'ailleurs diviser le film en trois parties bien distinctes les unes des autres : premier tiers du film s'apparente à du Délivrance, puis arrive le passage Hostel, qui va se transformer en du Vendredi 13 lors de la dernière partie. Le tout est de plus plombé par un final qui arrive comme un cheveu sur la soupe, et qui ne fait finalement que plagier celui de L'Echelle de Jacob. C'est d'ailleurs à ce niveau que l'on va trouver le plus gros point faible du film, à savoir son absence de climax ; ainsi, avant même que cet épilogue foireux ne débarque, il manque à Shadow cette montée en puissance nécessaire à la mise en place d'une bonne dramaturgie.

On retiendra essentiellement de Shadow la deuxième partie, centrée sur la torture des personnages par un mystérieux individu (efficacement interprété par le très flippant Nuot Arquint). C'est dans ces passages que Federico Zampaglione s'avère être le plus à l'aise au niveau "horreur", déployant suffisamment d'inventivité pour palier aux contraintes budgétaires tout en étant suffisamment suggestif pour que ce passage fonctionne correctement. Que ce soit avant (avec une partie chasse à l'homme assez pauvre en sensations fortes) ou après (avec l'utilisation de techniques "hors champs" pour mettre en scène les meurtres), le réalisateur ne s'avère jamais autant inspiré que pour mettre à mal ses divers protagonistes, qui plus est en utilisant des stratagèmes ne nécessitant que peu d'effets gores. En effet, mis à part le passage du découpage de la paupière, Shadow s'avère être très sage sur les effets sanglants.

Enfin, il reste à noter que le film jouit d'une certaine qualité technique. Ainsi, même si le faible budget se devine lors de nombreux passages (notamment toutes les morts qui émaillent le long-métrage), Federico Zampaglione a eu l'intelligence de ne pas rechigner sur les fondamentaux de son film : la photographie est très correcte, les décors sont minimalistes mais bien choisis, la musique s'avère plutôt réussie, et les comédiens, sans être exceptionnels, font correctement leur job. Shadow n'a ainsi pas l'apparence d'un vulgaire téléfilm, et n'est jamais plombé par de quelconques effets spéciaux ratés (il y en a très peu, mais ils sont au moins réussi). D'un point de vue global, Shadow ne ressemble pas à un film italien, et pourrait s'avérer être de n'importe quelle nationalité européenne, ce qui est somme toute assez agréable. La faible durée du film aidant (soixante-dix minutes), Shadow s'avère donc être une série B correcte, bien que dénuée de tout semblant d'originalité.

La conclusion de

A mi chemin entre Délivrance, Hostel, et Vendredi 13, Shadow est une série B sans grande originalité qui souffre sérieusement d'une absence de véritable climax, ici remplacé par un final aussi abrupt que peu convaincant. Dommage, car en dépit de son manque flagrant d'inventivité, Shadow demeure globalement assez divertissant, sortant son épingle du jeu par rapport à d'autres productions similaires grâce au sens du rythme de son réalisateur, à son côté soigné, ainsi qu'à un méchant possédant un bon cachet visuel.

Que faut-il en retenir ?

  • Techniquement appliqué,
  • Réalisation rythmée,
  • Un deuxième tiers correct,
  • Un méchant assez réussi.

Que faut-il oublier ?

  • Manque globalement d'originalité,
  • Une absence de climax génant,
  • Assez pauvre niveau frisson,
  • Division en trois parties peu pertinente,
  • Final pas convaincant,
  • Très sage sur les effets gores.

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